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 Au dessus des nuages (petite histoire terminée)

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sink
Fidele
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MessageSujet: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 12 Sep - 15:03

Bonjour !

Voilà, après avoir longuement hésité, je me lance dans une petite histoire à suivre. Ce ne sera pas comme “les carottes” qui est tombée à cause de mon manque d’inspiration, et je prie ceux qui aimait bien les lire de me pardonner. Peut-être plus tard, qui sait ?

Le style de ce nouveau feuilleton est bien différent : si vous le lisez, vous comprendrez aisément pourquoi je l’ai mis dans la section enfant... Je vous avoue que je ne déteste pas lire les (bons) livres pour enfants, avec une “happy end” garantie et les gentils qui ne meurent jamais : au moins, ça n’entame pas l’optimisme !

Faites moi part de vos remarques : si cette histoire vous plaît, je continue, un chapitre par jour, sauf le week-end (j’ai une vingtaine d’avance !)... Si vous la trouvez mièvre et nulle, j’arrêterai et, ne vous inquiétez pas, je ne serai pas vexé pour autant !

Pour la première fois, je mets les deux premiers chapitres...

—————————
Au dessus des nuages.

————————
1 - La cascade.
————————

Ce jour là, le soleil n’éclaira que le temps de faire étinceler les gouttes de rosées avant de disparaître au dessus de la mer formée par les nuages d’un gris presque nacré comme une perle de Tahiti.
Penchée par la fenêtre dans la fraîcheur matinale, Cici admira l’éphémère spectacle.

— Quel dommage que ce soit les nuages qui profitent maintenant du soleil, se dit-elle avec un soupir. Quelle chance ils ont là-haut d’avoir du soleil !

Ils ? Elle ne savait pas qui exactement, mais elle s’imaginait bien là-haut, profitant des chauds rayons dorés... Au loin elle apercevait au-delà de la forêt qui bordait son jardin la montagne dont le sommet se perdait dans les moutons changeants. Prise d’une inspiration subite, elle se dépêcha de se préparer et sorti de la maison encore endormie.

— Au sommet de la colline, je verrai comment c’est au dessus des nuages !

Équipée d’un petit sac à dos contenant une bouteille d’eau et quelques victuailles, elle s’enfonça d’un bon pas dans la forêt. Elle suivait depuis une heure déjà un étroit sentier quand une grosse branche lui barra le chemin. En l’enjambant, elle vit que la branche s’était cassée juste à un creux qui servait de nid : une sorte de feutre douillet fait de poils, de duvet et de mousse dépassait du nid brisé, et tout au fond se blottissait un oisillon presque en âge de voler.

— Qu’est-ce que tu fais là tout seul, mon pauvre ? demanda-t-elle. Devant sa tête toute ébouriffée, elle ajouta en souriant : T’es toute mimi !

L’oisillon, terrorisé, se cachait comme il pouvait dans les restes du nid éventré. Elle se baissa pour le ramasser, amusée par les petits coups de bec qu’il essayait en vain de lui donner pour tenter de se défendre de ce gigantesque monstre à la voix de tonnerre. Enfin elle pensait que c’est comme ça qu’une fille de bientôt 13 ans devait sembler à une petite mésange bleue qui n’a pas encore vu le vaste monde.

— Du calme, si je te laisse là, tu vas te faire croquer par le premier chat venu ! Aller, installe-toi là !

Elle le mit délicatement dans la poche poitrine de sa veste, entouré d’un mouchoir et lui présenta de miettes de biscuit qu’il finit par picorer avec appétit.

— Eh bien, tu avais faim, sourit-elle ! Aller, tiens-toi tranquille et fais une petite sieste !

Au fur et à mesure qu’elle avançait dans la forêt, le silence était plus profond, seulement troublé par le chuintement de la rosée qui s’égouttait de feuille en feuille et le craquement des brindilles qui se cassaient sous ses pieds. Le sol commençait lentement à monter, signe qu’elle s’approchait de la montagne.
Dans sa poche, l’oisillon ne bougeait plus, endormi. Cici sourit à cette pensée mais n’osa pas le toucher, de peur de le réveiller. Les premiers rochers apparurent, ruisselants d’humidité et couverts de plaques de mousse. Le murmure d’une cascade se faisait entendre, de plus en plus proche. Soudain, au détour du sentier elle entra dans une petite clairière adossée aux rochers. Le sentier se poursuivait plus haut entre deux parois rocheuses, le long d’un ruisseau qui tombait en une petite cascade bouillonnante dans une baignoire naturelle. La chute créait de légères bulles irisées qui montaient en tourbillonnant dans les remous d’air de la colonne d’eau cristalline.
Cici s’arrêta le temps de croquer un biscuit et de boire une gorgée d’eau tout en admirant la beauté de la nature. Puis elle escalada quelques rochers pour rejoindre le sentier qui se perdait entre les parois rocheuses, le long du ruisseau. Au bout d’une demi heure de marche, le sentier serpentait à présent dans un replat herbeux. Elle se trouvait maintenant au dessus des nuages. Les chauds rayons de soleil éclairait à l’infini la mer moutonneuse d’un blanc éblouissant formée par les nuages.
Elle s’assit sur un rocher pour se reposer et se chauffer au soleil. Dans sa poche, la petite mésange s’agitait. Cici la sorti délicatement et elle se percha sur son doigt comme sur une branche, serrant bien ses pattes pour ne pas tomber, l’air pas trop rassurée...

— Alors Mimi, tu n’oses pas voler ? Tu ne sais pas encore ?

Elle se leva et tendit le bras. Mimi serrait son doigt de toutes ses forces pour ne pas tomber. Elle se baissa vivement et par réflexe, se sentant tomber, l’oisillon battit des ailes.

— Continue, tu verras, c’est pas bien difficile ! L’encouragea Cici.

Elle recommença, de plus en plus vite, et finalement la mésange fini par lâcher le doigt et se posa en battant des ailes. Au bout de dix minutes de ce jeu, l’oisillon d’enhardit de plus en plus et fini par se poser sur l’épaule de Cici qui s’était levée pour prendre le chemin du retour.
Bien sûr, le spectacle était joli, mais Cici ressentait comme un petit goût d’insatisfaction, comme s’il manquait un petit rien pour tout soit parfait. Elle haussa les épaules et reprit le sentier entre les parois rocheuses, plongeant progressivement dans la fraîcheur des nuages pendant que le soleil se voilait au fur et à mesure qu’elle descendait vers la forêt. Pendant qu’elle marchait, Mimi se lançait à voleter autour d’elle, prenant de plus en plus d’assurance.

Cici décida de s’arrêter à la cascade pour se rafraîchir un peu. Elle s’assit tout au bord du petit bassin naturel. Des bulles irisées s’échappaient de la surface. Elle tendit la main pour en attraper une, mais elle disparu comme par enchantement. Alors elle écarta sa veste pour emprisonner les bulles. Elle sentait les bulles lui chatouiller le corps, gonflant sa veste. Elle se senti prise dans un lent tourbillon irisé et la dernière chose qu’elle vit était Mimi, posé sur son épaule, la tête toute ébouriffée dans une bulle...
————————
2 - Séraphine.
————————

Lorsque Cici reprit ses esprits, elle était allongée sur une sorte de duvet frais et moelleux, un peu comme une immense couette ouatée qui ondulait à perte de vue. Elle frotta ses yeux et s’assit. Mimi, d’un coup d’aile, se posa sur son épaule. Elles étaient environnées d’une sorte de léger brouillard lumineux aux reflets changeants, variant d’un blanc brillant à un bleu très pâle en passant par tout les intermédiaires du blanc laiteux au gris plus soutenu, mais que son regard n’arrivait pas à percer sur une grande distance.

— D’habitude on dit “Où suis-je ?” mais là, je me demande vraiment où je suis, dit-elle à mi-voix.

— Tu es dans le nuage, au cœur du nuage, dit une petite voix légère et aérienne.

Cici demanda en sursautant et en tournant la tête dans tout les sens pour essayer de voir d’où venait la voix :

— Qui parle ?

— C’est moi, je suis juste devant toi, regarde bien...

Cici plissa les yeux et, en effet, elle vit une silhouette de sa taille aux contours un peu flous se détacher, un peu plus dense que la brume environnante. Seul le contour des yeux bleus ciel en amande étaient bien nets, le reste du corps faisait penser à son propre reflet dans un lac ridé par la brise.

— Je m’appelle Séraphine et tu es ici chez moi, dans le nuage. Comment t’appelles-tu ? Que fais-tu ici ? Comment es-tu venue ?

— Je... Je m’appelle Sylvette, mais tout le monde m’appelle Cici... Je ne sais pas comment je suis venue ici... J’étais assise près de la cascade, dans la forêt, tout a tourné autour de moi et je me suis retrouvée ici ! Avec Mimi, ajouta-t-elle en montrant la petite mésange en train de voleter.

Mimi avait pris beaucoup d’assurance et volait comme une grande ! Elle vola vers Séraphine pour se poser dessus mais passa au travers !

— Arrête, dit Séraphine en riant, tu me chatouilles !

Mimi contourna Séraphine et voulu recommencer : c’était excitant de traverser quelqu’un ! Mais au moment où elle allait disparaître à travers l’habitante des nuages, elle fut repoussée en arrière comme si elle rebondissait sur un coussin. Désorientée, la mésange battit des ailes frénétiquement pour retrouver son équilibre avant de se poser, toute étourdie, sur l’épaule de Cici.

— Tu vois, dit Séraphine en riant, je ne suis pas qu’un petit nuage qu’on traverse comme on veut ! Puis, sérieuse, elle repris pour Cici : je comprends... Cette cascade alimente le nuage, mais seulement lorsqu’il n’y a pas d’humain à proximité ! Mais là elle ne s’est pas arrêtée, et tu as été entraînée ici, je ne sais pas pourquoi... Tu dois avoir quelque chose de particulier...

Éblouie par toute la blancheur qui l’entourait, Cici fouilla dans son sac et chaussa ses lunettes de soleil. Ce fut comme si on avait soudain branché la couleur sur un écran laiteux et elle poussa un petit cri de stupéfaction.

— Ça alors ! Comment ce fait-il que je vois plein de couleurs, maintenant ?

— Tes lunettes doivent être polarisantes, tu sais, pour éviter les reflets...

En effet, Cici se souvint que lorsqu’elle mettait ses lunettes, les reflets du soleil dans les flaques d’eau étaient beaucoup moins forts mais aussi que les vitres latérales et arrières des voitures, sous certains angles, montraient des irisations de couleurs. Elle était émerveillée par le paysage qu’elle distinguait beaucoup mieux maintenant qu’il était paré de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Elle voyait comme une sorte de forêt, avec un sentier, mais les arbres changeaient continuellement et doucement de forme, formant des cavernes d’un gris nacré, des colonnes de vert tendre et d’azur, et des petits monticules étincelants sous les rayons du soleil qui parvenaient à percer par endroit l’impalpable plafond nuageux. Seul le sentier restait immuable, serpentant à l’infini entre les formes mouvantes qui évoquaient tout ce que l’imagination pouvait y voir.
Grâce aux lunettes, la silhouette de Séraphine se détachait nettement du paysage. Elle avait une couleur changeante bleu vert très tendre, sans que Cici puisse exactement la définir.

— Que c’est joli ! dit Cici en se mettant debout. J’ai envie de tout voir, mais ça change tout le temps ! Où mène ce sentier ?

