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 pia et louis

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flora
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MessageSujet: pia et louis   Sam 4 Aoû - 14:42

ben en fait, je sais pas comment faire pour la mettre ou alors, ça va etre des copiés collés mais ça va etre long !!!!

allez ! j'y vais !!!

LES AMOURS CACHES


POURQUOI CERTAINES PERSONNES ONT-ELLES BESOIN DE CACHER LEUR AMOUR ?


Voilà une bonne question à laquelle il existe une multitude de réponses, bonnes ou mauvaises. Les raisons de cacher nos sentiments sont, en effet, souvent de très mauvaises raisons. Pourquoi ? Tout d’abord parce que les sentiments, surtout s’ils sont positifs, n’ont rien de honteux, au contraire ! D’autre part, si chacun se mêlait de ce qui le regarde, tout serait tellement plus simple pour tout le monde !!!…

Il y a les amours qui dérangent, les amours interdits, les amours tabous, les amours…Il y en a tellement…

Vous allez avoir le plaisir, ou le déplaisir, de lire des histoires, toutes différentes, mais qui ont un point commun : l’amour caché, trahi, dénigré.

Chapitre 1 – Pia et Louis

J’arrive devant une ancienne ferme, superbement rénovée, entourée d’un grand jardin luxuriant dans lequel on peut apercevoir une multitude de plantes et d’essences différentes, le plus souvent exotiques. Je tire la cloche : elle a un beau son clair ; on a d’ores et déjà envie de revenir dans ce petit coin de paradis.

Une vieille dame chenue mais alerte vient m’ouvrir la porte. Elle a de superbes cheveux blancs, très longs, relevés en chignon à l’ancienne, d’immenses yeux pers ; elle respire le bien-être, la paix. Elle est visiblement très accueillante et un sourire chaleureux illumine son visage fin.

- Bonjour ! Vous êtes la petite-fille de Diégo ? Comme vous ressemblez à votre arrière-grand-mère ! C’est hallucinant ! Je suis Pia. Venez ; mon mari vous attend.

Je vous présente mon époux, Louis.

- Bonjour, Princesse. Tu ressembles trop à Maria Teresa pour que je puisse te vouvoyer ! J’aurais l’impression de lui faire un affront ! Installons-nous dans le salon ; nous te raconterons notre histoire, ainsi que celle de ton arrière-grand-mère devant un thé dont tu me diras des nouvelles.

Nous nous installons devant la cheminée où flambe un joyeux feu ; Pia nous sert le thé promis, avec de délicieux petits gâteaux, les mêmes que faisait ma grand-tante, Constenza. Le salon est lumineux avec ses grandes fenêtres à petits carreaux. Les fauteuils et le canapé sont tendus d’une chaleureuse cotonnade aux tons mêlés d’ocres et de flammes.

- J’ai, aujourd’hui, 92 ans… et presque toutes mes dents, me dit Louis en riant. A l’époque où j’ai rencontré Pia, j’étais un jeunot de 22 ans !… et tu sais quoi, petite ? Elle en avait seulement 12 !…Mais, mon Dieu, qu’elle était belle ! Je n’ai jamais vu une femme plus belle qu’elle, et pourtant, Dieu sait si j’en ai vu en 70 ans.

Elle était grande, très grande, même ; elle faisait 1m70 ! Pour notre génération, c’était vraiment très grand pour une femme !

Un rire clair résonne à mes oreilles ; Pia a 82 ans mais son rire est toujours aussi cristallin. Elle reprend :

- Il n’était pas mal non plus, tu sais ; grand, beau garçon. Aujourd’hui, il a des cheveux toujours aussi abondants mais blancs comme la neige. A l’époque, ils étaient noirs, avec des reflets bleutés : aile de corbeau, comme on disait. Je l’ai rencontré en sortant du collège. J’étais perdue dans mes pensées, je marchais sur la route et une carriole arrivait à fond de train ; le cheval s’était emballé. Je n’ai rien entendu, ou en tous cas, je n’y ai pas prêté attention. Tout à coup, quelqu’un me saisi par le bras et m’entraîne vers le bas-côté. Nous sommes tombés tous les deux par terre, lui par dessus moi. J’ai eu la peur de ma vie. Mais ma première réaction a été de le traiter de tous les noms d’oiseaux qui me sont venus à l’esprit !…

- Il faut dire qu’elle a toujours eu du tempérament et de la répartie !… Elle avait un caractère qui allait parfaitement bien avec le roux de ses cheveux ! Ils étaient lumineux et éclatants de couleur. Quand je suis tombé sur elle, je te prie de croire qu’il ne m’est pas venu à l’esprit une seule seconde qu’elle pouvait n’avoir que 12 ans ! Elle était déjà sacrément bien tournée…

- j’ai quand même fini par réaliser ce qui venait de se passer et…

- elle a rougi, comme l’écolière qu’elle était ; elle s’est excusée de m’avoir traité de tous les noms et je l’ai aidée…

- à me relever. J’avais les deux genoux couronnés et mal au dos mais au moins…

- elle était entière !… Je me souviens de tout cela comme si c’était arrivé hier. Le temps passe tellement vite ! Il soupire et regarde Pia avec des yeux pleins de tendresse.

Ils se tiennent la main, visiblement amoureux comme au premier jour. Leurs yeux parlent pour eux et ils en disent tellement long !… Louis reprend :

- J’ai décidé de la raccompagner chez elle car elle était visiblement choquée par ce qui venait d’arriver.

- Quand nous sommes arrivés à la maison, nous avons raconté à mon père ce qui venait de se passer, dit-elle.

- Il m’a vivement remercié pour mon geste chevaleresque (hi hi hi) et a commencé a me poser toutes sortes de questions, parfois très indiscrètes. Je ne m’en suis pas formalisé car je pensais toujours que Pia était en âge de convoler en justes noces et il me semblait donc légitime que son père veuille en savoir un peu plus sur mon compte.

- C’est à ce moment que ma mère est arrivée et qu’elle m’a envoyée faire mes devoirs…

- Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai eu un doute et que j’ai demandé l’âge de cette charmante jeune fille. Celle qui devait plus tard devenir ma belle-mère m’a alors annoncé en toute simplicité que la femme qui faisait battre si fort mon cœur de jeune homme n’avait que 12 ans !!!... Mon air ahuri a dû être très éloquent car ma belle-mère m’a sourit en me disant que la jeunesse était une maladie dont nous guérissions tous ! Mon futur beau-père nous a regardés avec des yeux ronds, pleins d’incompréhension.

J’ai demandé l’autorisation de revenir prendre des nouvelles de Pia dans les jours qui suivraient. Lino Perini, le père de Pia, me l’accorda très gentiment.

- Dans les jours qui suivirent, Louis vint me voir régulièrement, une fois par semaine, le dimanche après-midi. Mes parents étaient évidemment toujours présents ou, à défaut, l’un de mes frères aînés. Malgré cela, les voisins eurent tôt fait de commencer à faire des réflexions désagréables au sujet de Louis et de moi-même…Et oui, jeune fille, les choses n’ont guère changé depuis cette époque, tout au moins en ce qui concerne certaines convenances ou soi-disant telles !!... En fait, ce n’est rien d’autre qu’une façon de s’ingérer dans la vie des autres : il n’y avait probablement pas grand-chose d’intéressant qui se passait chez eux… Il n’y avait encore ni cinéma, tel qu’on le conçoit aujourd’hui, ni télévision !

- Au fil des semaines, puis des mois, nous avons appris à nous connaître et, petit à petit, un sentiment très tendre a commencé à nous unir. Pia était une jeune personne très mure pour son age et elle faisait preuve d’un caractère volcanique qui, proverbialement, correspondait à la couleur de ses cheveux ! Nous avions déjà à ce moment tellement de choses en commun que nous avions parfois l’impression de nous regarder mutuellement dans un miroir.

- De plus en plus souvent, l’un commençait une phrase que l’autre terminait. Nous nous comprenions merveilleusement bien, nous étions à la fois identiques et complémentaires. Tout aurait été si extraordinaire si les gens de l’extérieur ne s’étaient pas mêlés de notre vie… dit Pia les yeux dans le vague, attristée encore aujourd’hui malgré les années qui ont passé.

- Très rapidement, nous avons été en but aux tracasseries, aux regards agressifs puis aux réflexions désobligeantes de personnes que notre histoire ne regardait en aucun cas. Nous avions l’impression que notre vie était étalée sur la place du marché et que tout le monde nous jugeait !

- Oh non ! Ce n’était pas une impression mais une certitude !!! Pourquoi les gens ne peuvent-ils pas balayer devant leur porte avant de s’occuper des voisins ?

- Tu te souviens de la Noémie qui est tombée enceinte à 18 ans alors qu’elle n’était même pas mariée ?

- Comment pourrais-je l’oublier ? Son père était le premier à me critiquer alors que ses fils fumaient l’opium dans les estaminets et Noémie était enceinte, on ne savait même pas de qui ! Pia rit et continue : Son père a dû trouver un mari pour elle très rapidement et ça lui a coûté une belle dot ! Sans compter que tout le monde savait compter jusqu’à 9 !!!...

Louis en rit encore ; quelle belle revanche sur les personnes mal intentionnées…

- Nous nous sommes vus de plus en plus régulièrement. Les parents de Pia avaient compris depuis bien longtemps qu’un tendre sentiment nous unissait et que c’était quelque chose de très sérieux entre nous. Jamais je n’ai manqué de respect à mon tendre et volcanique amour. Même si je l’avais voulu, je n’aurais pas pu : je la respectais infiniment trop. Depuis le premier jour, il était clair dans ma tête et dans mon cœur que, un jour, elle serait mon épouse devant Dieu et les hommes et qu’elle serait la mère de mes enfants. Il ne pouvait pas en être autrement.

- je pensais exactement de la même manière. Quand j’ai eu 15 ans, nous nous sommes fiancés, toujours avec l’accord de mes parents, bien sûr. Nous avons demandé une dispense et nous sommes mariés dès que nous avons eu l’autorisation officielle. Inutile de te dire que tout le monde pensait que j’avais un polichinelle dans le tiroir, comme on dit.

- Tu veux rire, petite ? En fait, nous avons eu notre premier enfant dix ans après !!!... Il y en a quelques uns qui se sont retrouvés bouche cousue !

- Et je peux t’assurer que nous avons pleinement profité de notre vie de couple sans enfants… Nous avons voyagé un peu partout dans le monde car Louis était ingénieur et il a travaillé sur des chantiers à des endroits dont même le nom était imprononçable ! Mais, bien que nous ayons souvent vécu dans un contexte de camping, nous avons toujours été profondément heureux et je te garantie que jamais nous n’avons regretté notre décision, ni quoi que ce soit d’autre dans notre vie.