— Viens, je t’emmène, dit Séraphine en la prenant par la main.

Cici sentit une bienfaisante fraîcheur lui envelopper la main et la tirer doucement. C’était une sensation vraiment étrange, comme la force impalpable d’un aimant qui ne touche pas ce qu’il attire. Elles cheminèrent le long du sentier. De part et d’autre du sentier, de place en place, se trouvaient des êtres tout ronds, transparents et brillants avec des mains et des pieds. Ils semblaient brouter comme des moutons et de temps en temps relevaient une tête ronde au sommet pointu, des filaments de nuage autour de leur bouche.
Devançant la question de Sylvette, Séraphine expliqua :

— Ce sont des gouttes. Elles vivent en liberté dans le nuage et se nourrissent en broutant. Au début, elles sont si petites qu’on ne les voit pas. Elles grossissent au fur et à mesure qu’elles mangent.

— Mais alors elles doivent finir par devenir énormes, non, à force de manger et de manger ?

— S’il fait très chaud, elles n’ont plus d’appétit. Sinon, quand elles...

Séraphine n’eu pas le temps de finir sa phrase. Devant eux le sentier s’enfonçait brusquement, et elles furent entraînées par la pente. Mimi volait autour, sans savoir que faire, en poussant des pépiements affolés.

————————
à suivre...


Dernière édition par le Ven 30 Nov - 0:01, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Jeu 13 Sep - 9:02

3 - La pluie sur le jardin
————————

Il aimait bien ce moment de la journée, au petit matin, quand il fait frais et que la terre exhale toutes sortes de parfums capiteux et âcres. Ce matin là, Germain montait de son pas lent et régulier le long de la colline pour aller dans son jardin. Son jardin, c’était sa vie depuis qu’il était à la retraite. Il y venait tous les jours, pendant que sa femme Adrienne s’occupait de ses bêtes, sa passion à elle : ses poules, ses lapins, ses oies et ses canards.

Il avait construit, dans un angle de son jardin en terrasse à flanc de colline, une cabane en bois. Pas de ces abris de bric et de broc en tôles et en bouts de palette comme on voit souvent, non. Une belle cabane en solides planches, avec une toiture à une pente en bardeaux de bois fendu. Germain vivait dans la tradition du travail bien fait. En bas de la pente, une gouttière recueillait l’eau de pluie qui allait se déverser dans trois grands tonneaux abrités du regard par une haie de buis agrémentée de clématites colorées et odorantes.
Rapidement, le brouillard tombait.

— Quelle purée de pois, brusquement ! Dit-il en grommelant. C’est tout juste si on y voit à deux mètres ! Enfin, ça ne m’empêchera pas d’arroser mes tomates, elles manquent d’eau !

Il sortit de sa poche une clé attachée par un lacet de cuir à sa ceinture et ouvrit la porte de sa cabane.

Cici et Séraphine étaient tombées pêle-mêle sur le chemin, là où il redevenait horizontal.

— Oh pardon ! dit Cici.

— Ce n’est rien, il n’y a pas de mal.

Le sentier descendait abruptement de l’endroit où elle était avant jusqu’à une sorte de cuvette. Heureusement que ce n’était pas un sentier comme dans la forêt, sinon elle aurait été pleine d’égratignures et de bosses ! Elle réajusta ses lunettes qui étaient de travers et regarda plus attentivement la cuvette. Ce n’était pas une cuvette, mais des innombrables gouttes, bien dodues, agrippées les une aux autres. Celles du bords s’accrochaient de toutes leurs forces au nuage, tout en essayant d’en manger un petit bout.

— Ah là, là, soupira Séraphine. Ça arrive de temps en temps qu’elles ont tellement faim qu’elles ne veulent plus se laisser tomber pour le grand saut !

— Mais si elles se laissent tomber, elles vont se faire mal, ou même mourir ! dit Cici avec effroi.

— Non, ne t’inquiète pas pour elles ! Elle se fondent dans la terre et redeviennent toutes petites. Ensuite, elles sont si légères qu’un rayon de soleil suffit à les faire remonter. Alors, quasi invisibles, elles recommencent à manger et à grossir. Mais là, elles ne veulent pas lâcher le nuage, et elles sont devenues tellement lourdes que le nuage s’est déformé et touche le sol ! C’est chaque fois une galère de les faire lâcher ! Il faut se mettre à plusieurs sinon dès que tu en as fait lâcher une, hop, elle s’agrippe de nouveau pendant que tu essayes de faire lâcher sa voisine !

Pendant que Séraphine parlait à Sylvette, Mimi explorait le troupeau de gouttes, volant à la limite entre le nuage et la foule des gouttes. Elle prenait de la hauteur, piquait au ras du nuage, et recommençait avec un plaisir évident, toute heureuse de savoir faire des acrobaties aériennes.
Elle monta, monta, jusqu’à devenir presque invisible et piqua comme un épervier en refermant ses ailes, grisée par le vent de sa vitesse. Au dernier moment, elle ouvrit ses ailes pour freiner. Mais elle manquait d’expérience, et traversa une grosse goutte qui avait les mains crispées sur un bout de nuage et qui tendait la tête pour grignoter un flocon de nuage supplémentaire. La goutte poussa une sorte de gloussement en tressautant, lâchant tout pour se tenir le ventre : elle était en train de rire aux éclats !
Mimi, tout ahurie, traversa dans l’autre sens la goutte voisine et alla se pose, toute humide, sur l’épaule de Cici.
La première goutte, hilare, s’enfonçait doucement. Par contagion, les gouttes voisines se mirent à rire aussi et, de proche en proche, lâchant leurs prises pour se tenant le ventre et s’enfonçant elles aussi, toutes les gouttes étaient prises d’un fou rire général..

— Ça alors ! s’exclama Séraphine. C’est la première fois que je vois ça ! Eh bien Mimi, dit-elle en chatouillant la mésange sur le sommet de la tête, tu as fait du bon travail !

Au fur et à mesure que les gouttes se laissaient aller, le nuage remontait doucement et le sentier redevenait de plus en plus horizontal, pendant que la grande cuvette pleine de bosses brillantes formées par le dos des gouttes se rétrécissait de plus en plus. Cici ne pouvait détacher son regard de ce spectacle si scintillant de reflets de toutes sortes, de ce cercle brillant et bosselé comme la mer et qui rétrécissait sans cesse comme un trou qui se referme.

La cabane était simplement meublée d’une table, de deux tabouret et d’une armoire. Des outils étaient soigneusement suspendus au mur, ainsi que des vêtements de travail accrochés à une patère. Germain posa son sac sur la table, ôta sa veste et l’accrocha à une patère. Il enfila une veste de jardin en serge bleue, saisi son arrosoir posé près de l’armoire et sortit.
Dehors, il vit une mésange surgir du brouillard et s’y perdre de nouveau en remontant. Il frotta sa grosse moustache blanche d’un geste machinal.

— C’est curieux, elle devrait être dans un buisson en train de chercher des insectes ! Même les hirondelles n’aiment pas voler dans le brouillard !

Une goutte, puis plusieurs s’écrasèrent à ses pieds. Puis ce fut une belle averse. Avec un sourire, Germain rentra dans sa cabane. Il était content : ses réserves d’eau allaient se remplir, son potager sera arrosé sans qu’il ait à le faire et la terre sera plus meuble, facilitant le désherbage. Il n’utilisait jamais de produit chimique dans son jardin. Il allait attendre un peu.
Il sortit de l’armoire un antique petit réchaud à pétrole qu’il posa sur la table. Actionnant une tige, il mit de la pression dans le réservoir en pompant puis il approcha une allumette. Une flamme jaune s’alluma sous le brûleur. Il remplit à moitié une petite casserole avec une bouteille d’eau sortie de son sac, posa la casserole sur le brûleur maintenant suffisamment chaud et tourna une manette. La flamme jaune s’éteignit et des petites flammes bleus sortaient maintenant du brûleur, comme d’une gazinière.
Quand l’eau fut chaude, il prit une bouteille dans l’armoire. C’était son pêché mignon : du sirop de cassis de son jardin préparé par Adrienne. En été il le buvait froid, mais quand il ne faisait pas chaud il préférait le boire chaud, comme une infusion. Il prépara le mélange dans une tasse qu’il avait apporté.
Il bu à petites gorgée, se réchauffant les mains sur la tasse fumante. Par le fenêtre, il vit que la pluie tombait encore mais que le brouillard s’était levé...

Maintenant le sentier avait retrouvé son aspect habituel et son décor mouvant en formes et en couleurs. Toutes les gouttes avaient fait le grand saut. Cici et Séraphine continuaient leur chemin quand Cici se rendit compte que ses pieds s’enfonçaient de plus en plus dans le nuage.

— Qu’est-ce qui m’arrive ? s’écria-t-elle affolée.

— Ne t’inquiète pas, c’est simplement que les bulles de la cascade se fondent de plus en plus dans le nuage. Donc, tu es de moins en moins soutenue. Il va falloir que tu rentres chez toi !

C’était vrai, Cici continuait à s’enfoncer tout doucement, et un léger tourbillon irisé commença à se créer autour d’elle, finissant par l’entraîner dans sa ronde. Elle avait peur et cria :

— Au secours, je vais tomber et m’écraser au sol, je ne suis pas une goutte !

— Ne panique pas, tu ne tomberas pas, tout va se passer doucement !

Séraphine lui prit la main, l’empêchant de tourner. Elle lui donna un petit objet transparent et lui dit :

— Si tu reviens, appelle moi, c’est plus prudent que tu ne sois pas seule dans le nuage, il y a mille dangers que tu ne connais pas. Au revoir, reviens vite me voir !

Puis elle lâcha la main de Cici qui se remit à tourner, enfoncée jusqu’aux épaules dans le nuage, Mimi accroché à ses cheveux de toutes ses forces de peur de rester toute seule.

Quand Sylvette se réveilla, elle était dans son lit et le jour était levé : elle voyait des rayons de soleil passer entre les rideaux.

— Quel rêve étrange ! se dit-elle. C’était si joli !

Elle tira les rideaux. Le ciel était d’un bleu pur, sans un nuage. Il avait plu, des myriades de gouttes d’eau s’accrochaient aux plantes et scintillaient par intermittence au soleil, au gré de la brise qui caressait la nature. Au loin, elle vit un homme qui descendait de la colline, portant ce qui lui semblait être un sac et un bouquet de fleurs. Elle le perdit de vue quand il s’enfonça dans la forêt.
Elle ouvrit la fenêtre en grand et retourna sous ses couvertures pour profiter de l’air sans prendre froid. Soudain un oiseau entra par la fenêtre, se posa une seconde sur la table et ressorti comme une flèche. C’était une mésange bleue.

— Une mésange, comme dans mon rêve !

Elle se leva pour s’habiller. Sur la table où il n’y avait rien la veille se trouvait un tout petit sifflet transparent comme un cristal à l’intérieur duquel un ciel en miniature étalait ses nuages mouvants...

————————
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Gunslinger
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Jeu 13 Sep - 13:37

je trouve que tu écris vraiment bien : tu as un réel talent. Ce conte est joli comme tout. JE veux la suiiiiite !

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 14 Sep - 9:14

Merci Guns, tu es trop indulgente !

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4 - Le nuage invisible
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C’était les vacances de printemps. Cici en profitait pour faire de temps en temps des excursions dans la forêt, seule. Elle n’avait pas peur parce qu’elle savait bien qu’il n’y avait pas d’animaux féroces dans cette forêt, et que de toute façon les bêtes sauvages fuyaient le contact des humains. Elle ne voulait emmener personne avec elle, surtout quand elle cherchait une certaine cascade et qu’elle portait autour du cou, sous sa chemise de coton à carreaux, un cordon avec un tout petit sifflet transparent aux couleurs étrangement changeantes...

Ce jour là, le soleil écrasait la nature de la chaleur de ses rayons. Pas l’ombre d’un nuage pour les arrêter ! Sur le chemin de la forêt, elle croisa un homme.

— Bonjour Monsieur Germain ! Une journée bien chaude, n’est-ce pas ?

— Bonjour Sylvette, trop chaude ! Je suis obligé d’arroser très tôt le matin ou d’attendre le soir ! Elles ont soif, mes plantes !

Pensivement, il regarda le ciel et ajouta :

— On finirait par avoir de l’orage, ça ne m’étonnerais pas ! Bonne journée !

— Bonne journée à vous aussi, Monsieur Germain !

Avec plaisir, Cici s’enfonça dans la forêt, trouvant une relative fraîcheur à l’abri des frondaisons d’un vert tendre. Elle sursauta en sentant quelque chose sur son épaule.

— Oh ! Tu m’as fait peur ! Bonjour Mimi !

La petite mésange bleue arrivait toujours à retrouver Cici dans la forêt. Elle s’envola, tourna autour de Cici et s’élança comme une flèche vers le haut d’un arbre et se posa sur une branche grêle après un looping impressionnant.

— Fait attention, tu vas finir par avoir un accident de vol ! Et qui c’est qui va devoir te soigner, hein ? dit Cici en souriant.

Mimi, ivre de sa liberté de voler, n’écoutait pas et enchaînait toutes les figures de voltige aérienne que peut faire une mésange, et Dieu sait que les mésanges sont des acrobates !
Enfin, Cici arriva à la cascade. Aujourd’hui, pas de bulles irisées, mais la chute d’eau était toujours aussi agréable à regarder, coulant avec grâce entre les rochers moussus avec une musique cristalline. Une agréable fraîcheur se dégageait de l’eau vive. Cici s’assit au bord du bassin et trempa ses mains pour asperger son visage rouge de transpiration ; pendant ce temps là, Mimi buvait à même le chute à petits coups de bec rapide.

— C’est vrai qu’elle a l’air bonne ! se dit Cici et elle remplit sa gourde dans l’eau vive, après avoir bu dans le creux de sa main.

Sylvette se senti toute drôle, légère comme une bulle de savon. Pourtant elle était toujours assise, mais elle vit Mimi, pas trop sûre sur ses pattes, s’envoler maladroitement pour se poser sur son épaule.

— Toi aussi ? Ça doit être l’eau de la cascade ! Mon Dieu, et si elle était empoisonnée ? se demanda Cici avec effroi ! Non, ce n’est pas possible, l’instinct de Mimi l’aurait empêché de boire !

Elle regarda vers le bas et le rocher sur lequel elle était assis. Elle le voyait à travers sa jambe ! Elle poussa un cri de stupeur :

— Oh non, je deviens transparente ! Et toi aussi Mimi, je vois la forêt à travers tes plumes !

Elle chaussa ses lunettes de soleil dans l’espoir de voir mieux, comme la fois où elle était dans le nuage. Lorsqu’elle regarda, elle ne voyait plus que les contours de Mimi ; sa main devant elle était pareille : juste un contour un peu plus brillant que l’air. Elle voulu se mettre debout et là elle se rendit compte qu’elle ne touchait plus le sol : il était déjà cinq mètres plus bas et s’éloignait doucement.

Affolée, elle ferma les yeux, et, ne sachant plus quoi faire, se mit en boule comme pour se rassurer elle-même. Cici n’osait plus ouvrir les yeux : elle avait trop peur du vide et de ce qui lui arrivait.
Une douce caresse sur la joue la fit frémir, puis une autre, puis un petit picotement répété. C’était Mimi qui essayait de la secouer ! Doucement, Cici ouvrit un œil, puis l’autre... Elle cria de stupeur ! Elle était de nouveau dans le nuage, mais tout avait changé. Au lieu de toute les nuances de blanc, de gris nacré et des reflets couleur arc-en-ciel, tout était transparent et translucide, avec juste les contours des formes qui se détachaient un peu de l’ensemble, un peu comme un morceau de cristal plongé dans l’eau. Mais le pire, c’était qu’elle-même et Mimi étaient pareil, tout en transparence...

— Oh là, là, se lamenta Cici, que vais-je devenir ? Pourquoi ai-je eu la sotte idée de boire de l’eau de la cascade ?

Elle sentait les larmes lui monter aux yeux.

— Oh et puis non ! Je ne vais pas rester là à pleurnicher comme une fillette ! Aller, viens Mimi ! On va faire le tour de ce nuage mal fagoté pour voir s’il y a quel qu’un !

Elle s’engagea résolument sur un sentier qui montait vers l’intérieur du nuage. Le regard ne portait pas loin parce que le nuage était plus translucide que transparent, un peu comme une vitre dépolie qui laisse passer la lumière mais rend les contours flous.
Au loin, elle entendait un faible bourdonnement qui devenait de plus en plus fort au fur et à mesure qu’elle montait.

Elle aperçut des gouttes, mais elles étaient tellement petites qu’elles en étaient transparentes. Elles se reposaient à côté du chemin, mollement allongées, qui sur le dos, qui sur le ventre, à bailler aux corneilles. Elles ne semblaient pas avoir faim, et de tout façon, il n’y avait que du nuage transparent à manger !

— Peut-être que les gouttes n’aiment que le nuage bien blanc, se dit Cici, comme moi : j’aime le fromage blanc mais pas le petit lait ! Ou alors il fait trop chaud et elles n’ont pas d’appétit !

Plus Sylvette montait, plus il faisait frais. Elle sentait le vent se lever, mais un vent qui allait du bas vers le haut, pas sur le côté comme en bas sur terre. Le bourdonnement se faisait de plus en plus insistant, comme des dizaines d’essaims d’abeilles. Plus loin, elle vit une sorte de muraille de glace avec une faille dans lequel le sentier se perdait.

Arrivée au pied de la muraille, elle la toucha précautionneusement. Ce n’était pas de la glace, mais c’était froid et beaucoup moins souple que le nuage qu’elle connaissait. Elle prit son courage à deux mains et s’avança dans la faille, entre deux murs froids et lisses entre lesquels le vent sifflait rageusement. Le bourdonnement se faisait de plus en plus fort...

————————
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 14 Sep - 14:36

sink a écrit:
Merci Guns, tu es trop indulgente !


pas d'accord. juste sincère

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Lun 17 Sep - 8:52

5 - Dans la glace
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Cici n’avait pas très chaud et boutonna sa veste légère autour d’elle. Non sans mal : c’est à peine si elle voyait les boutons ! Le vent s’engouffrait dans l’étroit sentier qui s’enfonçait entre les hautes parois lisses et verticales dont Sylvette ne voyait pas le bout, toujours caché par un tournant. À cause du vent, Mimi n’osait plus voler et s’agrippait à l’épaule de Cici, ébouriffant ses plumes pour se protéger du froid au point de ressembler à une petite pelote de laine transparente.

Le sentier était maintenant plus étroit, Cici aurait presque pu toucher les deux parois en tendant les bras, parois qui devenaient de plus en plus laiteuses et de moins en moins transparentes à mesure qu’elle avançait et que le froid se faisait plus vif. Elle toucha une muraille : c’était comme de la glace ! Elle se rendit brusquement compte que ses membres perdaient aussi leur transparence et que Mimi ressemblait maintenant à une vrai petite pelote de laine jaune et bleue, grosse comme le pompon d’un bonnet d’enfant.

— Ça alors ! dit Cici toute étonnée. Tu as vu, Mimi ? On est comme les nuages, transparents quand ils sont transparents, opaques quand ils sont opaques !

Soudain le bruit se fit plus fort et assaillit Cici après un dernier tournant. Elle eu un sursaut devant le bruit et le spectacle qu’elle voyait et recula vivement à l’abri de la muraille.

— Mais qu’est-ce que c’est que ça ? se demanda-t-elle.

Elle avança précautionneusement la tête et jeta un regard. La faille débouchait dans un vaste espace, toujours entouré par les hautes murailles. Dans cet espace, des boules blanches montaient à toute vitesse au milieu poussées par le vent ascendant et retombaient pesamment le long des parois. C’était les sifflements dans l’air de ces milliers de boules qui, additionnés, produisaient un bourdonnement d’enfer.
Enfer, c’est le mot qui venait à l’esprit de Sylvette : quand les boules se croisaient en se frôlant, elles lâchaient une gerbe d’étincelles électriques crépitantes.
Mimi poussa un cri affolé, et Cici eu juste le temps de reculer la tête pour ne pas être assommée par une boule qui retombait. La boule rebondit sur le sol et roula vers un grand trou au milieu de l’espace. Arrivée au bord du trou, la boule fut brutalement entraînée vers le haut par le vent qui sortait en sifflant du gouffre.

— Allons nous-en ! dit Sylvette à la mésange. C’est trop dangereux ici !

Elle fit demi-tour, mais c’était trop tard ! Elle était encerclée par des boules blanches, grimpées les unes sur les autres. Elles avaient ni bras ni jambe, juste des mains et des pieds sortant directement de leur corps rond et rugueux surmonté d’un petite tête ronde et bosselée aux yeux jaunes. Cici comprit subitement : c’était des grêlons !

— Que fais-tu ici, terrienne rampante ? demanda un grêlon en montrant ses dents pointues.

— Heu... Je me promène... répondit maladroitement Cici qui ne savait pas quoi dire...

— Tu n’as rien à faire ici ! répondit le grêlon.

Cici eu une soudaine inspiration :

— Une terrienne rampante ne pourrait pas être ici, à marcher sur un nuage ! dit-elle. Je ne suis pas une terrienne comme les autres ! Demandez à Séraphine, elle me connait !

Les grêlons se regardèrent. En effet, ce n’est pas normal qu’une terrienne soit là, à marcher sur le nuage !

— En attendant de vérifier, tu restes ici ! dit le grêlon qui semblait être le chef. Nous te gardons jusqu’à nouvel ordre, mais pour l’instant nous n’avons pas le temps de nous occuper de toi.

Cici commençait à avoir peur. Elle voyait bien que les grêlons étaient durs, qu’elle ne passerait pas au travers comme avec un nuage ou une goutte. Elle était coincée !
Mimi s’envola et tenta de donner un coup de bec dans la tête du grêlon qui avait parlé, mais cela le fit juste ricaner. Penaud, Mimi se reposa sur l’épaule de Sylvette.

— Voyez vous ça ! Le petit oisillon qui se prend pour une terreur alors qu’il tête encore sa mère ! persifla le grêlon.

— Il ne connait rien aux oiseaux, celui là ! pensa Cici qui fouillait dans son sac à la recherche de quelque chose qui pourrait l’aider à se sortir de ce mauvais pas.

Sa main se referma sur un petit objet lisse : c’était le briquet qu’elle emmenait avec elle quand elle se promenait dans la forêt, au cas où elle aurait eu besoin de faire du feu.