- Tu sais combien nous avons eu d’enfants, ensuite ? 13 ! C’est pour ça que nous considérons depuis des années que 13 est un chiffre merveilleux et qu’il nous porte bonheur ! Pia a accouché trois fois de jumeaux et une fois de triplés ! Il y avait des moments où elle ne pouvait plus faire face alors, lorsque nous étions au Guatemala, j’en engagé une nourrice indienne qui est devenue rapidement une amie et une confidente pour l’un comme pour l’autre.

- Maria Teresa était une superbe femme de 23 ans : de longs cheveux noirs, des yeux marron pleins de bonté et de douceur, malgré un caractère bien trempé ; elle était seule avec ses deux enfants car son époux était décédé au cours d’un éboulement sur un chantier. Nous avons élevé nos enfants ensemble, et Diego et Constanza ont été, je crois, très heureux au sein de notre tribu. La seule chose qui m’a toujours fait mal au cœur, c’est que Maria Teresa n’a jamais refait sa vie. Elle n’imaginait même pas de retrouver un amour tel que son Miguel. Je la comprends car je ne sais vraiment pas ce que je ferais si mon cher Louis disparaissait avant moi !

- Nous nous sommes promis de partir ensemble ; de toutes façons, nous ne pourrions pas vivre l’un sans l’autre. C’est une certitude. En 70 ans, nous ne nous sommes jamais séparés, nous avons toujours tout fait ensemble et nous en sommes ravis. Le seul problème, c’est que j’ai 92 ans aujourd’hui et, parfois, j’ai peur de ne pas tenir ma promesse et de partir avant ma Pia…

Gros soupir et regard langoureux, attristé, angoissé peut-être ?

Un vacarme épouvantable rompt cet instant de paix plein de tendresse et de compréhension. Voilà trois petits diables qui déboulent dans le salon aux tapisseries d’un vert tendre et reposant.

- Voilà mes amours ! Tout au moins une partie ! Je te présente Sean, Morgane et Kynan. Ce sont les enfants de Ludmilla et Boris, nos arrière-petits-enfants, dit Pia, je ne suis pas la seule à m’être mariée tôt dans la famille et ma fille et ma petite-fille ont été mères respectivement à 17 et 18 ans ! Ce qui m’a donné le plaisir immense de voir mes arrières arrières petits enfants !!!...

- C’est un bonheur de chaque instant, dit Louis toute tristesse envolée.
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flora
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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 14:44

allez ! pour vous faire patienter : un texte de cheval fou (crazy horse)

J’ai connu autrefois un monde merveilleux…
La nature indomptable, que l’on refusait de dompter
Les nuages enchanteurs, que l’on voyait défiler aux cieux
Et le temps incertain, que l’on acceptait sans maugréer
J’ai connu autrefois un lieu merveilleux
Où l’harmonie régnait dans un désordre orchestré par les Dieux,
Des Dieux de toutes sortes que l’on savait loyaux
Et qui ne nous asservissaient pas d’impossibles idéaux

J’ai connu autrefois un lieu merveilleux…
Les montagnes étaient hautes, si hautes… mais jamais infranchissables
Les rivières charriaient dans leur lit notre réserve d’eau potable
Et soulageaient nos pieds fatigués sur les sentiers rocailleux
Elles étaient parfois profondes ces rivières qui jaillissaient
En torrents sauvages et limpides, dans lesquels on se désaltérait
Elles étaient profondes, si profondes… mais jamais on ne s’y noyait
Elles exprimaient leurs murmures fougueux, à nos oreilles qui les écoutaient

J’ai connu autrefois un lieu merveilleux
Les oiseaux gazouillaient fièrement parmi les feuilles qui bruissaient
Agitées par mille vents célestes qui nous rafraîchissaient
Comme autant de soupirs divins qui nous rendaient heureux
J’ai connu autrefois un lieu merveilleux
Où le soleil réchauffait nos esprits et nos cœurs
Nous rendant le sens de l’immensité de la richesse intérieure
Nous éclairant sur les chemins parfois longs de nos jours heureux

J’ai connu autrefois un monde merveilleux
Qui ne demandait rien, sauf notre respect, pour éviter son courroux,
Qui ne demandait rien, à nous, qui donnions tout
J’ai connu, autrefois… un monde… merveilleux…
Un monde que vous n’avez pas compris…
Un monde à jamais anéanti, détruit…
Insensibles aux cris de douleur qui montaient de votre mère la Terre
Quand, sans regret, elle fut massacrée, toute entière…

Et nous avec, et nous aussi… et moi aussi…
Un homme, c’est si petit…
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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 14:44

Sitting Bull, chef sioux Hunkpapa. 1875
'Voyez, mes frères, le printemps est venu; la Terre a reçu l'étreinte de Soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour.

Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie. C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons aussi notre existence; c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu'à nous d'habiter cette terre.Plus bas!

Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race -petite et faible quand nos pères l'ont rencontré pour la première fois, mais aujourd'hui grande et arrogante. Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol et l'amour de posséder est chez eux une maladie.

Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la Terre, pour leur propre usage et se barricadent contre leurs voisins; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.'

Publié dans Amérindien .
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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 14:48

Chapitre 2 – Maria Teresa et Miguel

- Je t’avais promis de te raconter aussi l’histoire de tes arrières-grands-parents, Maria Teresa et Miguel ; je te préviens : elle n’est pas gaie !

Miguel était ingénieur ; comme tu le sais, il était Mexicain. Maria Teresa était Indienne et Guatémaltèque. Autant dire qu’ils étaient plutôt mal partis dès leur première rencontre… Ton arrière-grand-mère, qui avait 15 ans à l’époque, est venue travailler comme cuisinière dans un camp de mine. C’est là qu’elle a rencontré Ton arrière-grand-père.

Il y avait toutes sortes de drôles de loustics dans ce genre d’endroit, mais Maria Teresa n’avait pas le choix car sa sœur cadette était malade et le médecin local ne pouvait rien faire avec ce qu’il avait dans sa pharmacopée. Le père travaillait aux champs et la mère était plus qu’occupée avec le travail à la maison, les enfants et l’aide qu’elle apportait à son mari. Alors, Maria Teresa a trouvé ce travail qui lui permettait de gagner un peu d’argent afin de pouvoir faire soigner sa sœur dans la capitale où l’on avait quand même nettement plus de moyens.

La société pour laquelle Miguel travaillait avait obtenu un contrat avec le gouvernement pour la construction d’une route et il était donc arrivé dans un coin de forêt, perdu au milieu de nulle part.

Dès son arrivée, il avait remarqué cette très belle jeune femme aux doux yeux veloutés. Mais il était un peu timide et très occupé. Du coup, il n’avait pas pris le temps ni osé faire sa connaissance. Quant à elle, n’ayant jamais été à l’école, elle ne savait ni lire ni écrire et, de plus, elle n’avait pas conscience de sa beauté et de son charisme ; ce qui fait qu’elle n’aurait même pas eu l’idée de lui adresser la parole pour autre chose que lui demander s’il voulait un café ou s’il avait encore faim !…

Un jour, un homme petit, râblé, une espèce de lourdaud mal embouché s’est approché de Maria Teresa avec un regard lubrique très éloquent. Elle le vit venir d’un air sournois :

- Alors petite, tout va bien pour toi ? Tu ne te sens pas trop seule ? Si c’est le cas, je veux bien t’aider à oublier ce qui te tracasse, dit-il en lui faisant un sourire qui n’avait rien d’avenant.

- Non, non, merci. Tout va bien et je n’ai pas le temps de discuter : ça va être l’heure du déjeuner et tout le monde va arriver.

- Mais je vois bien que tu es toute tristounette. Allez vient faire me faire un câlin, tu te sentiras mieux après et ça ne te prendra pas trop de temps, ne t’inquiètes pas…dit-il avec un sourire lubrique en montrant toutes ses dents gâtées et s’approchant encore plus afin de toucher le postérieur de Maria Teresa.

- Pour qui te prends-tu espèce de chien galeux ! De quel droit tu te permets de me toucher ?! Si mon père était là, tu n’oserais même pas me regarder de peur qu’il te tue !

Mais ce cher homme ne l’entendait pas de cette oreille et, pour lui, elle n’était qu’une Indienne, c’est-à-dire quelque chose d’à peine supèrieur à un animal, voire même inférieur !…

- Et toi, sale petite pute ! Tu te prends pour quoi ? Vous les Indiennes, vous êtes tout juste bonnes à mettre dans nos lits pour prendre un peu de plaisir. Et encore ! Sur ce, il lui a donc retourné une gifle magistrale. « C’est pour t’apprendre à bien te tenir ! »

Miguel était atablé en train de prendre son déjeuner en rédigeant un rapport, je crois. Il a levé la tête et vu ce qui se passait ; le bonhomme commençait à lever la main pour donner, cette fois un coup de poing à Maria Teresa. Inutile de te dire que ton arrière-grand-père a sauté sur ses pieds, comme un diable qui jaillit de sa boite, et il s’est rué sur l’homme.

Miguel était du genre pas grand mais sec et nerveux. Il faut se méfier de ce genre d’hommes, tu sais. Il a donc alpagué celui qui avait osé gifler Maria Teresa et lui dit :

- Où te crois-tu pour parler ainsi à l’une de mes employées ! Et d’abord, que fais-tu ici à cette heure au lieu d’être à ton poste et de faire ton travail ? Tu dois le respect à tous tes collègues, quel que soit leur sexe ou leur poste ! Si cette femme n’était pas là, c’est toi peut-être qui cuisinerais ?

L’autre, qui n’était qu’un simple ouvrier, massif et un peu simplet de surcroit, n’a pas osé répondre à ton arrière-grand-père, mais il leur a jeté un regard noir à tous les deux et il était évident qu’il ne comptait pas en rester là.

Cette algarade a été l’occasion pour eux de faire connaissance et de commencer enfin à discuter ensemble.

- Merci beaucoup, Monsieur Miguel ! Je crois bien qu’il m’aurait assomée sans le moindre remors si vous n’étiez pas intervenu.

Un frisson de peur rétrospective lui passa dans le dos. Miguel lui dit :

- Rassurez-vous ! Si ce goujat vous approche à nouveau, je vous assure que je le mets à la porte immédiatement ! Asseyez-vous et prenons un café ; cela vous remettra de vos émotions.

- Merci beaucoup, Monsieur, mais j’ai encore beaucoup de travail.

- Ne vous inquiétez pas ! Adelina ? Pouvez-vous demander à la fille de Cesareo de venir vous donner un coup de main pour ce midi ? Je la paierai en dédommagement.