— Accroche-toi Mimi ! On fonce ! cria-t-elle.

En même temps, elle se précipita vers le cercle de grêlons en brandissant son briquet allumé, la flamme réglée au maximum. Les grêlons ne bougèrent pas, mais quand la flamme lécha l’un d’eux, le cercle s’ouvrit et Cici s’engrouffra dans la brèche en bousculant les grêlons et redescendit le sentier en courant de toutes ses forces. Elle était déjà à dix mètres d’eux quand ils réagirent en se lançant à sa poursuite, moitié courant, moitié roulant dans la pente.

Les grêlons, furieux d’avoir été menacés et désobéis, se rapprochant de plus en plus. À la sortie d’un virage pris sans ralentir, Cici percuta brutalement quelque chose et tomba par terre.

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 18 Sep - 8:51

6 - Le nuage noir
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Germain sorti un grand mouchoir à carreaux de sa poche et s’épongea le front.

— Quelle chaleur ! Qu’est-ce qu’il fait lourd ! Et pas un souffle de vent !

Levant les yeux, il vit qu’un nuage était en train de se former et de s’épaissir au dessus de la montagne.

— On va finir par avoir un bel orage, se dit-il.

En jardinier prudent, il avait fabriqué, pour ses plantations les plus fragiles, une sorte de bâche en toile de moustiquaire qu’il pouvait étaler au dessus de ses plantations sur un solide support. La bâche laissait passer l’eau et le vent, mais elle brisait les gouttes trop grosses et arrêtait la grêle dévastatrice. Il se hâta de mettre ses bâches en place au dessus de ses semis de salade et son parterre de fleurs.

Tant bien que mal, Cici se remit debout. À moitié étourdi, Mimi s’agrippait toujours à son épaule.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda la voix légère et aérienne de Séraphine, qui n’avait pas l’air contente du tout et se relevait également. Tu pourrais regarder devant toi quand tu cours !

— Pardon Séraphine, mais je suis poursuivie par des grêlons.

À la vue de Séraphine, les premiers grêlons s’étaient arrêté en dérapant, aussitôt percutés par les suivants qui n’arrivaient pas à freiner à temps. Une barrière de grêlons fermait maintenant le haut du sentier.

— Tu aurais dû m’appeler avec le sifflet que je t’ai donné ! C’est dangereux de se promener au hasard dans le nuage, je te l’avais pourtant bien dit !

Devant les sourcils froncés de Séraphine, Sylvette baissa les yeux en s’excusant.

— Tout est tellement nouveau pour moi, alors je n’ai pas pensé à t’appeler, mais je te promets que je ne recommencerais plus !

— Bon, ce n’est pas trop grave, mais tu dois faire attention !

Elle se tourna vers les grêlons et demanda :

— Que se passe-t-il ? Pourquoi avez vous quitté votre poste ?

Le chef grêlon expliqua ce qui s’était passé, et ajouta :

— Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser des inconnus rôder en haut, dans la marmite de glace ! Surtout quand on annonce l’arrivée d’un nuage noir !

— Je réponds de Cici ! Vous pouvez regagner vos postes, le nuage noir sera là dans peu de temps, alors il faut être prêt ! répondit Séraphine.

Les grêlons remontèrent la pente en toute hâte pour retourner dans ce qu’ils appelaient la “marmite de glace”, l’espèce de grand espace entouré de murailles glacées.

— Dis Séraphine, c’est quoi un nuage noir ? demanda Cici.

— D’abord dis-moi comment tu as fait pour venir ici ! La cascade était pourtant éteinte et n’était plus qu’une cascade ordinaire. De plus, le nuage était transparent !

— J’ai simplement bu un peu d’eau de la cascade, comme je l’aurais fait avec une cascade ordinaire ! Et puis je me suis retrouvée ici avec Mimi qui avait aussi bu de l’eau. On était transparent tous les deux, puis on est redevenu normaux arrivé près de la clairière aux grêlons !

— Bizarre, tout ça, marmonna Séraphine. On verra ça plus tard, le temps presse. Le nuage noir arrive. En fait, c’est un nuage qui cherche à prendre les nuages blancs pour les transformer en nuages noirs, pour grossir lui même, pour les digérer en quelque sorte. Viens, suis-moi, ne restons pas ici parce que les grêlons vont bientôt devoir passer à l’attaque pour nous défendre.

Séraphine entraîna Cici par la main et elles dévalèrent le sentier pour retourner sur la partie basse du nuage. Là, les gouttes avaient bien grossi et étaient presque prêtes à descendre, alors qu’avant de monter, Cici les avait vues toutes minuscules ! Par un petit trou, Cici vit un énorme nuage noir qui passait en dessous, remontant rapidement vers le nuage blanc où elle se trouvait.

— C’est les gouttes qui vont commencer l’attaque, expliqua Séraphine. Elles vont essayer en passant de manger le plus possible de nuage noir pour l’affaiblir. Mais il faut encore attendre un peu qu’il se rapproche... Il va falloir t’accrocher parce que ça va secouer, surtout quand les grêlons entreront dans la danse !

Les gouttes s’étaient mise en ligne, formant à l’infini des petits points brillants qui reflétaient le soleil, tranchant sur la pâleur laiteuse du nuage. Sylvette était rendue toute anxieuse par l’attente, ne sachant pas se qui allait se passer. Mimi se réfugia dans la poche de Sylvette, tout tremblant.

Germain leva les yeux. Un gros nuage noir cachait le soleil et le vent se levait. Il faisait si sombre qu’on se serait cru au crépuscule. Les premières gouttes, des grosses gouttes de pluie d’orage, s’écrasaient sur la terre desséchée par le soleil. Il rentra vite dans sa cabane pour se mettre à l’abri et boire un verre de sirop de cassis bien frais en attendant que la pluie cesse...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 19 Sep - 9:05

7 - La bataille
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Au signal de Séraphine, les gouttes commençaient à se laisser glisser vers le bas jusqu’à atteindre le nuage noir et s’en goinfrer la plus possible avant d’être entraînées par leur poids. Au moment où les deux nuages se touchèrent, un vent violent se leva. Le nuage était devenu comme une mer déchaînée couverte de vagues pointues et laiteuses qui s’entrechoquaient dans un camaïeu mouvant de blanc et de gris ; même les sentiers, d’habitude bien stables, ondulaient en se soulevant et étaient parfois recouverts de lambeaux de nuage, comme une plage submergée par des vagues déferlantes.

Cici, allongée à plat ventre, s’accrochait du mieux qu’elle pouvait en enfonçant ses bras dans le nuage. Malgré ses efforts, elle était secouée comme un prunier ! Mimi, toute tremblante, s’était courageusement enfoncée au plus profond de la poche de la veste de Cici, bien à l’abri, poussant de petits cris affolés.

Des grêlons, assemblés par paquets, envoyaient des salves d’électricité sur le nuage noir, passant à travers. D’autres grêlons se joignirent aux gouttes pour sauter sur le nuage noir et le déchirer avant de passer à travers, cherchant à entraîner dans leur chute le plus possible de grêlons du nuage noir.
Le nuage noir répliquait par des violents éclairs pour essayer de morceler le nuage blanc, mais celui-ci se reformait après chaque éclair, rebouchant les trous laissés par le passage des éclairs. Des grêlons noirs tentaient de monter sur le nuage blancs, mais ils étaient repoussés par les grêlons blancs. La bataille faisait rage dans le fracas assourdissant des éclairs et le sifflement du vent qui tourbillonnait autour des nuages.

Germain vit un éclair et une fraction de seconde plus tard il entendit l’explosion du tonnerre.

— L’orage est tout proche, se dit-il.

La pluie tambourinait sur le toit de bardeaux, et la grêle se mit à tomber, hachant les feuilles du haut des arbres.

— Quel déluge, se dit-il, heureusement que j’ai protégé mes plantes ! Surtout les salades, elles sont encore toutes jeunes et tendres !

Par la fenêtre, il regardait les nuages brassés violemment par le vent et le rideau de pluie mêlée de grêle, son verre de sirop de cassis à la main. Les arbres se pliaient comme des brins d’herbe et étaient agités dans tous les sens sous les assauts des éléments.
Fataliste, il bu une gorgée de cassis.

— Il n’y a plus qu’à attendre, après la pluie, le beau temps, se dit-il. Pourvu qu’il n’y ait pas trop de branches cassées...

Des morceaux de nuage blancs et noirs s’entremêlaient à la périphérie du nuage blanc. Des grêlons noirs parvenaient à remonter suffisamment haut pour que les blancs soient obligés de se précipiter dessus pour les faire retomber. La confusion était totale, et Cici sentait les grêlons et les gouttes la frôler. Un éclair traversa le nuage si près qu’elle senti la chaleur et eu le temps de voir le nuage noir pas le trou avant qu’il ne se referme.

Tremblant de peur, elle s’accrochait de toutes ses forces en essayant de se déplacer en rampant vers le milieu du nuage pour s’éloigner des bords où les combats étaient les plus violents.
Petit à petit, elle se rapprochait du centre du nuage où Séraphine coordonnait les attaque comme un vrai général, envoyant les gouttes et les grêlons défendre les points faibles et dirigeant les éclairs pour mettre l’ennemi en déroute.

— Reste couchée et ne bouge plus, cria-t-elle à Sylvette.

Un éclair zébra le nuage juste au dessus d’elles. Le vent ne faiblissait pas, mais Cici vit que de plus en plus de lambeaux de nuage noir dispersés par les éclairs et le vent. Mais le nuage noir était encore gros et impressionnant, la bataille n’était pas encore gagnée !

Soudain, un grêlon noir plus hargneux que les autres parvint à se hisser près d’elles et se précipita sur Séraphine, la faisant tomber et essayant de l’étrangler ! Sans réfléchir, Cici se précipita dans la mêlée pour l’aider. Elle s’écorchait les mains sur le grêlon rugueux et glacé, en vain. Elle pensa à son briquet et le sorti de sa poche, mais le vent était trop fort pour qu’elle puisse l’allumer, alors elle actionna la molette sans répit, projetant des gerbes d’étincelles dans les yeux marrons du grêlon noir.
Avec un cri de rage, celui-ci lâcha prise. Au même moment un grêlon blanc se précipita, le prit par la tête et l’entraîna avec lui et sauta par le trou béant laissé par un éclair en poussant un cri de victoire.

— Merci Cici, il était vraiment méchant, celui-là ! Heureusement que tu étais là !

Cici rougit sous le compliment et marmonna un “Ce n’est rien” emporté par le vent... Une bourrasque plus violente la fit tomber.

— Accroche-toi, ce n’est pas fini !

Et de nouveau, un déluge de grêlons, de gouttes et d’éclairs se ruait à l’assaut du nuage noir. Cici, de nouveau à plat ventre, enfonça ses bras pour se maintenir. Mimi, au plus profond de sa poche, restait bien caché et ne pointait pas le bout de son bec au dehors, trop occupée à rester à l’abri.

Tout à coup, Sylvette sentit qu’elle s’enfonçait doucement dans le nuage.

— Oh non, pas ça ! cria-t-elle ! je m’enfonce ! je vais passer à travers le nuage et tomber dans le nuage noir ! Séraphine, au secours !