- Pas de problème, Monsieur Miguel. J’envoie mon fils la chercher.

- Voilà un problème de résolu… Venez vous asseoir avec moi, nous allons discuter un peu.



- Très bien, Monsieur Miguel. Je vous apporte une nouvelle tasse de café. A moins que vous préfériez une infusion faite avec des herbes d’ici ?

Miguel s’intéressait notamment beaucoup à la pharmacopée locale, composée essentiellement de remèdes naturels, à base de plantes ou d’animaux. Il fût donc ravi de cette offre.

- Avec plaisir, Mademoiselle. Mademoiselle ?…

- Maria Teresa, Monsieur Miguel. Je reviens tout de suite. Pourriez-vous me faire voir les plantes que vous utilisez ? Si ce n’est pas un secret, bien sûr.

Maria Teresa réfléchit une seconde puis répondit :

- Je ne penses pas que ma mère serait contre cette idée. Si vous voulez, je vous expliquerai à quoi sert chacune de ces herbes.

- Sauriez-vous soigner certaines maladies ou petits bobos, demanda-t-il en riant mais avec une lueur d’intérêt certaine dans les yeux.

- Ma mère et ma grand-mère m’ont appris le peu qu’elles savaient. C’est bien utile car nous n’avons évidemment ni médecin ni pharmacie à proximité du village. Les traditions ancestrales ont parfois vraiment du bon !

Et elle partit préparer l’infusion promise. Elle revint quelques minutes plus tard, portant un plateau avec une casserole fumante et un certain nombre d’herbes fraiches. Elle commença à lui nommer les différentes plantes en lui expliquant à quoi elles servaient. La tisane qu’elle avait préparée était à la fois calmante et revigorante.

- Si vous le désirez et si vous pouvez trouver un peu de temps, je pourrais vous montrer d’autres herbes, si cela vous intéresse, dit-elle timidement.

- J’en serais ravi, Maria Teresa. Quand pensez-vous aller à la « chasse aux simples » ?

- Dès que vous voudrez. J’ai besoin de reconstituer mes réserves ; il y a eu de nombreux accidents récemment, et les fièvres font des ravages en ce moment !

- Pourquoi pas demain ? Le travail devrait se dérouler correctement et nous avons presque rattrapé le retard du chantier. Cela vous convient-il ?

- Oui, bien sûr. Il n’y a pas de problème. Mais il faudrait partir avant le lever du soleil car il y a certaines plantes qui doivent être cueillies lorsqu’il fait encore nuit.

- D’accord ; nous partirons à 4 heures.

- Très bien ; nous nous retrouverons à la cantine. Je vais préparer un panier repas car nous serons partis toute la journée.

- Parfait. Je vous fait confiance, jeune fille.

Maria Teresa se sentait très heureuse et fière à l’idée de partir avec Miguel et de pouvoir lui enseigner quelque chose. Les excellentes connaissances qu’elle avait dans le domaine de la botanique lui permettaient, pour la première fois de sa vie, de se sentir « quelqu’un ».

Bientôt, on les vit partir ensemble à la chasse aux herbes et plantes diverses dès qu’ils avaient un moment de liberté.

Un dimanche, ils partirent tôt le matin, comme à l’accoutumée. Maria Teresa avait préparé un panier abondant, fort heureusement. En effet, cette sortie ne se passa pas aussi bien que les précédentes. Alors qu’ils s’étaient assis pour faire une pause, Miguel fût piqué par un serpent venimeux ; excuses- moi, mais je ne me souviens plus de ce que c’était.

Maria Teresa l’a soigné sur place. Elle lui a confectionné un abri et une couche, elle a préparé les emplâtres nécessaires et les infusions et elle est restée près de lui jusqu’à ce qu’il arrête de délirer. Cependant, il n’était pas encore en état de marcher. Elle est donc revenue seule au camp ou elle a pris tout le nécessaire puis elle est retournée auprès de Miguel.

Ce qui devait arriver, arriva et je ne pense pas avoir besoin de te faire un dessin !…

Ils s’aimaient d’un amour très profond malgré leurs différences, ou peut-être à cause d’elles. Miguel décida de présenter Maria Teresa à sa famille et d’organiser des fiançailles officielles. Il se doutait bien que les choses ne seraient pas faciles, car il était issu d’un milieu aisé et très conservateur. Se marier avec une Indienne était un exemple type de mésalliance et de déshoneur pour sa famille. Fort heureusement, il n’en était pas de même en ce qui concerne la famille de Maria Teresa qui admettait très bien cette union et les fruits qui allaient en découler.

Pour Noël, Miguel prit des vacances et parti à Mexico avec Maria Teresa afin de la présenter à sa famille. Lorsqu’ils arrivèrent dans la maison familiale, les parents de Miguel pensèrent que Maria Teresa était une servante attachée au service de leur fils. Il faut dire que Miguel était non seulement l’aîné des enfants mais aussi le seul garçon…Quand il expliqua qu’elle n’était pas une servante mais la femme de sa vie et qu’ils comptaient se marier dès que possible, la mère tomba en pamoison et le père s’étouffa de fureur !… C’était plutôt mal parti !

Ils purent finalement s’expliquer, si tant est que l’on puisse appeler cela ainsi ; les parents de Miguel ne voulaient rien entendre et, finalement, le père jeta Miguel dehors en le reniant et en le déshéritant !

Ils allèrent voir l’oncle et la tante de Miguel, qui vivait aussi à Mexico et, là encore, ils furent reçus comme des malpropres. Je te laisse imaginer les horreurs qui furent dites à Maria Teresa qui était accusée d’avoir ensorcelé Miguel avec des potions magiques, etc. Ils allèrent jusqu’à demander un exorcisme !

Miguel avait beau savoir que ça ne serait pas facile, il ne pensait quand même pas que les choses iraient jusque là… Comme quoi on n’est jamais à l’abri des mauvaises surprises !

Maria Teresa et Miguel rentrèrent au camp et se marièrent, contre l’avis de la famille. Cela ne les empêcha pas d’être très heureux et d’avoir deux superbes enfants : Diego, ton grand-père et Constanza.

Pia et moi avons fait connaissance avec tes arrières-grands-parents au Mexique. J’avais la responsabilité d’un chantier pour l’équivalent Mexicain des Ponts et Chaussées. Miguel était un bel homme de 31 ans et Maria Teresa en avait 21. Diego et Constanza avaient respectivement 3 et 5 ans. Ils avaient vraiment pris le meilleur des deux côtés : espiègles et bons vivants comme leur père, beaux comme leur mère et très intelligents. Ils avaient des connaissances assez surprenantes pour des enfants de leur âge.

Un jour, Sofia, notre fille aînée a eu une forte fièvre. Il n’y avait pas de médecin à moins d’un jour du camp et nous ne savions pas trop quoi faire. Pia était paniquée. Constanza vint frapper à notre porte :

- Bonjour Madame Pia ! Je suis venue voir pourquoi Sofia n’est pas venue jouer avec moi, aujourd’hui. Mais pourquoi pleurez-vous ? Vous avez un problème ?

- C’est une façon de le dire ! Ma pauvre petite chérie est très malade et nous ne pouvons pas faire venir un médecin ; nous sommes trop loin du plus proche. Peux-tu demander…

Pia n’avait pas eu le temps de terminer sa phrase que, déjà Constanza était partie en courant. Elle revint peu de temps après : elle était allée chercher des herbes pour soigner notre fille.

- Il faut faire bouillir ces deux herbes ensemble pour faire une infusion et avec cette mousse, il faut faire un cataplasme et le lui mettre sur la tête.

- Merci infiniment, ma chérie. Nous allons nous en occuper tout de suite, dis-je d’un air dubitatif.

Je pensais en effet que cette si petite fille ne pouvait pas savoir ce qu’elle faisait avec ces simples. Aussi, nous n’avons pas préparé les infusions qu’elle nous indiquait. La petite a parfaitement compris que nous n’allions pas utiliser les plantes et elle est allée chercher sa mère qui soignait tous les bobos du camp.

Lorsque Maria Teresa est arrivée, notre Sofia délirait. Elle a regardé les plantes que ta grand-tante avait collectées, elle a approuvé de la tête et a commencé à préparer une infusion, très exactement comme Constanza nous l’avait indiqué. Mon Dieu ! C’était une puanteur ! Pia a failli vomir rien qu’avec l’odeur ! Mais nous avions confiance en Maria Teresa car nous savions très bien que c’était un excellent « médecin » indigène. Nous avons donc soigné Sofia selon ses indications et, trois jours après, le fièvre était tombée et notre petit amour était en bonne voie de rétablissement.

C’est à partir de cette époque que nos deux couples sont devenus vraiment proches. Nous nous sommes arrangés pour continuer à travailler sur les mêmes chantiers afin que nos deux familles puissent rester ensemble.

Un jour, près de Mexico, nous étions en train de travailler sur un chantier comme d’habitude. La journée avait mal commencé. Tout allait de travers : les camions tombaient en panne les uns après les autres, les machines avaient décidé d’être diaboliques et les hommes étaient particulièrement enervés.

Miguel essayait de faire redémarrer un camion qui ne voulait rien savoir. Je le vis du coin de l’œil se redresser d’un coup en se tenant la main.

- Miguel ! Que t’arrive-t-il ?

- J’ai été piqué par quelque chose ; je n’ai pas vu ce que c’était. Probablement un insecte.

- Tu es sûr que tout va bien ?

- Oui, oui, pas de problème. J’essaie encore de faire démarrer ce maudit camion et nous pourrons aller prendre un café. Si nous continuons comme ça, nous n’arriverons jamais au bout de la journée.

- D’accord, je termine ce que je fais et nous y allons.

- Senor Luis ! Senor Luis ! Julio vient de trouver un nid de serpents ! Il nous faut de l’essence pour brûler ces sales bêtes ; ils sont venimeux !

- Va en demander un bidon à José et essaie de ne pas en laisser partir la moitié : ça pourrait être dangereux ;

- D’accord, Senor Luis. J’y vais.

« Bon sang de bon soir, je ne vais jamais y arriver si je suis interrompu toutes les cinq minutes ! » Je décidai donc d’aller prendre tout de suite ce café avec Miguel. Nous avions bien besoin d’une pause !

- Hé, Miguel ! Viens, on y va ! Au moins, nous arrêterons d’être pliés en deux sur ces damnés moteurs !

- J’arrive, Louis, je crois que tu as raison. De plus j’ai vraiment très mal à la tête.
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flora
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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 14:50

- J’arrive, Louis, je crois que tu as raison. De plus j’ai vraiment très mal à la tête.

Nous arrivâmes à la tente qui servait de cantine et une avenante jeune femme nous servit un café à chacun. Comme Miguel saisissait sa tasse, je remarquais que sa main était gonflée et elle avait une drôle de couleur.

- C’est ça ta piqûre ? Tu ferais mieux d’aller voir ta femme car ça n’a pas l’air très joli !

- C’est vrai mais je n’ai pas mal et il y a tellement de choses à faire aujourd’hui…

- Comme tu veux, mais surveille ta main ; on ne sait jamais et je pense quand même que tu ferais mieux d’aller voir ta femme...

- Oui, j’irai tout à l’heure.

Nous sommes ensuite retournés travailler sous un soleil de plomb. Les heures étaient particulièrement longues, ce jour-là.

J’avais oublié Miguel et sa main lorsque j’entendis un groupe d’hommes crier, visiblement paniqués. J’allais voir ce qu’il se passait.

- José, qu’est-ce qui arrive ? Pourquoi tout ce tintouin ?

- C’est le senor Miguel ! Il est tombé évanoui ! c’est peut-être le soleil !

- J’ai bien peur que non ! Allez vite chercher Maria Teresa !

- Bien, patron !

J’allais voir Miguel et mes pires appréhensions se trouvèrent malheureusement confirmées. Sa main était bleue, elle avait triplé de volume ; on avait l’impression que la peau allait éclater ! Son bras avait considérablement gonflé aussi.

Maria Teresa arriva en courant à toutes jambes. Elle se jeta par terre, à côté de son époux et, dès qu’elle vit l’état de sa main et de son bras, un sourd gémissement sortit de sa gorge. Elle commença à se lamenter dans sa langue, elle était en pleurs et se griffait le visage.

- Maria Teresa ! Dis-moi ce qu’il se passe ! Que peut-on faire ? Il faut le soigner et vite. J’ai vraiment peur. Jamais je n’ai vu quelqu’un dans cet état.

Miguel avait perdu connaissance et il respirait à petits coups rapides, avec visiblement beaucoup de mal.

- C’est trop tard ! Personne ne peut plus rien faire pour lui ! Pourquoi n’est-on pas venu me chercher tout de suite ?

Elle était blanche comme un linge, elle tremblait de peur ou de colère ? Je ne le sais toujours pas. Soudain, elle poussa un hurlement qui résonne encore à mes oreilles.

Le corps de Miguel s’était brusquement arqué à un point que je n’aurais pas cru possible. Il était tétanisé. Il ouvrit les yeux. Son regard était fixe et transparent comme s’il était déjà parti dans un autre monde. L’espace d’un instant il reprit conscience et reconnut son épouse bien-aimée. Il murmura son nom « Maria Teresa… les enfants… » ses yeux se révulsèrent et son corps se détendit subitement.

Maria Teresa était comme folle. Elle hurlait sans pouvoir s’arrêter. J’essayais de la séparer du corps de Miguel mais elle s’accrochait à lui de toutes ses forces. Pia est enfin arrivée alors que je ne savais vraiment plus quoi faire.

Pia, les larmes aux yeux, reprend la parole :

- J’ai commencé par lui caresser les cheveux, lui parler doucement, prononcer les noms de ses enfants car je savais que c’était la seule chose qui la rattachait à la vie à cet instant. Je ne savais pas quoi faire ! C’était horrible de voir Maria Teresa dans cet état. J’ai cru qu’elle allait réellement sombrer dans la folie car la douleur était trop insupportable.

Constanza est arrivée, en larmes, les enfants lui avaient déjà annoncé la mauvaise nouvelle. Elle a attrapé sa mère dans ses petits bras et leurs larmes se sont mêlées. Constanza n’arrêtait pas d’appeler « mama, mama s’il te plait ! Je t’aime, j’ai besoin de toi et Diego aussi ».

Pia versait des larmes silencieuses et les yeux de Louis étaient étrangement brillants. Ce sont de si mauvais souvenirs !…

Ils me regardent tous les deux, échangent un rapide coup d’œil et, tout à coup, un sourire éclaire à nouveau leurs visages :

- Tu ressembles tellement à ta grand-tante et à ton arrière-grand-mère ! dit Louis. Nous avons l’impression que le temps est effacé, ainsi que les douleurs qui ont accompagné nos vies !

- Grâce à Dieu, la vie continue, malgré les épreuves que nous visons tous ! dit Pia.

Nous discutons encore un moment ; je leur parle de mes enfants qui ont tellement envie de connaître la vie de leurs aïeuls. Ils sont adorables : ma fille Megan est blonde comme les blés : elle tient sa couleur de cheveux de son père qui est Finlandais. Mon fils, Riku est aussi brun que moi et tous les membres de ma famille mais il a les yeux de son père et il aura son physique de Viking ! Ils sont très beaux, curieux, intelligents : Mère Nature m’a gâtée…

Je suis venue voir Pia et Louis pour qu’ils me racontent l’histoire de ma famille mais il est maintenant évident que nous allons nous revoir prochainement et, cette fois, j’amènerai toute ma petite famille. Je suis bien certaine que tout le monde sera ravi de faire connaissance…
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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 14:53

PERTE DE L AMITIE D UNE PERSONNE ....



Le téléphone sonne. Je n’ai aucune envie de répondre. Je me sens tellement bien, au soleil, installée confortablement sur une couverture dans mon jardin, une bouteille de jus de fruits à portée de main, le lait solaire de l’autre coté. Je repense à ma soirée d’hier. Je suis allée danser avec mon chéri, mon amour, ralph. Nous nous connaissons maintenant depuis presque un an. Un an de paix, de joie, de bonheur.

Et aujourd’hui, je suis encore plus heureuse ! Je n’arrête pas de penser à cette vie nouvelle, cette petite chose qui pousse en moi et deviendra l’enfant que Ralph a toujours voulu. J’ai déjà une adorable fillette de sept ans : Merian. Une superbe petite fille, rousse aux yeux vert, comme son père. Mon très cher Sean est parti depuis maintenant 4 ans. La maladie l’a rattrapé. Je ne peux pas me souvenir des derniers mois précédant sa mort sans que les larmes me montent aux yeux. Il était tellement merveilleux, doux et tendre mais avec le caractère de ses ancêtres irlandais !!!

J’en ris encore !! Ses colères homériques, son rire, sa soif de vivre, son amour sans fin. Jamais je ne l’oublierai !!

Pourtant, Ryan est arrivé dans ma vie ; je devrais même dire qu’il y a déboulé comme une fusée !!

J’étais en panne au bord de la route 66, à des miles de la ville la plus proche, et à plus forte raison du garage le plus proche !!! Une camionnette déglinguée arrive et s’arrête juste derrière ma voiture fumante :

- bonjour M’dame ! un p’tit problème ?
- euh ! oui, comme vous pouvez le constater !

Tu parles ! Avec le capot levé, les portières ouvertes pour essayer d’avoir un minimum d’aération sous ce soleil de plomb !!!!

- laissez moi donc jeter un œil. Je ne suis pas mécano mais je pourrais peut être vous aider.
- Hé bien ! je vous en prie !

Je secoue la tête, faisant voler mes boucles blondes. Je suis persuadée qu’il ne s’agit que d’une façon de me draguer. J’avoue que c’est un bel homme : un superbe indien, brun évidemment, de longs cheveux soyeux d’un noir bleuté.

Il a un visage taillé à coups de serpe, il est très grand, au moins 1m90 avec une musculature assez époustouflante. Encore un qui doit faire de la gonflette en levant des poids !! Pas du tout mon genre !! J’aime les hommes doux, sensibles, romantiques. Celui-là, avec ses cales aux mains et son air de sauvage ne correspond certainement pas à mon idéal !!...

- désolé M’dame ! mais votre joint de culasse en a pris un coup ! aucun voyant ne s’est allumé ?
- non ! tout d’un coup j’ai vu de la fumée sortir du capot. Je me suis arrêtée immédiatement et je l’ai levé. J’avais très peur qu’il y ait le feu !!
- aucun risque ! par contre, vous ne pouvez pas rouler avec un véhicule dans cet état ! venez, je vous emmène chez un ami garagiste. vous lui remettrez les clés et il viendra récupérer la voiture
- c’est une location, vous savez.
- Pas de problème : vous lui laisserez les documents en votre possession et il contactera la société qui vous a loué cette voiture. Il s’arrangera avec eux.
- Et pourrai-je louer un autre véhicule ? je suis attendue.

Il part d’un grand rire !!!

- louer une voiture ? ici ? non, je ne crois pas !!!

Me voilà bien partie ! Mon amie Caroline m’attend à Los Angeles. Il faut absolument que j’arrive à la joindre !

- savez vous s’il y a un téléphone ou une cabine chez votre ami ?
- vous le lui demanderez vous-même, M’dame.

Mon Dieu ! Dans quel coin sauvage suis-je donc perdue ??!! Et cet homme ne m’inspire pas vraiment confiance. Bel homme, c’est clair mais un regard glacé et je ne peux certainement pas dire que je me sente à l’aise avec lui…

- à quelle distance se trouve le garage de votre ami ?
- oh environ 30 minutes de route.
- 30 minutes de route !!!!

Je suis atterrée ! Mon Dieu ! Cet homme pourrait me faire n’importe quoi ! Je pourrais même disparaître dans cet endroit désert sans que qui que ce soit ait la moindre idée de l’endroit où je me trouve !!! Dans quel guêpier me suis-je donc fourrée !!!

Comme je n’ai pas le choix, je prends ma valise, mon sac, et monte dans la camionnette. Il démarre et conduit en silence, ses grandes mains brunes et fines posées délicatement sur le volant ; sa façon de le tenir est presque sensuelle. Je sens le stress monter, je suis particulièrement mal à l’aise. Cet homme me fait un effet très surprenant pourtant…. Je me réfugie dans mes souvenirs : Ralph riant aux éclats, Ralph à coté de moi lors de mon accouchement, Ralph jouant avec sa fille, joli bébé aux boucles rousses avec de merveilleuses petites fossettes sur ses jours rondes et cet air espiègle lorsque son père joue à cache-cache avec elle !!!

- nous sommes arrivés, M’dame !

Je sursaute. Tout s’est bien passé finalement. Je le remercie et descends de sa camionnette. Je me retourne pour attraper mes bagages ; il pose sa main sur la mienne. Un frisson me parcourt.

- pas la peine. Ça m’étonnerait que Mike vous héberge pour la nuit. Il n’a pas assez de place dans sa caravane !!

Je suis atterrée encore une fois ! Aucune maison aux alentours ; juste une vieille caravane équipée d’une antenne parabolique.

- mais où se trouve donc la ville la plus proche ?
- à environ 50 miles
- mais ce n’est pas possible !! je dois absolument contacter mon amie et lui dire où je me trouve et quand je vais la rejoindre !!
- chaque chose en temps, jeune fille !