Séraphine, assourdie par le bruit et occupée à diriger ses troupes, n’entendit pas son appel...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Jeu 20 Sep - 9:10

8 - Dans le nuage noir
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Cici avait beau essayer de s’agripper, pas moyen de s’empêcher de s’enfoncer. Déjà elle était complètement dans le nuage, comme dans du coton impalpable, frais et doux. Elle ne voyait pas à plus de un mètre et continuait à descendre. Au bout d’un moment, la luminosité augmentait progressivement. Avec terreur, elle se rendait compte qu’elle arrivait tout en bas du nuage blanc et qu’elle allait bientôt en sortir.
Elle tenta de se maintenir, mais elle n’avait plus aucune prise et s’enfonçait lentement, inexorablement. Des éclairs, venus d’en bas, rendaient brièvement le nuage très lumineux, mais tous les bruits étaient assourdis et elle se sentait coupée du monde. Un grêlon la frôla à toute vitesse, presque sans bruit.
La lumière augmentait de plus en plus et brusquement elle se retrouva en dehors du nuage et tomba dans le vide en criant. Le nuage noir amortit sa chute, il était plus dense et elle se retrouva assise, ne s’enfonçant que d’une dizaine de centimètres.

Quel contraste avec le nuage blanc ! Alors que celui-ci était de blanc lumineux à gris perle avec des demi-teintes irisées, ici tout semblait sale, noir et gris crasseux. Pas de formes douces et doucement changeantes, mais des arêtes tumultueuses qui se heurtaient violemment, sans qu’il y ait la trace d’un quelconque sentier dans ce chaos.
Ici aussi, les grêlons s’affrontaient au milieu des gouttes qui grignotaient le nuage et des éclairs aveuglants. Cici se fit toute petite et essayait de se cacher, mais les masses à la surface du nuage étaient si mouvantes qu’elle n’arrivait pas à suivre leurs mouvements.
Soudain, elle se trouva nez à nez avec une cohorte de grêlons noirs hirsutes et grimaçants. Avec un cri d’effroi, elle tenta de se sauver mais elle fut rapidement encerclée.

— Viens avec nous, toi ! Et ne tente rien, sinon... menaça un grêlon noir plus gros que les autres et qui semblait être le chef.

Cici était coincée. Elle ne pouvait rien faire, pas même sortir son briquet de sa poche : les grêlons la menaçaient de trop près avec leur sales pattes griffues. La mort dans l’âme, elle dû obéir et les suivit. Pendant ce temps là, Mimi était resté cachée dans sa poche et elle la sentit remuer. Ce contact la rassura un peu : elle ne se sentait moins seule, même si une petite mésange bleue ne lui était pas d’un grand secours face à toutes ces brutes.

La progression était difficile dans le tumulte du nuage, mais bientôt une ouverture apparu dans le sol et les grêlons la poussèrent pour qu’elle descende, toujours encerclée, dans le chemin en pente raide qui partait de l’ouverture pour se perdre dans les entrailles du nuage noir. Le bruit se fit plus faible à mesure qu’ils descendait, et au bout d’un moment on n’entendait plus que le grincement des grêlons en train d’avancer.

Le chemin se fit plus horizontal, plus large et déboucha dans une grande salle grisâtre, éclairée chichement par la lumière qui se traversait non sans mal les masses sombres du nuage. Cici mit sa main sur la bouche pour étouffer un cri. Au milieu de la salle, se tenait un être de trois fois sa taille, semblant fait de coton sale et tourbillonnant et qui la regardant avec des yeux sombres et brillants chargés d’éclairs. On aurait dit une tornade à moitié figée mais quand même en mouvement, avec des grands yeux fixes au regard perçants et inquisiteurs. Sa voix grave et rocailleuse fit sursauter Cici.

— Alors la voilà, cette terrienne qui marche sur les nuages et fait échouer mes plans ! Maintenant, tu es en mon pouvoir et Séraphine sera bien obligée d’abandonner si elle veut te revoir ! Ce qui n’est pas sûr, ajouta-t-il avec un ricanement. Si elle ne s’incline pas, tu pourras jouer à la goutte et faire le grand plongeon ! Gardes, emmenez-la ! ordonna-t-il en riant.

Sylvette fut glacée par le rire de ce monstre et frissonna. Les grêlons noirs la poussèrent en avant, vers un étroit couloir qui s’ouvrait dans le mur noirâtre de la salle.

— Avance, la petite terrienne ! dit le garde en chef en la poussant.

Le couloir avait plusieurs plusieurs embranchements, et à force de cheminer en tournant dans un couloir, puis dans un un autre, Cici aurait été incapable de se retrouver dans ce labyrinthe. S’arrêtant devant une des nombreuses portes, le chef sorti une clé et l’ouvrit.

— Entre ! intima-t-il à Cici.

Même si elle n’avait pas voulu obéir, elle y aurait été obligée par les gardes qui la poussèrent sans douceur à l’intérieur. La porte se referma sur elle avec un claquement sinistre, puis elle entendit le bruit sec du verrou qu’un grêlon refermait. Elle était prisonnière.

Sylvette regarda autour d’elle. Elle se trouvait dans une cellule nue, sans aucun meuble et sans ouverture, toute en glace grisâtre avec des veines noires. Même la porte était faite de cette glace sale. Une faible lueur filtrait à travers les parties les moins sombres des murs, permettant à peine de voir clair. Cici s’assit par terre, les larmes aux yeux.

— Dans quel pétrin me suis-je fourré ? se lamenta-t-elle. Et à cause de moi, Séraphine risque de devoir se rendre... Qu’est-ce que que je vais bien pouvoir faire ?

Une larme coulait doucement sur sa joue quand Mimi sorti de la poche de Sylvette. Elle se percha d’un coup d’aile sur son épaule et essuya doucement la joue de Cici du bout de l’aile.

— Ça alors, se dit Cici, je n’aurais jamais cru Mimi capable de faire ça...

Puis, à mi-voix, elle dit :

— Merci Mimi, tu es gentille ! Veux-tu un bout de biscuit ? Il y a longtemps que nous n’avons rien mangé et nous n’avons rien d’autre à faire que de prendre des force !

Sylvette posa son petit sac à dos qui ne l’avait pas quitté sur ses genoux et en sorti un petit paquet de biscuit. Elle en émietta un demi dans sa main et la tendit vers Mimi qui se posa sur le bout de ses doigts et commença à picorer avec appétit, pendant que Cici mangeait sa part.

— Tu as soif ? demanda Cici. Attends, je prends ma gourde.

Elle rangea le paquet de biscuit entamé, sortit sa gourde et la déboucha. Une bulle irisée sorti du goulot, flotta dans l’air et alla éclater sur la porte. Là où elle s’était posée, la glace grise était devenue laiteuse. Cici écarquilla les yeux et se leva prestement. Elle mit le doigt sur la partie laiteuse et retint un cri de surprise : la glace sale et dure s’était transformée en un morceau de nuage blanc et pur...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 21 Sep - 8:54

9 - L’évasion
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— C’est l’eau de la cascade ! dit Sylvette à Mimi. C’est elle qui a transformé la glace en nuage ! Regarde, je peux y enfoncer mon doigt !

Elle referma la gourde, la secoua et l’ouvrit de nouveau. Des bulles transparentes couleur arc-en-ciel s’échappèrent de la gourde et Cici souffla doucement dessus pour les diriger vers la porte de glace grise. Son idée était bonne ! Chaque bulle qui touchait la porte transformait la glace en nuage. Cici regardait, fascinée par le spectacle. Elle s’aperçut que la glace était peu à peu remplacée par les morceaux de nuage qui s’élargissaient doucement pendant que la glace veinée de noir disparaissait progressivement.

— Regarde, Mimi ! Il n’y a qu’à attendre un peu et nous pourrons sortir !

En effet, au bout de quelques minutes, la zone nuageuse avait remplacé la glace sur une surface suffisante pour que Cici puisse passer à travers. Elle rangea sa gourde et remit son sac à dos sur ses épaules.

— Viens vite, Mimi, on s’en va !

La petite mésange bleue s’installa dans la poche poitrine de Cici, laissant juste dépasser un peu de sa tête pour voir ce qui se passait. Cici franchit la porte et se retrouva dans le couloir.

— Voyons, voir, marmonna-t-elle, nous sommes venu de par là...

Elle s’engagea résolument dans le couloir, sans faire le moindre bruit. Elle tourna à gauche à la première bifurcation, puis à droite à la deuxième. Elle se souvenait d’être passée par là. Mais au bout de dix minutes, Cici dû s’avouer avec découragement qu’elle était perdue dans le dédale formé par tous ces couloirs semblables.

— Oh Mimi, jamais nous ne trouverons la sortie, c’est affreux ! Il faut pourtant vite rejoindre Séraphine avant qu’elle accepte de se rendre à ce monstre à cause de moi ! Comment allons nous faire ?

Mimi sortit alors de la poche et s’envola dans un couloir.

— Attends-moi ! lui cria Cici.

Mais la mésange, faisant la sourde oreille, continua vivement son vol. Sylvette s’assit, désespérée.

— Même Mimi m’abandonne ! Je n’ose pas utiliser l’eau de la cascade : si tout se transforme en nuage, les grêlons noirs me retrouverons tout de suite ! Qu’est ce que je vais devenir ? Qu’est-ce que je vais faire ?

À ce moment là, elle vit Mimi revenir du couloir où il était parti et s’engouffrer dans un autre couloir sans prendre le temps de s’arrêter. En un éclair, Sylvette compris que la mésange explorait toutes les issues possibles pour trouver le bon chemin.

— Pourvu qu’elle trouve vite, parce que si elle doit tout explorer, on est là pour un bon bout de temps...

Après avoir exploré cinq couloirs, Mimi vola sur place devant Sylvette, comme pour lui dire “Suis-moi !”. Cici se leva prestement et suivit la petite mésange bleue qui s’engageait dans un couloir. Elle marchait le plus vite et le plus silencieusement possible, suivant Mimi qui s’arrêtait de temps en temps pour ne pas se laisser distancer. Le boyau qu’elle suivait semblait déboucher sur un autre couloir mais Mimi s’arrêta et se posa sur son épaule avant de se faufiler dans sa poche.

— Merci Mimi, t’as été super ! chuchota Sylvette en caressant Mimi à travers le tissu de sa veste.

Sylvette s’avança prudemment pour regarder. Le couloir débouchait dans la grande salle et elle se recula précipitamment. Elle entendit le tourbillon noir ordonner à ses grêlons :

— Allez chercher la prisonnière ! Il faut que cette stupide Séraphine aie la preuve que la terrienne est là pour qu’elle écoute sa bête pitié et se mette à ma merci !

Vite, Cici recula dans le couloir et s’engagea dans le premier croisement venu, un étroit boyau sombre. Il était temps ! Les grêlons noirs arrivaient ! Sylvette se fit toute petite et se plaqua contre le mur de glace, retenant sa respiration. Les grêlons, pressés d’obéir, passèrent devant l’embranchement sans la voir. Elle attendit que les grincements s’éloignent avant de pousser un soupir de soulagement.

— Comment vais-je faire pour traverser la salle sans me faire voir de cet horrible personnage ? se demanda-t-elle.

Elle s’avança tout doucement et coula précautionneusement un regard. Le tourbillon noir lui tournait le dos, ainsi qu’à la galerie qui remontait vers la surface. Elle prit son courage à deux mains et se dirigea sur la pointe des pieds vers la sortie. Le monstre, en train de grommeler, regardait encore ailleurs. Encouragée, elle progressa plus vite, toujours aussi silencieusement, évitant de trop regarder vers lui de peur qu’il ne se retourne en sentant un regard le fixer.