Jeune fille ! Pour qui se prend-il !!! J’ai 29 ans ! Je suis mère d’une adorable enfant et veuve !!! Jeune fille ! Je n’en crois pas mes oreilles et cela doit se voir sur mon visage.

Un sourire éclaire son visage sombre l’espace d’un instant et je vois une lueur dans ses yeux : tendresse ? Pitié ? Ou bien est-ce un regard de prédateur ?



(la suite est à venir - et meme si ça ne soit pas encore, c'est ton sujet nad !!!

bisous
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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 21:17

flora a écrit:
ben en fait, je sais pas comment faire pour la mettre ou alors, ça va etre des copiés collés mais ça va etre long !!!!

allez ! j'y vais !!!

LES AMOURS CACHES


POURQUOI CERTAINES PERSONNES ONT-ELLES BESOIN DE CACHER LEUR AMOUR ?


Voilà une bonne question à laquelle il existe une multitude de réponses, bonnes ou mauvaises. Les raisons de cacher nos sentiments sont, en effet, souvent de très mauvaises raisons. Pourquoi ? Tout d’abord parce que les sentiments, surtout s’ils sont positifs, n’ont rien de honteux, au contraire ! D’autre part, si chacun se mêlait de ce qui le regarde, tout serait tellement plus simple pour tout le monde !!!…

Il y a les amours qui dérangent, les amours interdits, les amours tabous, les amours…Il y en a tellement…

Vous allez avoir le plaisir, ou le déplaisir, de lire des histoires, toutes différentes, mais qui ont un point commun : l’amour caché, trahi, dénigré.

Chapitre 1 – Pia et Louis

J’arrive devant une ancienne ferme, superbement rénovée, entourée d’un grand jardin luxuriant dans lequel on peut apercevoir une multitude de plantes et d’essences différentes, le plus souvent exotiques. Je tire la cloche : elle a un beau son clair ; on a d’ores et déjà envie de revenir dans ce petit coin de paradis.

Une vieille dame chenue mais alerte vient m’ouvrir la porte. Elle a de superbes cheveux blancs, très longs, relevés en chignon à l’ancienne, d’immenses yeux pers ; elle respire le bien-être, la paix. Elle est visiblement très accueillante et un sourire chaleureux illumine son visage fin.

- Bonjour ! Vous êtes la petite-fille de Diégo ? Comme vous ressemblez à votre arrière-grand-mère ! C’est hallucinant ! Je suis Pia. Venez ; mon mari vous attend.

Je vous présente mon époux, Louis.

- Bonjour, Princesse. Tu ressembles trop à Maria Teresa pour que je puisse te vouvoyer ! J’aurais l’impression de lui faire un affront ! Installons-nous dans le salon ; nous te raconterons notre histoire, ainsi que celle de ton arrière-grand-mère devant un thé dont tu me diras des nouvelles.

Nous nous installons devant la cheminée où flambe un joyeux feu ; Pia nous sert le thé promis, avec de délicieux petits gâteaux, les mêmes que faisait ma grand-tante, Constenza. Le salon est lumineux avec ses grandes fenêtres à petits carreaux. Les fauteuils et le canapé sont tendus d’une chaleureuse cotonnade aux tons mêlés d’ocres et de flammes.

- J’ai, aujourd’hui, 92 ans… et presque toutes mes dents, me dit Louis en riant. A l’époque où j’ai rencontré Pia, j’étais un jeunot de 22 ans !… et tu sais quoi, petite ? Elle en avait seulement 12 !…Mais, mon Dieu, qu’elle était belle ! Je n’ai jamais vu une femme plus belle qu’elle, et pourtant, Dieu sait si j’en ai vu en 70 ans.

Elle était grande, très grande, même ; elle faisait 1m70 ! Pour notre génération, c’était vraiment très grand pour une femme !

Un rire clair résonne à mes oreilles ; Pia a 82 ans mais son rire est toujours aussi cristallin. Elle reprend :

- Il n’était pas mal non plus, tu sais ; grand, beau garçon. Aujourd’hui, il a des cheveux toujours aussi abondants mais blancs comme la neige. A l’époque, ils étaient noirs, avec des reflets bleutés : aile de corbeau, comme on disait. Je l’ai rencontré en sortant du collège. J’étais perdue dans mes pensées, je marchais sur la route et une carriole arrivait à fond de train ; le cheval s’était emballé. Je n’ai rien entendu, ou en tous cas, je n’y ai pas prêté attention. Tout à coup, quelqu’un me saisi par le bras et m’entraîne vers le bas-côté. Nous sommes tombés tous les deux par terre, lui par dessus moi. J’ai eu la peur de ma vie. Mais ma première réaction a été de le traiter de tous les noms d’oiseaux qui me sont venus à l’esprit !…

- Il faut dire qu’elle a toujours eu du tempérament et de la répartie !… Elle avait un caractère qui allait parfaitement bien avec le roux de ses cheveux ! Ils étaient lumineux et éclatants de couleur. Quand je suis tombé sur elle, je te prie de croire qu’il ne m’est pas venu à l’esprit une seule seconde qu’elle pouvait n’avoir que 12 ans ! Elle était déjà sacrément bien tournée…

- j’ai quand même fini par réaliser ce qui venait de se passer et…

- elle a rougi, comme l’écolière qu’elle était ; elle s’est excusée de m’avoir traité de tous les noms et je l’ai aidée…

- à me relever. J’avais les deux genoux couronnés et mal au dos mais au moins…

- elle était entière !… Je me souviens de tout cela comme si c’était arrivé hier. Le temps passe tellement vite ! Il soupire et regarde Pia avec des yeux pleins de tendresse.

Ils se tiennent la main, visiblement amoureux comme au premier jour. Leurs yeux parlent pour eux et ils en disent tellement long !… Louis reprend :

- J’ai décidé de la raccompagner chez elle car elle était visiblement choquée par ce qui venait d’arriver.

- Quand nous sommes arrivés à la maison, nous avons raconté à mon père ce qui venait de se passer, dit-elle.

- Il m’a vivement remercié pour mon geste chevaleresque (hi hi hi) et a commencé a me poser toutes sortes de questions, parfois très indiscrètes. Je ne m’en suis pas formalisé car je pensais toujours que Pia était en âge de convoler en justes noces et il me semblait donc légitime que son père veuille en savoir un peu plus sur mon compte.

- C’est à ce moment que ma mère est arrivée et qu’elle m’a envoyée faire mes devoirs…

- Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai eu un doute et que j’ai demandé l’âge de cette charmante jeune fille. Celle qui devait plus tard devenir ma belle-mère m’a alors annoncé en toute simplicité que la femme qui faisait battre si fort mon cœur de jeune homme n’avait que 12 ans !!!... Mon air ahuri a dû être très éloquent car ma belle-mère m’a sourit en me disant que la jeunesse était une maladie dont nous guérissions tous ! Mon futur beau-père nous a regardés avec des yeux ronds, pleins d’incompréhension.

J’ai demandé l’autorisation de revenir prendre des nouvelles de Pia dans les jours qui suivraient. Lino Perini, le père de Pia, me l’accorda très gentiment.

- Dans les jours qui suivirent, Louis vint me voir régulièrement, une fois par semaine, le dimanche après-midi. Mes parents étaient évidemment toujours présents ou, à défaut, l’un de mes frères aînés. Malgré cela, les voisins eurent tôt fait de commencer à faire des réflexions désagréables au sujet de Louis et de moi-même…Et oui, jeune fille, les choses n’ont guère changé depuis cette époque, tout au moins en ce qui concerne certaines convenances ou soi-disant telles !!... En fait, ce n’est rien d’autre qu’une façon de s’ingérer dans la vie des autres : il n’y avait probablement pas grand-chose d’intéressant qui se passait chez eux… Il n’y avait encore ni cinéma, tel qu’on le conçoit aujourd’hui, ni télévision !

- Au fil des semaines, puis des mois, nous avons appris à nous connaître et, petit à petit, un sentiment très tendre a commencé à nous unir. Pia était une jeune personne très mure pour son age et elle faisait preuve d’un caractère volcanique qui, proverbialement, correspondait à la couleur de ses cheveux ! Nous avions déjà à ce moment tellement de choses en commun que nous avions parfois l’impression de nous regarder mutuellement dans un miroir.

- De plus en plus souvent, l’un commençait une phrase que l’autre terminait. Nous nous comprenions merveilleusement bien, nous étions à la fois identiques et complémentaires. Tout aurait été si extraordinaire si les gens de l’extérieur ne s’étaient pas mêlés de notre vie… dit Pia les yeux dans le vague, attristée encore aujourd’hui malgré les années qui ont passé.

- Très rapidement, nous avons été en but aux tracasseries, aux regards agressifs puis aux réflexions désobligeantes de personnes que notre histoire ne regardait en aucun cas. Nous avions l’impression que notre vie était étalée sur la place du marché et que tout le monde nous jugeait !

- Oh non ! Ce n’était pas une impression mais une certitude !!! Pourquoi les gens ne peuvent-ils pas balayer devant leur porte avant de s’occuper des voisins ?

- Tu te souviens de la Noémie qui est tombée enceinte à 18 ans alors qu’elle n’était même pas mariée ?

- Comment pourrais-je l’oublier ? Son père était le premier à me critiquer alors que ses fils fumaient l’opium dans les estaminets et Noémie était enceinte, on ne savait même pas de qui ! Pia rit et continue : Son père a dû trouver un mari pour elle très rapidement et ça lui a coûté une belle dot ! Sans compter que tout le monde savait compter jusqu’à 9 !!!...

Louis en rit encore ; quelle belle revanche sur les personnes mal intentionnées…

- Nous nous sommes vus de plus en plus régulièrement. Les parents de Pia avaient compris depuis bien longtemps qu’un tendre sentiment nous unissait et que c’était quelque chose de très sérieux entre nous. Jamais je n’ai manqué de respect à mon tendre et volcanique amour. Même si je l’avais voulu, je n’aurais pas pu : je la respectais infiniment trop. Depuis le premier jour, il était clair dans ma tête et dans mon cœur que, un jour, elle serait mon épouse devant Dieu et les hommes et qu’elle serait la mère de mes enfants. Il ne pouvait pas en être autrement.

- je pensais exactement de la même manière. Quand j’ai eu 15 ans, nous nous sommes fiancés, toujours avec l’accord de mes parents, bien sûr. Nous avons demandé une dispense et nous sommes mariés dès que nous avons eu l’autorisation officielle. Inutile de te dire que tout le monde pensait que j’avais un polichinelle dans le tiroir, comme on dit.

- Tu veux rire, petite ? En fait, nous avons eu notre premier enfant dix ans après !!!... Il y en a quelques uns qui se sont retrouvés bouche cousue !

- Et je peux t’assurer que nous avons pleinement profité de notre vie de couple sans enfants… Nous avons voyagé un peu partout dans le monde car Louis était ingénieur et il a travaillé sur des chantiers à des endroits dont même le nom était imprononçable ! Mais, bien que nous ayons souvent vécu dans un contexte de camping, nous avons toujours été profondément heureux et je te garantie que jamais nous n’avons regretté notre décision, ni quoi que ce soit d’autre dans notre vie.

- Tu sais combien nous avons eu d’enfants, ensuite ? 13 ! C’est pour ça que nous considérons depuis des années que 13 est un chiffre merveilleux et qu’il nous porte bonheur ! Pia a accouché trois fois de jumeaux et une fois de triplés ! Il y avait des moments où elle ne pouvait plus faire face alors, lorsque nous étions au Guatemala, j’en engagé une nourrice indienne qui est devenue rapidement une amie et une confidente pour l’un comme pour l’autre.

- Maria Teresa était une superbe femme de 23 ans : de longs cheveux noirs, des yeux marron pleins de bonté et de douceur, malgré un caractère bien trempé ; elle était seule avec ses deux enfants car son époux était décédé au cours d’un éboulement sur un chantier. Nous avons élevé nos enfants ensemble, et Diego et Constanza ont été, je crois, très heureux au sein de notre tribu. La seule chose qui m’a toujours fait mal au cœur, c’est que Maria Teresa n’a jamais refait sa vie. Elle n’imaginait même pas de retrouver un amour tel que son Miguel. Je la comprends car je ne sais vraiment pas ce que je ferais si mon cher Louis disparaissait avant moi !

- Nous nous sommes promis de partir ensemble ; de toutes façons, nous ne pourrions pas vivre l’un sans l’autre. C’est une certitude. En 70 ans, nous ne nous sommes jamais séparés, nous avons toujours tout fait ensemble et nous en sommes ravis. Le seul problème, c’est que j’ai 92 ans aujourd’hui et, parfois, j’ai peur de ne pas tenir ma promesse et de partir avant ma Pia…

Gros soupir et regard langoureux, attristé, angoissé peut-être ?

Un vacarme épouvantable rompt cet instant de paix plein de tendresse et de compréhension. Voilà trois petits diables qui déboulent dans le salon aux tapisseries d’un vert tendre et reposant.

- Voilà mes amours ! Tout au moins une partie ! Je te présente Sean, Morgane et Kynan. Ce sont les enfants de Ludmilla et Boris, nos arrière-petits-enfants, dit Pia, je ne suis pas la seule à m’être mariée tôt dans la famille et ma fille et ma petite-fille ont été mères respectivement à 17 et 18 ans ! Ce qui m’a donné le plaisir immense de voir mes arrières arrières petits enfants !!!...

- C’est un bonheur de chaque instant, dit Louis toute tristesse envolée.

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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 21:19

flora a écrit:
Chapitre 2 – Maria Teresa et Miguel

- Je t’avais promis de te raconter aussi l’histoire de tes arrières-grands-parents, Maria Teresa et Miguel ; je te préviens : elle n’est pas gaie !

Miguel était ingénieur ; comme tu le sais, il était Mexicain. Maria Teresa était Indienne et Guatémaltèque. Autant dire qu’ils étaient plutôt mal partis dès leur première rencontre… Ton arrière-grand-mère, qui avait 15 ans à l’époque, est venue travailler comme cuisinière dans un camp de mine. C’est là qu’elle a rencontré Ton arrière-grand-père.

Il y avait toutes sortes de drôles de loustics dans ce genre d’endroit, mais Maria Teresa n’avait pas le choix car sa sœur cadette était malade et le médecin local ne pouvait rien faire avec ce qu’il avait dans sa pharmacopée. Le père travaillait aux champs et la mère était plus qu’occupée avec le travail à la maison, les enfants et l’aide qu’elle apportait à son mari. Alors, Maria Teresa a trouvé ce travail qui lui permettait de gagner un peu d’argent afin de pouvoir faire soigner sa sœur dans la capitale où l’on avait quand même nettement plus de moyens.

La société pour laquelle Miguel travaillait avait obtenu un contrat avec le gouvernement pour la construction d’une route et il était donc arrivé dans un coin de forêt, perdu au milieu de nulle part.

Dès son arrivée, il avait remarqué cette très belle jeune femme aux doux yeux veloutés. Mais il était un peu timide et très occupé. Du coup, il n’avait pas pris le temps ni osé faire sa connaissance. Quant à elle, n’ayant jamais été à l’école, elle ne savait ni lire ni écrire et, de plus, elle n’avait pas conscience de sa beauté et de son charisme ; ce qui fait qu’elle n’aurait même pas eu l’idée de lui adresser la parole pour autre chose que lui demander s’il voulait un café ou s’il avait encore faim !…

Un jour, un homme petit, râblé, une espèce de lourdaud mal embouché s’est approché de Maria Teresa avec un regard lubrique très éloquent. Elle le vit venir d’un air sournois :

- Alors petite, tout va bien pour toi ? Tu ne te sens pas trop seule ? Si c’est le cas, je veux bien t’aider à oublier ce qui te tracasse, dit-il en lui faisant un sourire qui n’avait rien d’avenant.

- Non, non, merci. Tout va bien et je n’ai pas le temps de discuter : ça va être l’heure du déjeuner et tout le monde va arriver.

- Mais je vois bien que tu es toute tristounette. Allez vient faire me faire un câlin, tu te sentiras mieux après et ça ne te prendra pas trop de temps, ne t’inquiètes pas…dit-il avec un sourire lubrique en montrant toutes ses dents gâtées et s’approchant encore plus afin de toucher le postérieur de Maria Teresa.

- Pour qui te prends-tu espèce de chien galeux ! De quel droit tu te permets de me toucher ?! Si mon père était là, tu n’oserais même pas me regarder de peur qu’il te tue !

Mais ce cher homme ne l’entendait pas de cette oreille et, pour lui, elle n’était qu’une Indienne, c’est-à-dire quelque chose d’à peine supèrieur à un animal, voire même inférieur !…

- Et toi, sale petite pute ! Tu te prends pour quoi ? Vous les Indiennes, vous êtes tout juste bonnes à mettre dans nos lits pour prendre un peu de plaisir. Et encore ! Sur ce, il lui a donc retourné une gifle magistrale. « C’est pour t’apprendre à bien te tenir ! »

Miguel était atablé en train de prendre son déjeuner en rédigeant un rapport, je crois. Il a levé la tête et vu ce qui se passait ; le bonhomme commençait à lever la main pour donner, cette fois un coup de poing à Maria Teresa. Inutile de te dire que ton arrière-grand-père a sauté sur ses pieds, comme un diable qui jaillit de sa boite, et il s’est rué sur l’homme.

Miguel était du genre pas grand mais sec et nerveux. Il faut se méfier de ce genre d’hommes, tu sais. Il a donc alpagué celui qui avait osé gifler Maria Teresa et lui dit :

- Où te crois-tu pour parler ainsi à l’une de mes employées ! Et d’abord, que fais-tu ici à cette heure au lieu d’être à ton poste et de faire ton travail ? Tu dois le respect à tous tes collègues, quel que soit leur sexe ou leur poste ! Si cette femme n’était pas là, c’est toi peut-être qui cuisinerais ?

L’autre, qui n’était qu’un simple ouvrier, massif et un peu simplet de surcroit, n’a pas osé répondre à ton arrière-grand-père, mais il leur a jeté un regard noir à tous les deux et il était évident qu’il ne comptait pas en rester là.

Cette algarade a été l’occasion pour eux de faire connaissance et de commencer enfin à discuter ensemble.

- Merci beaucoup, Monsieur Miguel ! Je crois bien qu’il m’aurait assomée sans le moindre remors si vous n’étiez pas intervenu.

Un frisson de peur rétrospective lui passa dans le dos. Miguel lui dit :

- Rassurez-vous ! Si ce goujat vous approche à nouveau, je vous assure que je le mets à la porte immédiatement ! Asseyez-vous et prenons un café ; cela vous remettra de vos émotions.

- Merci beaucoup, Monsieur, mais j’ai encore beaucoup de travail.

- Ne vous inquiétez pas ! Adelina ? Pouvez-vous demander à la fille de Cesareo de venir vous donner un coup de main pour ce midi ? Je la paierai en dédommagement.

- Pas de problème, Monsieur Miguel. J’envoie mon fils la chercher.

- Voilà un problème de résolu… Venez vous asseoir avec moi, nous allons discuter un peu.



- Très bien, Monsieur Miguel. Je vous apporte une nouvelle tasse de café. A moins que vous préfériez une infusion faite avec des herbes d’ici ?

Miguel s’intéressait notamment beaucoup à la pharmacopée locale, composée essentiellement de remèdes naturels, à base de plantes ou d’animaux. Il fût donc ravi de cette offre.

- Avec plaisir, Mademoiselle. Mademoiselle ?…

- Maria Teresa, Monsieur Miguel. Je reviens tout de suite. Pourriez-vous me faire voir les plantes que vous utilisez ? Si ce n’est pas un secret, bien sûr.

Maria Teresa réfléchit une seconde puis répondit :

- Je ne penses pas que ma mère serait contre cette idée. Si vous voulez, je vous expliquerai à quoi sert chacune de ces herbes.

- Sauriez-vous soigner certaines maladies ou petits bobos, demanda-t-il en riant mais avec une lueur d’intérêt certaine dans les yeux.

- Ma mère et ma grand-mère m’ont appris le peu qu’elles savaient. C’est bien utile car nous n’avons évidemment ni médecin ni pharmacie à proximité du village. Les traditions ancestrales ont parfois vraiment du bon !

Et elle partit préparer l’infusion promise. Elle revint quelques minutes plus tard, portant un plateau avec une casserole fumante et un certain nombre d’herbes fraiches. Elle commença à lui nommer les différentes plantes en lui expliquant à quoi elles servaient. La tisane qu’elle avait préparée était à la fois calmante et revigorante.

- Si vous le désirez et si vous pouvez trouver un peu de temps, je pourrais vous montrer d’autres herbes, si cela vous intéresse, dit-elle timidement.

- J’en serais ravi, Maria Teresa. Quand pensez-vous aller à la « chasse aux simples » ?

- Dès que vous voudrez. J’ai besoin de reconstituer mes réserves ; il y a eu de nombreux accidents récemment, et les fièvres font des ravages en ce moment !

- Pourquoi pas demain ? Le travail devrait se dérouler correctement et nous avons presque rattrapé le retard du chantier. Cela vous convient-il ?