Cici avait parcouru les trois quarts du chemin quand elle entendit les grêlons noirs revenir en courant et en criant :

— Elle s’est échappée ! Trahison ! La glace noire de la cellule a disparu !

Le tourbillon se retourna d’un bloc et aperçut Sylvette qui se mit à courir de toute ses forces vers le couloir de sortie. Ce n’était plus le moment de prendre des précautions ! Elle allait l’ouverture quand son pied se prit dans une aspérité de la glace et elle tomba, s’étalant de tout son long sur la glace froide et sale. À moitié assommée, elle entendit comme dans un rêve l’affreux ricanement du monstre...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Lun 24 Sep - 9:11

10 - La fuite
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Sylvette, avec un gros effort, se retourna et s’assit pour se relever.

— Attrapez la ! cria le tourbillon noir.

Les grêlons noirs se précipitèrent vers elle. Elle sortit vivement son briquet et l’alluma, les tenant à distance.

— Ne vous laissez pas impressionner, saisissez-vous d’elle, gronda le monstre, c’est un ordre !

Cici recula dans l’ouverture pour ne pas se laisser encercler, brandissant toujours son briquet allumé. Les grêlons du premier rang, poussés en avant par ceux derrière, grimaçaient de douleur et fondaient là où la flamme les léchait. Cici comprit vite qu’elle n’aurait pas le dessus : ils étaient trop nombreux, elle allait être submergée. Elle ne savait plus quoi faire et la peur la paralysait.

C’est le moment que choisit Mimi pour sortir de la poche de Sylvette et s’envoler, tournant au dessus des grêlons noirs en faisant semblant d’attaquer en piqué. Les grêlons sautaient pour essayer d’attraper la mésange, mais Mimi prenait bien soin de rester hors de portée de ces féroces soldats de glace noirâtre.

Cici réagit aussitôt.

— Ils sont en glace, se dit-elle, vite, ma gourde !

Elle fouilla fébrilement dans son sac à dos, ses doigts s’acharnant sur la fermeture. Enfin, elle arriva à sortir sa gourde, l’ouvrit, boucha le goulot avec son pouce ne laissant qu’une petite ouverture. Elle secoua vigoureusement la gourde et fit pleuvoir sur les grêlons des gouttes d’eau de la cascade. Le résultat fut immédiat ! Les grêlons atteints poussèrent un cri puis se transformèrent en un tout petit nuage blanc pendant qu’une pincée de fine poussière noire retombait doucement par terre.
Encouragée par le résultat, Sylvette s’avançait tout en secouant sa gourde, faisant fondre les rangs de grêlons noirs. Effrayés, les derniers firent demi-tour et se réfugièrent dans la grande salle en courant. Dans le feu de l’action, Cici les pourchassa, les arrosa et... se retrouva nez à nez avec le monstre qui aussitôt la saisit dans ses bras de filaments grisâtres. La gourde tomba à terre.

— Je te tiens, sale terrienne ! Dit-il triomphalement.

Cici se débattait comme un beau diable, mais les bras glacés la maintenait fermement.

— Je vais t’attacher et te suspendre en haut du nuage, comme ça cette sotte de Séraphine ne pourra pas s’empêcher de se rendre ! Et quand elle se sera rendue, je me débarrasserais de vous deux et je serais le maître du nuage blanc !

Il éclata d’un rire sardonique. Cici était effrayée et désespérée.

— Il est complètement fou ! Comment ai-je pu être aussi bête pour me jeter dans ses bras, se dit-elle, je ne suis qu’une idiote ! Tout est de ma faute !

Mimi, courageusement, essayait de piquer les yeux du tourbillon qui rit de nouveau .

— Regardez-moi ce moucheron qui attaque ! J’en frémis de peur ! Et il éclata de rire.

— Mimi, la gourde ! cria Sylvette.

Avant que le monstre n’ait le temps de réagir, Mimi avait déjà trempé ses ailes dans le goulot de la gourde qui se vidait doucement et rempli son bec d’eau de la cascade. Le monstre allait lui donner un coup de pied que déjà Mimi lui frôlait l’arrière de la tête de ses ailes trempée. Le tourbillon poussa un cri de douleur mais ne lâcha pas Sylvette, toujours en train de se débattre de toutes ses forces. Si rapidement qu’on la voyait à peine, la mésange, comme une flèche jaune et bleue, passait devant les yeux noirs du tourbillon et cracha dedans l’eau qu’il avait dans son bec, avant de revenir sur le dos du monstre pour le frotter des ses ailes mouillées.

Le tourbillon poussa un cri de rage et lâcha enfin Sylvette pour se frotter les yeux et son dos qui maintenant dégageait une fumée noire. Sylvette ramassa prestement la gourde aux trois quarts vide et aspergea le monstre qui poussa un cri de rage. Effrayée, Cici recula précipitamment.

— Nous nous retrouverons, petite ordure terrienne ! cria le tourbillon avec colère.

En même temps, il se mit à tourner de plus en plus vite en rétrécissant, mais ses yeux noirs brillants de haine et de nouveau parcourus d’éclairs ne tournaient pas et restaient fixés sur Sylvette, qui recula encore plus en frissonnant. Il poussa un long cri et disparu dans un bruit de tonnerre. Il ne restait plus à la place où il était un seconde avant qu’un petit nuage noir comme sa méchanceté.

Hébétée, Cici restait à regarder fixement l’endroit où le monstre avait disparu. Mimi voleta autour de la tête de Sylvette en donnant de grands coups d’ailes, pépiant des “Tsi Tsi” précipités et poussant des trilles aiguës pour la faire réagir, comme si la mésange criait ”Réveille-toi, vite, vite, bouge-toi !”.

Cici sortit enfin de sa torpeur. Il était temps ! La grande salle maintenant vide où flottaient juste quelques tout petits nuages, restes des grêlons noirs, était en train de se désagréger. La gourde, en tombant, avait répandu de l’eau partout, et la glace grise veinée de noir se disloquait pour faire place à des lambeaux de nuage blanc. Une fine poussière grise retombait lentement, comme avec les grêlons noirs touchés par l’eau de la cascade.

Cici, précédée de la petite mésange, s’engouffra dans le couloir qui remontait à la surface. Essoufflée, elle courrait de toutes ses forces pour s’enfuir : le couloir s’effondrait derrière elle plus vite qu’elle n’avançait. Cici avait une peur panique de se faire rejoindre par l’éboulement : sans glace sous ses pieds, ce serait la chute fatale.

Elle était encore à bonne distance de la surface quand ses jambes refusèrent de la porter plus longtemps et elle s’effondra, assise sur un bloc de glace. Mimi, affolée, tournait autour d’elle en piaillant.

— Bon sang, la gourde ! cria Cici. C’est moi qui suis une gourde de ne pas y avoir pensé plus tôt !

Elle déboucha la gourde et bu la dernière gorgée d’eau de la cascade qui restait au fond. Ensuite elle attrapa Mimi, lui fit boire la toute dernière goutte et mit la mésange épuisée dans sa poche. Autour d’elle, c’était le chaos, tout s’effondrait et elle sentit la glace sur laquelle elle était assise bouger et se dissoudre.
Déjà tout tournait autour de sa tête, et elle n’eut que le temps de sortir le petit sifflet de Séraphine et de souffler à plein poumon dedans, produisant un son argentin très aigu, à peine audible, avant de perdre connaissance dans un lent tournoiement de couleurs irisées...

————————
à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Lun 24 Sep - 14:49

(j adore ton histoire gros bisous)

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 25 Sep - 8:54

Je suis content qu'elle te plaise, Nad ! Comme Guns, tu es trop indulgente !
Bisous !!

————————
11 - Le retour
————————

La pluie tombait beaucoup moins fort sur le toit de la cabane. La violente pluie d’orage mêlée de grêle avait fait place à une petite pluie fine. En regardant pas la fenêtre, Germain vit que le gros nuage noir s’était dissipé et que les rayons de soleil parvenait à se faufiler entre les nuages restants et à faire apparaître un magnifique arc-en-ciel. Il ouvrit la fenêtre pour laisser entrer la fraîcheur et admirer l’arc-en-ciel et son jardin scintillant de gouttes d’eau éclairées par le soleil.

— La légende dit qu’au pied de l’arc-en-ciel se trouve un trésor... pensa-t-il. Le trésor est partout, c’est la terre, puisque l’arc-en-ciel se déplace où qu’on aille, ce n’est qu’un phénomène optique... Et c’est dans la terre qu’on fait pousser tout ces délicieux légumes et ces fruits, c’est elle qui nous nourrit...

Dehors, la pluie cessait progressivement. Il enfila son ciré vert, mit un vieux chapeau de pluie tout cabossé et sortit dans le jardin pour voir si l’orage avait fait des dégâts. À part quelques rameaux tombés des arbres, seuls quelques grêlons en train de fondre par terre et sur ses bâches de protection rappelaient la violence de l’orage. En enlevant les bâches, il vit que certains grêlons étaient grisâtres. Cela ne l’étonna pas, parce que le vent transportait souvent de la poussière du haut de la montagne.

Cici ouvrit les yeux. Elle était allongée sur le nuage blanc. Plus trace de la terrible bataille ! Le lent moutonnement avait repris comme avant et les formes changeaient doucement, ainsi que les couleurs avivées par les rayons du soleil.

— Voilà notre Cici qui se réveille !

Sylvette tourna la tête. Séraphine était debout près d’elle, Mimi perchée sur son épaule. Elle se leva lentement, encore étourdie.

— Grâce à toi, le nuage noir a été dispersé pour un bon bout de temps ! Cici, tu as été magnifique !

Cici rougit. C’est alors qu’elle vit le sommet d’un arc-en-ciel qui traversait le nuage. Contente d’avoir un prétexte pour ne pas parler de ses exploits, elle demanda :

— Comment se fait-il qu’il y a un arc-en-ciel dans le nuage ?

— Viens voir de plus près, tu vas comprendre !

Séraphine la prit par la main et l’entraîna tout près de la courbe colorée. Cici avança la main prudemment et toucha le rouge. Elle eu l’impression de toucher une sorte de gelée tiède, mais qui ne collait pas. C’était une sensation vraiment étrange, impossible d’en prendre un bout, c’était à la fois solide et liquide. La couleur se reforma quand elle retira sa main.

— Regarde bien, approche-toi ! lui dit Séraphine.

En regardant de plus près, elle vit des gouttes minuscules et des grêlons blancs de la taille d’un grain de sable monter le long des couleurs, formant une sorte de fleuve tant ils étaient nombreux.

— Ça alors...

— Tu vois, dit Séraphine, l’arc-en-ciel est en fait une sorte d’ascenseur pour faire remonter les grêlons et les gouttes. D’habitude, la chaleur des rayons du soleil suffit, mais quand les gouttes et les grêlons sont trop nombreux à devoir remonter en même temps, ils finissent par former un arc-en-ciel.

— Dis-moi, demanda Cici, d’où est venu ce nuage noir ? Et qui est cette espèce de méchant tourbillon ? Et où est-il parti en disparaissant ?

— Oh là, là ! Toutes ces questions ! répondit Séraphine en riant. Et bien le nuage noir s’est formé à un endroit bien précis de la montagne, où il n’y a aucune plante à cause de l’espèce de poussière inculte qu’il y a sur le sol. C’est cette poussière qui donne cette couleur sale au nuage. Ce ne serait rien s’il n’y avait pas Vortex : c’est celui que tu appelles “le tourbillon”.

— D’où sort-il, celui-là ?

— Chaque nuage a son esprit, comme moi. Et les esprit évitent les nuages noirs qui sont trop malsains. Vortex, lui, ne se plaît que dans les nuages noirs, et à force d’être en contact avec cette poussière délétère, il est devenu méchant, mauvais comme cette poussière noire et il s’attaque à tous les autres nuages.

— Et où a-t-il disparu ?

— Son nuage dissous, il est devenu immatériel jusqu’à ce qu’il retrouve un nuage. Mais lui ne choisira qu’un nuage noir, et il ne s’en forme pas très souvent de ces nuages pleins de poussière...

— Alors s’il n’y avait plus de poussière... pensa Cici tout haut.

— Là tu rêves ! C’est à un endroit de la montagne très difficile d’accès et assez étendu, alors il y en a des tonnes !

Séraphine vit que Cici commençait de nouveau à s’enfoncer dans le nuage. Mimi se précipita dans la poche de Cici.

— Je crois qu’il est l’heure que tu rentres ! L’effet de l’eau de la cascade s’achève ! Encore merci pour tout ce que tu as fait !

Cici se sentait prise dans un lent tourbillon de couleur. Venant de très loin, elle entendit avant de perdre connaissance Séraphine lui dire :

— À bientôt, reviens vite me voir !

————————
à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 25 Sep - 14:23

Indulgente non du tout, c est sincere et c est tout! gros bisous et continue c est super (attention a se que tu va dire Wink ) bisoussssssssssss

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 26 Sep - 9:20

Tu es trop gentille Nad ! J'ai failli supprimer le "post" parce qu'il n'avait pas l'air d'intéresser beaucoup de personnes (on ne peut pas réussir à chaque fois !), mais comme tu as l'air d'être une fidèle lectrice, je continue !

Bisous !!!
————————
12 - Départ vers la montagne
————————
Plusieurs jours s’étaient écoulés et Sylvette n’était pas retournée à la cascade, passant ses après-midis avec ses amies comme une fille ordinaire. Souvent, dans la solitude de sa chambre, elle contemplait le petit sifflet que lui avait donné Séraphine. Ses couleurs changeantes comme une ciel de printemps la fascinaient toujours autant.
Un jour elle passa le cordon auquel était accroché le sifflet autour de son cou et se contempla dans son miroir. Stupeur ! Elle se voyait bien avec le cordon autour du cou, mais pas le sifflet ! Elle le prit entre ses doigts et approcha sa main du miroir : sa main semblait vide.

— Voilà qui est étrange... murmura-t-elle. Est-ce que les autres personnes voient aussi le sifflet, où est-ce simplement son reflet dans la glace qui ne se voit pas ? se demanda-t-elle tout en s’observant dans le miroir.

Elle regarda ses yeux et eu un choc. Ils étaient bleu-verts, comme toujours, mais elle vit que qu’à présent les nuances était devenues un peu changeantes, un peu comme si les couleurs étaient doucement en mouvement, comme dans le sifflet, comme des nuages verts dans un ciel bleu...

— Oh là, là... Mes yeux ont changés, les couleurs bougent un peu, pas comme avant ! se dit-elle. Personne ne m’en a fait la remarque... Est-ce que les autres voient mes yeux comme je les vois ? pensa-t-elle perplexe. Ce doit être l’eau de la cascade qui a fait ça... Il faut que je sache !

Cici décida de retourner à la cascade pour remonter dans le nuage et interroger Séraphine : elle devait certainement pouvoir lui expliquer ! Elle mit sa veste, prit le sac à dos qu’elle prenait toujours pour se promener dans la forêt et sortit.

En entrant dans la forêt, elle croisa Germain que en sortait.

— Bonjour Monsieur Germain ! dit-elle poliment en se mettant à jouer volontairement avec son sifflet.

— Bonjour Sylvette ! Tu pars te promener ?

— Oui, j’aime bien la fraîcheur du sous-bois et la vue qu’on a du haut de la montagne. Elle poursuivit, l’air de rien : J’ai entendu dire qu’il y a un endroit dans la montagne où rien ne pousse, mais je ne sais pas où et je ne sais même pas si c’est vrai ! Tout semble si verdoyant...

— Ah oui, je vois ce que tu veux dire... C’est un endroit qui ressemble à une sorte d’ancienne carrière pleine de poussière noirâtre. Il faut longer le ruisseau, tu sais, celui qui forme une cascade plus loin dans la forêt, puis monter dans les rochers. Ce n’est pas facile d’y accéder et il n’y a rien d’intéressant à voir !

— Rien n’y pousse, là-bas ?

— Pour ça, il faudrait qu’il y ait de l’eau ! Mais l’endroit est à l’abri des vents dominants donc il est peu arrosé et le sol est très drainant à cause de la couche épaisse de poussière, alors aucune plante n’arrive à s’y installer ! Pourquoi demandes-tu ça, tu t’intéresse à cet endroit ?

— Oh, c’est de la simple curiosité ! répondit Cici en continuant à manipuler son sifflet pour le faire briller au soleil.

Germain ne semblait pas voir le curieux sifflet, et le cordon, qui n’avait rien d’extraordinaire, ne retenait pas son attention, pas plus que le regard étrangement changeant de Sylvette. Une mésange bleue passa comme une flèche au dessus de leur tête. Cici reconnu l’espiègle Mimi, que Germain suivit d’un œil distrait.

— Je dois rentrer chez moi, Adrienne m’attend ! dit l’amateur de jardinage. À la prochaine fois Sylvette !

— Au revoir Monsieur Germain !

Dès qu’il eu les talons tournés, Mimi vint se poser sur l’épaule de Sylvette et poussa une trille de bienvenue.

— Bonjour petite Mimi, toujours aussi taquine, hein ?

La mésange se frotta sur la joue de Cici. Celle-ci l’observa attentivement : Mimi avait aussi des yeux bleus aux couleurs changeantes au lieu des yeux noirs habituels des mésanges bleues. Cici resta pensive : monsieur Germain ne semblait pas s’être aperçu du moindre changement en elle ni avoir vu le sifflet qui normalement aurait dû éveiller sa curiosité.

— Il faudra que je fasse le test sur une autre personne avant d’interroger Séraphine... pensa-t-elle.

Mimi prit soudainement son envol.

Cici s’était maintenant décidée à aller voir cet endroit où rien ne pousse et où les nuages noirs prennent naissance avant de retourner voir Séraphine. Elle s’enfonça dans la forêt, suivant le sentier maintenant familier qui menait à la cascade.
Arrive là, elle se garda bien de boire l’eau de la cascade, et, parce qu’elle avait soif, bu l’eau ordinaire qu’il y avait dans sa gourde et en donna à Mimi.

— Mimi, ne bois pas dans la cascade ! Aujourd’hui nous continuons la promenade dans la montagne ! dit-elle. Les nuages, c’est pour plus tard !

Puis elle remplit une deuxième gourde avec de l’eau puisée dans le bassin naturel creusé dans la roche par la chute de l’eau. Seules quelques bulles irisées rappelaient le caractère mystérieux de la cascade.

— Au cas où on en aurait besoin, se dit-elle, on ne sais jamais...

Elle grimpa sur les rochers et s’enfonça entre les parois rocheuses, suivant le sentier qui longeait le petit torrent. Elle suivit le sentier, survolée par Mimi qui faisait sa voltige aérienne avec délice. À mi chemin du replat d’où on dominait la forêt, le ruisseau quittait le sentier, venant d’un amoncellement de rochers.
Sylvette soupira et commença prudemment à escalader les rochers coupants, suivant Mimi qui était partie en éclaireur.

————————
à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 26 Sep - 23:01

Trop gentil non juste sincere j adore vraiment beaucoup j attends la suite tout les jours avec impatience alors NON ne l efface pas, merci, gros bisous

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Jeu 27 Sep - 9:22

Ne t'inquiète pas Nad, je continue ! Dis donc, avec ton talent pour le dessin, si tu illustrais cette histoire ? On pourrait ensuite faire une remise en page ou en faire un fichier séparé au format PDF (acrobat reader) par exemple !
————————
13 - Au bout du chemin
————————

Derrière la barrière formée par l’empilement de rochers, une autre faille de largeur irrégulière encombrée de rochers épars couverts de mousse servait de lit au ruisseau sinueux. Cici avançait lentement dans ce chaos, franchissant les roches rendues glissantes par la mousse et le lichen humides. Quelques rares arbres chétifs et des petits buissons poussaient ça et là, dans les endroit qui recevaient le plus de lumière. Hormis le doux murmure du ruisseau, il n’y avait pas un bruit.

La petite mésange bleue disparaissait par moment dans les méandres de la faille, puis revenait vers Cici en pépiant, semblant dire “Plus vite, tu te traînes !”. Malgré la fraîcheur, Cici avait chaud. Elle décida de faire une petite pause, ce qui ne parut pas faire plaisir à Mimi qui fit du sur-place devant son nez en poussant des trilles irritées comme pour lui dire : “Pourquoi t’arrêtes-tu ? C’est pas le moment de lambiner ! C’est pas un endroit où il fait bon rester, dépêchons-nous de partir de là !”.
Sylvette sortit un paquet de biscuits secs et aussitôt Mimi se tut et se posa près d’elle, la regardant d’un air implorant en ouvrant doucement le bec.

— Mimi, tu es une petite gourmande ! Dit Cici en riant.

Cici posa près d’elle des miettes de biscuit que la mésange se mit à picorer avec appétit, pendant qu’elle-même grignotait une paire de biscuits. La halte ne dura pas longtemps, Sylvette voulait elle aussi aller de l’avant et sortir d’entre ces murailles de pierre sombres et oppressantes pour retrouver l’espace et le soleil. Elles continuèrent à progresser, Sylvette avançant lentement, Mimi volant en avant et revenant sans cesse vers la jeune fille, en un balai incessant.
En revenant de derrière un tournant du chemin, Mimi se posa sur l’épaule de Cici et se blottit contre son cou.

— Eh bien, on dirait qu’il y a quelque chose qui te fait peur un peu plus loin, non ? chuchota Cici en caressant doucement le doux plumage de la petite mésange, un peu pour se rassurer elle-même... Allons voir !

Elle se mit en route le plus silencieusement possible et s’approcha de la paroi rocheuse qui masquait la vue. Juste dans le tournant, le ruisseau sortait d’un trou au pied de la paroi : impossible de continuer à en remonter plus loin le cours ! Passé le virage, la faille s’élargissait et, plus loin, les parois étaient toujours aussi abruptes et infranchissables mais formaient en plus un surplomb au dessus d’une vaste dépression au sol noirâtre. au delà de laquelle les parois rocheuses se rejoignaient. Le sol était maintenant sablonneux et descendait vers la dépression qui ressemblait à un grand cirque clos faiblement éclairé par un puits de lumière au dessus. Le silence était impressionnant et il n’y avait pas un souffle de vent. À quelques mètres du bord de la dépression remplie de poussière noire, poussaient des sortes de buissons grisâtres, aux larges feuilles dentelées, de la taille d’un homme.