- Oui, bien sûr. Il n’y a pas de problème. Mais il faudrait partir avant le lever du soleil car il y a certaines plantes qui doivent être cueillies lorsqu’il fait encore nuit.

- D’accord ; nous partirons à 4 heures.

- Très bien ; nous nous retrouverons à la cantine. Je vais préparer un panier repas car nous serons partis toute la journée.

- Parfait. Je vous fait confiance, jeune fille.

Maria Teresa se sentait très heureuse et fière à l’idée de partir avec Miguel et de pouvoir lui enseigner quelque chose. Les excellentes connaissances qu’elle avait dans le domaine de la botanique lui permettaient, pour la première fois de sa vie, de se sentir « quelqu’un ».

Bientôt, on les vit partir ensemble à la chasse aux herbes et plantes diverses dès qu’ils avaient un moment de liberté.

Un dimanche, ils partirent tôt le matin, comme à l’accoutumée. Maria Teresa avait préparé un panier abondant, fort heureusement. En effet, cette sortie ne se passa pas aussi bien que les précédentes. Alors qu’ils s’étaient assis pour faire une pause, Miguel fût piqué par un serpent venimeux ; excuses- moi, mais je ne me souviens plus de ce que c’était.

Maria Teresa l’a soigné sur place. Elle lui a confectionné un abri et une couche, elle a préparé les emplâtres nécessaires et les infusions et elle est restée près de lui jusqu’à ce qu’il arrête de délirer. Cependant, il n’était pas encore en état de marcher. Elle est donc revenue seule au camp ou elle a pris tout le nécessaire puis elle est retournée auprès de Miguel.

Ce qui devait arriver, arriva et je ne pense pas avoir besoin de te faire un dessin !…

Ils s’aimaient d’un amour très profond malgré leurs différences, ou peut-être à cause d’elles. Miguel décida de présenter Maria Teresa à sa famille et d’organiser des fiançailles officielles. Il se doutait bien que les choses ne seraient pas faciles, car il était issu d’un milieu aisé et très conservateur. Se marier avec une Indienne était un exemple type de mésalliance et de déshoneur pour sa famille. Fort heureusement, il n’en était pas de même en ce qui concerne la famille de Maria Teresa qui admettait très bien cette union et les fruits qui allaient en découler.

Pour Noël, Miguel prit des vacances et parti à Mexico avec Maria Teresa afin de la présenter à sa famille. Lorsqu’ils arrivèrent dans la maison familiale, les parents de Miguel pensèrent que Maria Teresa était une servante attachée au service de leur fils. Il faut dire que Miguel était non seulement l’aîné des enfants mais aussi le seul garçon…Quand il expliqua qu’elle n’était pas une servante mais la femme de sa vie et qu’ils comptaient se marier dès que possible, la mère tomba en pamoison et le père s’étouffa de fureur !… C’était plutôt mal parti !

Ils purent finalement s’expliquer, si tant est que l’on puisse appeler cela ainsi ; les parents de Miguel ne voulaient rien entendre et, finalement, le père jeta Miguel dehors en le reniant et en le déshéritant !

Ils allèrent voir l’oncle et la tante de Miguel, qui vivait aussi à Mexico et, là encore, ils furent reçus comme des malpropres. Je te laisse imaginer les horreurs qui furent dites à Maria Teresa qui était accusée d’avoir ensorcelé Miguel avec des potions magiques, etc. Ils allèrent jusqu’à demander un exorcisme !

Miguel avait beau savoir que ça ne serait pas facile, il ne pensait quand même pas que les choses iraient jusque là… Comme quoi on n’est jamais à l’abri des mauvaises surprises !

Maria Teresa et Miguel rentrèrent au camp et se marièrent, contre l’avis de la famille. Cela ne les empêcha pas d’être très heureux et d’avoir deux superbes enfants : Diego, ton grand-père et Constanza.

Pia et moi avons fait connaissance avec tes arrières-grands-parents au Mexique. J’avais la responsabilité d’un chantier pour l’équivalent Mexicain des Ponts et Chaussées. Miguel était un bel homme de 31 ans et Maria Teresa en avait 21. Diego et Constanza avaient respectivement 3 et 5 ans. Ils avaient vraiment pris le meilleur des deux côtés : espiègles et bons vivants comme leur père, beaux comme leur mère et très intelligents. Ils avaient des connaissances assez surprenantes pour des enfants de leur âge.

Un jour, Sofia, notre fille aînée a eu une forte fièvre. Il n’y avait pas de médecin à moins d’un jour du camp et nous ne savions pas trop quoi faire. Pia était paniquée. Constanza vint frapper à notre porte :

- Bonjour Madame Pia ! Je suis venue voir pourquoi Sofia n’est pas venue jouer avec moi, aujourd’hui. Mais pourquoi pleurez-vous ? Vous avez un problème ?

- C’est une façon de le dire ! Ma pauvre petite chérie est très malade et nous ne pouvons pas faire venir un médecin ; nous sommes trop loin du plus proche. Peux-tu demander…

Pia n’avait pas eu le temps de terminer sa phrase que, déjà Constanza était partie en courant. Elle revint peu de temps après : elle était allée chercher des herbes pour soigner notre fille.

- Il faut faire bouillir ces deux herbes ensemble pour faire une infusion et avec cette mousse, il faut faire un cataplasme et le lui mettre sur la tête.

- Merci infiniment, ma chérie. Nous allons nous en occuper tout de suite, dis-je d’un air dubitatif.

Je pensais en effet que cette si petite fille ne pouvait pas savoir ce qu’elle faisait avec ces simples. Aussi, nous n’avons pas préparé les infusions qu’elle nous indiquait. La petite a parfaitement compris que nous n’allions pas utiliser les plantes et elle est allée chercher sa mère qui soignait tous les bobos du camp.

Lorsque Maria Teresa est arrivée, notre Sofia délirait. Elle a regardé les plantes que ta grand-tante avait collectées, elle a approuvé de la tête et a commencé à préparer une infusion, très exactement comme Constanza nous l’avait indiqué. Mon Dieu ! C’était une puanteur ! Pia a failli vomir rien qu’avec l’odeur ! Mais nous avions confiance en Maria Teresa car nous savions très bien que c’était un excellent « médecin » indigène. Nous avons donc soigné Sofia selon ses indications et, trois jours après, le fièvre était tombée et notre petit amour était en bonne voie de rétablissement.

C’est à partir de cette époque que nos deux couples sont devenus vraiment proches. Nous nous sommes arrangés pour continuer à travailler sur les mêmes chantiers afin que nos deux familles puissent rester ensemble.

Un jour, près de Mexico, nous étions en train de travailler sur un chantier comme d’habitude. La journée avait mal commencé. Tout allait de travers : les camions tombaient en panne les uns après les autres, les machines avaient décidé d’être diaboliques et les hommes étaient particulièrement enervés.

Miguel essayait de faire redémarrer un camion qui ne voulait rien savoir. Je le vis du coin de l’œil se redresser d’un coup en se tenant la main.

- Miguel ! Que t’arrive-t-il ?

- J’ai été piqué par quelque chose ; je n’ai pas vu ce que c’était. Probablement un insecte.

- Tu es sûr que tout va bien ?

- Oui, oui, pas de problème. J’essaie encore de faire démarrer ce maudit camion et nous pourrons aller prendre un café. Si nous continuons comme ça, nous n’arriverons jamais au bout de la journée.

- D’accord, je termine ce que je fais et nous y allons.

- Senor Luis ! Senor Luis ! Julio vient de trouver un nid de serpents ! Il nous faut de l’essence pour brûler ces sales bêtes ; ils sont venimeux !

- Va en demander un bidon à José et essaie de ne pas en laisser partir la moitié : ça pourrait être dangereux ;

- D’accord, Senor Luis. J’y vais.

« Bon sang de bon soir, je ne vais jamais y arriver si je suis interrompu toutes les cinq minutes ! » Je décidai donc d’aller prendre tout de suite ce café avec Miguel. Nous avions bien besoin d’une pause !

- Hé, Miguel ! Viens, on y va ! Au moins, nous arrêterons d’être pliés en deux sur ces damnés moteurs !

- J’arrive, Louis, je crois que tu as raison. De plus j’ai vraiment très mal à la tête.

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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 21:20

flora a écrit:
- J’arrive, Louis, je crois que tu as raison. De plus j’ai vraiment très mal à la tête.

Nous arrivâmes à la tente qui servait de cantine et une avenante jeune femme nous servit un café à chacun. Comme Miguel saisissait sa tasse, je remarquais que sa main était gonflée et elle avait une drôle de couleur.

- C’est ça ta piqûre ? Tu ferais mieux d’aller voir ta femme car ça n’a pas l’air très joli !

- C’est vrai mais je n’ai pas mal et il y a tellement de choses à faire aujourd’hui…

- Comme tu veux, mais surveille ta main ; on ne sait jamais et je pense quand même que tu ferais mieux d’aller voir ta femme...

- Oui, j’irai tout à l’heure.

Nous sommes ensuite retournés travailler sous un soleil de plomb. Les heures étaient particulièrement longues, ce jour-là.

J’avais oublié Miguel et sa main lorsque j’entendis un groupe d’hommes crier, visiblement paniqués. J’allais voir ce qu’il se passait.

- José, qu’est-ce qui arrive ? Pourquoi tout ce tintouin ?

- C’est le senor Miguel ! Il est tombé évanoui ! c’est peut-être le soleil !

- J’ai bien peur que non ! Allez vite chercher Maria Teresa !

- Bien, patron !

J’allais voir Miguel et mes pires appréhensions se trouvèrent malheureusement confirmées. Sa main était bleue, elle avait triplé de volume ; on avait l’impression que la peau allait éclater ! Son bras avait considérablement gonflé aussi.

Maria Teresa arriva en courant à toutes jambes. Elle se jeta par terre, à côté de son époux et, dès qu’elle vit l’état de sa main et de son bras, un sourd gémissement sortit de sa gorge. Elle commença à se lamenter dans sa langue, elle était en pleurs et se griffait le visage.

- Maria Teresa ! Dis-moi ce qu’il se passe ! Que peut-on faire ? Il faut le soigner et vite. J’ai vraiment peur. Jamais je n’ai vu quelqu’un dans cet état.

Miguel avait perdu connaissance et il respirait à petits coups rapides, avec visiblement beaucoup de mal.

- C’est trop tard ! Personne ne peut plus rien faire pour lui ! Pourquoi n’est-on pas venu me chercher tout de suite ?

Elle était blanche comme un linge, elle tremblait de peur ou de colère ? Je ne le sais toujours pas. Soudain, elle poussa un hurlement qui résonne encore à mes oreilles.

Le corps de Miguel s’était brusquement arqué à un point que je n’aurais pas cru possible. Il était tétanisé. Il ouvrit les yeux. Son regard était fixe et transparent comme s’il était déjà parti dans un autre monde. L’espace d’un instant il reprit conscience et reconnut son épouse bien-aimée. Il murmura son nom « Maria Teresa… les enfants… » ses yeux se révulsèrent et son corps se détendit subitement.

Maria Teresa était comme folle. Elle hurlait sans pouvoir s’arrêter. J’essayais de la séparer du corps de Miguel mais elle s’accrochait à lui de toutes ses forces. Pia est enfin arrivée alors que je ne savais vraiment plus quoi faire.

Pia, les larmes aux yeux, reprend la parole :

- J’ai commencé par lui caresser les cheveux, lui parler doucement, prononcer les noms de ses enfants car je savais que c’était la seule chose qui la rattachait à la vie à cet instant. Je ne savais pas quoi faire ! C’était horrible de voir Maria Teresa dans cet état. J’ai cru qu’elle allait réellement sombrer dans la folie car la douleur était trop insupportable.

Constanza est arrivée, en larmes, les enfants lui avaient déjà annoncé la mauvaise nouvelle. Elle a attrapé sa mère dans ses petits bras et leurs larmes se sont mêlées. Constanza n’arrêtait pas d’appeler « mama, mama s’il te plait ! Je t’aime, j’ai besoin de toi et Diego aussi ».

Pia versait des larmes silencieuses et les yeux de Louis étaient étrangement brillants. Ce sont de si mauvais souvenirs !…

Ils me regardent tous les deux, échangent un rapide coup d’œil et, tout à coup, un sourire éclaire à nouveau leurs visages :

- Tu ressembles tellement à ta grand-tante et à ton arrière-grand-mère ! dit Louis. Nous avons l’impression que le temps est effacé, ainsi que les douleurs qui ont accompagné nos vies !

- Grâce à Dieu, la vie continue, malgré les épreuves que nous visons tous ! dit Pia.

Nous discutons encore un moment ; je leur parle de mes enfants qui ont tellement envie de connaître la vie de leurs aïeuls. Ils sont adorables : ma fille Megan est blonde comme les blés : elle tient sa couleur de cheveux de son père qui est Finlandais. Mon fils, Riku est aussi brun que moi et tous les membres de ma famille mais il a les yeux de son père et il aura son physique de Viking ! Ils sont très beaux, curieux, intelligents : Mère Nature m’a gâtée…

Je suis venue voir Pia et Louis pour qu’ils me racontent l’histoire de ma famille mais il est maintenant évident que nous allons nous revoir prochainement et, cette fois, j’amènerai toute ma petite famille. Je suis bien certaine que tout le monde sera ravi de faire connaissance…

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MessageSujet: Re: pia et louis   Sam 4 Aoû - 21:25

flora a écrit:
PERTE DE L AMITIE D UNE PERSONNE ....



Le téléphone sonne. Je n’ai aucune envie de répondre. Je me sens tellement bien, au soleil, installée confortablement sur une couverture dans mon jardin, une bouteille de jus de fruits à portée de main, le lait solaire de l’autre coté. Je repense à ma soirée d’hier. Je suis allée danser avec mon chéri, mon amour, ralph. Nous nous connaissons maintenant depuis presque un an. Un an de paix, de joie, de bonheur.

Et aujourd’hui, je suis encore plus heureuse ! Je n’arrête pas de penser à cette vie nouvelle, cette petite chose qui pousse en moi et deviendra l’enfant que Ralph a toujours voulu. J’ai déjà une adorable fillette de sept ans : Merian. Une superbe petite fille, rousse aux yeux vert, comme son père. Mon très cher Sean est parti depuis maintenant 4 ans. La maladie l’a rattrapé. Je ne peux pas me souvenir des derniers mois précédant sa mort sans que les larmes me montent aux yeux. Il était tellement merveilleux, doux et tendre mais avec le caractère de ses ancêtres irlandais !!!

J’en ris encore !! Ses colères homériques, son rire, sa soif de vivre, son amour sans fin. Jamais je ne l’oublierai !!

Pourtant, Ryan est arrivé dans ma vie ; je devrais même dire qu’il y a déboulé comme une fusée !!

J’étais en panne au bord de la route 66, à des miles de la ville la plus proche, et à plus forte raison du garage le plus proche !!! Une camionnette déglinguée arrive et s’arrête juste derrière ma voiture fumante :

- bonjour M’dame ! un p’tit problème ?
- euh ! oui, comme vous pouvez le constater !

Tu parles ! Avec le capot levé, les portières ouvertes pour essayer d’avoir un minimum d’aération sous ce soleil de plomb !!!!

- laissez moi donc jeter un œil. Je ne suis pas mécano mais je pourrais peut être vous aider.
- Hé bien ! je vous en prie !

Je secoue la tête, faisant voler mes boucles blondes. Je suis persuadée qu’il ne s’agit que d’une façon de me draguer. J’avoue que c’est un bel homme : un superbe indien, brun évidemment, de longs cheveux soyeux d’un noir bleuté.

Il a un visage taillé à coups de serpe, il est très grand, au moins 1m90 avec une musculature assez époustouflante. Encore un qui doit faire de la gonflette en levant des poids !! Pas du tout mon genre !! J’aime les hommes doux, sensibles, romantiques. Celui-là, avec ses cales aux mains et son air de sauvage ne correspond certainement pas à mon idéal !!...

- désolé M’dame ! mais votre joint de culasse en a pris un coup ! aucun voyant ne s’est allumé ?
- non ! tout d’un coup j’ai vu de la fumée sortir du capot. Je me suis arrêtée immédiatement et je l’ai levé. J’avais très peur qu’il y ait le feu !!
- aucun risque ! par contre, vous ne pouvez pas rouler avec un véhicule dans cet état ! venez, je vous emmène chez un ami garagiste. vous lui remettrez les clés et il viendra récupérer la voiture
- c’est une location, vous savez.
- Pas de problème : vous lui laisserez les documents en votre possession et il contactera la société qui vous a loué cette voiture. Il s’arrangera avec eux.
- Et pourrai-je louer un autre véhicule ? je suis attendue.

Il part d’un grand rire !!!

- louer une voiture ? ici ? non, je ne crois pas !!!

Me voilà bien partie ! Mon amie Caroline m’attend à Los Angeles. Il faut absolument que j’arrive à la joindre !

- savez vous s’il y a un téléphone ou une cabine chez votre ami ?
- vous le lui demanderez vous-même, M’dame.

Mon Dieu ! Dans quel coin sauvage suis-je donc perdue ??!! Et cet homme ne m’inspire pas vraiment confiance. Bel homme, c’est clair mais un regard glacé et je ne peux certainement pas dire que je me sente à l’aise avec lui…

- à quelle distance se trouve le garage de votre ami ?
- oh environ 30 minutes de route.
- 30 minutes de route !!!!

Je suis atterrée ! Mon Dieu ! Cet homme pourrait me faire n’importe quoi ! Je pourrais même disparaître dans cet endroit désert sans que qui que ce soit ait la moindre idée de l’endroit où je me trouve !!! Dans quel guêpier me suis-je donc fourrée !!!

Comme je n’ai pas le choix, je prends ma valise, mon sac, et monte dans la camionnette. Il démarre et conduit en silence, ses grandes mains brunes et fines posées délicatement sur le volant ; sa façon de le tenir est presque sensuelle. Je sens le stress monter, je suis particulièrement mal à l’aise. Cet homme me fait un effet très surprenant pourtant…. Je me réfugie dans mes souvenirs : Ralph riant aux éclats, Ralph à coté de moi lors de mon accouchement, Ralph jouant avec sa fille, joli bébé aux boucles rousses avec de merveilleuses petites fossettes sur ses jours rondes et cet air espiègle lorsque son père joue à cache-cache avec elle !!!

- nous sommes arrivés, M’dame !

Je sursaute. Tout s’est bien passé finalement. Je le remercie et descends de sa camionnette. Je me retourne pour attraper mes bagages ; il pose sa main sur la mienne. Un frisson me parcourt.

- pas la peine. Ça m’étonnerait que Mike vous héberge pour la nuit. Il n’a pas assez de place dans sa caravane !!

Je suis atterrée encore une fois ! Aucune maison aux alentours ; juste une vieille caravane équipée d’une antenne parabolique.

- mais où se trouve donc la ville la plus proche ?
- à environ 50 miles
- mais ce n’est pas possible !! je dois absolument contacter mon amie et lui dire où je me trouve et quand je vais la rejoindre !!
- chaque chose en temps, jeune fille !

Jeune fille ! Pour qui se prend-il !!! J’ai 29 ans ! Je suis mère d’une adorable enfant et veuve !!! Jeune fille ! Je n’en crois pas mes oreilles et cela doit se voir sur mon visage.

Un sourire éclaire son visage sombre l’espace d’un instant et je vois une lueur dans ses yeux : tendresse ? Pitié ? Ou bien est-ce un regard de prédateur ?



(la suite est à venir - et meme si ça ne soit pas encore, c'est ton sujet nad !!!

bisous

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NAD
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MessageSujet: Re: pia et louis   Dim 5 Aoû - 3:55

I love you j adoreeeeeeeee I love you , j attends la suite de Maria,Pia et de "mon sujet" merci Very Happy I love you I love you gros bisoussssssssss
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MessageSujet: Re: pia et louis   Dim 5 Aoû - 13:22

NAD a écrit:
I love you j adoreeeeeeeee I love you , j attends la suite de Maria,Pia et de "mon sujet" merci Very Happy I love you I love you gros bisoussssssssss
je suis ravie que tu sois contente !!! t'inquiète ! lasuite va venir .... vite j'espère - ben oui ! il me faut un minimum de tranquillité pour écrire...

bisous ma nad et n'oublie pas ce que je t'ai dit hier soir !
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NAD
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MessageSujet: Re: pia et louis   Dim 5 Aoû - 15:38

prends le temps qu il te faut pour ecris (enfin pas trop hein Wink ), non j oublie pas se que tu m a dit... gros bisoussssssssss I love you
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flora
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MessageSujet: Re: pia et louis   Dim 5 Aoû - 21:25

NAD a écrit:
prends le temps qu il te faut pour ecris (enfin pas trop hein Wink ), non j oublie pas se que tu m a dit... gros bisoussssssssss I love you

merci nad ! t'inquiète ! j'y pense très fort et je vais passer à l'acte ce soir si je suis tranquille !!!!

j'ai vu que plein de monde est venu voir - et si vous me disiez ce que vous en pensez de ce que j'écris ???

bisous à tous
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pia et louis
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