Cici s’avança doucement vers le dépression, tous les sens aux aguets, envahie d’une peur sournoise. Dieu que cet endroit était sinistre et lugubre ! Elle frissonna mais continua à avancer. Rassurée par la présence de Sylvette, Mimi se hasarda à voler, mais sans s’éloigner de la jeune fille. Comme rien ne se passait, Mimi s’éleva et vola au dessus de la zone noire. Arrivée vers le milieu, elle s’éleva brusquement. Étonnée, Cici compris, en voyant l’air trembler au dessus de la poussière, que celle-ci retenait la chaleur et créait un violent courant d’air chaud ascendant.
Mimi battait frénétiquement des ailes pour s’éloigner de cette colonne d’air chaud et redescendre. Enfin, elle arriva à s’éloigner et vola doucement vers Sylvette, frôlant les buissons. Cici se souvint tout à coup ce qu’étaient ces buissons qui lui semblaient vaguement familiers et cria :

— Mimi, éloigne-toi des buissons, vite, vite !

Trop tard ! Une feuille dentelée se plia soudain en deux, enfermant la pauvre petite mésange dans une sorte de cage dont les barreaux étaient les longues et fines dents du bord de la feuille. C’est des dionées ! Des gigantesques dionées ! Cici avait vu de ces plantes carnivores normales, petites, dans une jardinerie, mais elle n’avait pas tout de suite reconnu celles-ci à cause de leur taille énorme et leur malsaine couleur grisâtre ! Affolée, elle se précipita au secours de Mimi.
Arrivée tout près, elle dû reculer à cause des feuilles menaçantes, plus grandes que des feuilles de rhubarbe !

— Mon Dieu, comment faire ? se demanda-t-elle affolée. Tiens bon Mimi, je vais te délivrer !

Mimi se débattait comme un diable dans un bénitier, donnant des coups de bec pour essayer de trouer la feuille, mais celle-ci était trop épaisse et trop dure. La feuille continuait à se refermer lentement, inexorablement. Sylvette sortit son canif, déplia la lame. Elle se baissa et ramassa des cailloux. Puis s’approchant le plus près possible, lança les pierres l’une après l’autre au milieu de feuilles.

— Tiens, mange ça, espèce de méchante salade dégénérée !

Le stratagème était bon, les feuilles se refermèrent sur les cailloux. Cici pu enfin s’approcher suffisamment près pour attraper à pleine main la tige de la feuille où Mimi se débattait de plus en plus faiblement. Comme la tige était dure ! Sylvette, de toutes ses forces, sciait, coupait, tirait, faisait tout son possible et même plus pour détacher la feuille de la tige. Enfin, la tige céda.

— Un peu de patience, Mimi, ça y est presque !

Sylvette recula et posa la feuille par terre et essaya de l’ouvrir. En vain ! Elle tenta de casser puis de couper les barreaux de la prison de Mimi sans plus de résultat. Alors elle enfonça la pointe de son canif dans la feuille, tout près de la charnière et parvint à découper la feuille et enfin créer une ouverture d’où elle sortit une Mimi toute faible et tremblante.

— Ma pauvre petite Mimi, remets-toi, c’est fini ! lui murmura doucement Sylvette en caressant tendrement l’oisillon. Viens, je vais te donner à boire et un peu de biscuit, ça te remettra d’aplomb !

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 28 Sep - 0:34

tu entends quoi par un fichier au format PDF j avoue que j y connais rien Embarassed , euh mes talents de dessin je suis pas une pro non plus mais oui pourquoi pas je veux bien essayer bisous

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 28 Sep - 9:30

Bonjour Nad ! Ne t’inquiète pas pour les fichiers PDF : ce sont des fichiers qui ont une icône à peu près comme ça :

et dont l’avantage est qu’ils respectent la mise en page texte et images. Pour les lire, on peut télécharcher facilement et gratuitement le programme “acrobat reader” de Adobe. On peut créer des fichiers à ce format avec Open Office (gratuit), Excel, Word, mais je m’en occuperais si nous décidons de faire un document illustré facile à envoyer !
Bon, une petite suite...
————————
14 - Plantes et poussière noire
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Après s’être gavée de miettes de biscuits et avoir bu un peu d’eau ordinaire, Mimi retrouva sa vivacité, mais Sylvette la mit d’autorité dans sa poche poitrine.

— Pas d’histoire ! Reste tranquille et repose-toi un moment ! lui intima-t-elle fermement. Pas question d’aller te faire prendre dans une autre de ces saletés de feuilles ! Et si tu bouges, je boutonne la poche !

La mésange semblait avoir compris et ne bougea plus.

— On ne peut pas laisser ces plantes, elles sont trop dangereuses ! Il faut les détruire, ajouta Cici. Mais comment faire ? On ne peut pas les approcher sans risquer de se faire croquer ! Je ne peux pas les arracher, elles sont trop grandes... Mettre du désherbant, je n’en ai pas et ça pollue... Les brûler... Mais oui, c’est peut-être la solution !

Elle sortit son briquet et essaya d’enflammer les restes de la feuille qui avait emprisonné Mimi. Un flamme timide tenta de se développer sur la feuille puis s’éteignit.

— Flûte, il faudrait que les plantes soient plus sèches !

Elle essaya de nouveau, mais en approchant la flamme de son briquet des dents du bord de la feuille. L’extrémité commença à brûler. Vite, elle s’approcha le plus possible de la dionée qui tentait encore de digérer les cailloux qu’elle avait lancé. En inclinant la feuille enflammée, toutes les dents s’embrasèrent et elle posa d’un geste vif le brûlot au pied de la plante carnivore et se recula prestement.
Cici, anxieuse, vit les flammes vaciller, presque s’éteindre avant qu’elles ne trouvent des lambeaux de tiges desséchés pour se nourrir et reprendre vigueur. Et brusquement la plante s’embrasa d’un coup, les flammes léchèrent les plantes voisines et finalement toutes les dionées furent prises dans un brasier dont la chaleur fit reculer Sylvette.
Dans la fumée noire qui se dégageait, Cici crut reconnaître la silhouette de Vortex. Heureusement la fumée fut très vite dispersée et l’ombre de Vortex avec elle. Bientôt il ne resta plus des plantes que des cendres fumantes qu’elle contourna pour enfin s’approcher de la poussière noire.

D’un doigt prudent, Sylvette toucha la poussière. Elle était chaude et légèrement collante. Cici essuya le bout de son doigt sur un caillou, mais il restait une tache noirâtre qu’elle n’arrivait pas à enlevé et qui lui chauffait la peau.

— Qu’est-ca que c’est que cette saleté ? se demanda-t-elle angoissée.

Elle versa un peu d’eau pour tenter d’ôter la tache, mais en vain. Alors elle prit son autre gourde et là, miracle, l’eau de la cascade fit disparaître la tache comme par miracle. Cici versa de l’eau de la cascade directement sur la poussière, pour voir ce que cela faisait, et se recula vivement.
Dès que l’eau entra en contact avec la poussière, une effervescence se produisit, dégageant une vapeur blanche qui s’éleva rapidement. Puis tout s’arrêta progressivement. Cici se pencha pour mieux voir l’endroit où l’eau était tombée et eu un cri de surprise : la poussière était redevenue du sable blond ordinaire !

Le ciel s’assombrit soudain, caché par un nuage. Cici leva la tête, étonnée. Le nuage descendait et commençait à l’envelopper, comme une nappe de brume. Elle eu la présence d’esprit de porter le sifflet que lui avait donné Séraphine à la bouche et souffla.

— Que fais-tu ici ? demanda la voix de Séraphine. Je te retrouve toujours dans les endroits dangereux ou des situations impossibles !

— Bonjour Séraphine, où es-tu ? je ne te vois pas ! Où te caches-tu ? Pourquoi es-tu venue ?

— Je suis au dessus de toi, sur le nuage. Quand j’ai vu un tout petit bout de nuage s’élever au dessus de cet endroit, j’ai accourus aussitôt ! Heureusement, ce n’était pas un début de nuage noir ! Maintenant, dis-moi ce que tu fais ici ! C’est toi qui a fait ça ?

— Eh bien je suis venue par curiosité, c’est tout, répondit Cici d’un ton penaud et elle raconta ce qui c’était passé.

Puis, toute excitée, elle ajouta :

— Tu as vu ce qu’il reste de la poussière noire quand l’eau de la cascade la touche ? Du sable ordinaire, que l’on peut toucher ! Et le nuage qui se forme est blanc ! Oh, on devrait pouvoir faire disparaître toute le poussière noire en la mouillant avec l’eau de la cascade, tu ne crois pas ? Comme ça, plus de nuages noirs !

— Ne rêve pas Cici, as-tu vu la quantité de poussière qu’il y a ? Même si tu prenais des seaux, tu en aurais pour des siècles à tout mouiller ! Et moi, je ne peux rien faire de mon nuage !

Cici poussa un cri de surprise et montra le sol du doigt :

— Oh, regarde Séraphine ! C’est affreux ! Les plantes carnivores sont en train de repousser ! C’est sûrement à cause de cette fichue poussière noire, elle est comme un réservoir de méchanceté !

En effet, des pousses verdâtres commençaient déjà à pointer dans les cendres encore tièdes. C’était inimaginable !

— Séraphine, il faut m’aider ! J’ai une super idée, mais il faut faire vite, très vite ! Ramène-moi vite chez moi, j’ai du matériel à prendre ! trépigna Sylvette. Et ensuite, il faudrait que tu me reconduises ici : à pied, ça prendrait trop de temps !

— Ce n’est pas l’habitude des nuages de faire le taxi pour des humains ! répondit Séraphine. Enfin toi, ce n’est pas pareil et si c’est pour la bonne cause... J’espère seulement que ton idée est bonne ! Prends une petite gorgée d’eau et donne une goutte à ta mésange. Pas trop, juste le temps de monter et de redescendre !

Cici obéit aussitôt et se retrouva sans trop savoir comment aux côtés de Séraphine dont elle entrevit une ombre de sourire transparent sous ses yeux bleu ciel en amande. Elle n’eu pas le temps de lui parler que déjà elle était prise dans le maintenant habituel tourbillon de couleurs qui la ramena chez elle, toute étourdie...

————————
à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 28 Sep - 13:27

Coucou, non je m inquete pas c est juste que je connaissais pas Wink , et tu veux qu on fasse comment pour l illustration, une par paragraphe? autre? Gros bisous

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 28 Sep - 14:29

C'est comme ça t'inspire, Nad ! Le principal, c'est de ne pas te sentir forcée de trouver une idée, surtout qu'il y a des paragraphes où il ne se passe pas grand-chose Smile !
Quand ce sera fini, je mettrai en page !

Il y a, par exemple, des photos de cascades sur internet (pour trouver l'inspiration) :
http://dominique.hoffmann.free.fr/photos/savoie/cascade_seythenex_face.jpg

Bon courage ! Je suis certain que tu vas nous faire des dessins magnifiques !
Bisous !!
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NAD
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Dim 30 Sep - 1:43

ok je vais voir alors...,mais dis moi, comment tu vois ton heroine brune blonde, cheveux court...? Merci pour le courage Wink euh de beaux dessins ben je vais essayer on verra bien... gros bisous

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Dim 30 Sep - 16:14

C'est toi l'artiste, Nad ! C'est comme tu te l'imagines ! Il me semble que par les épisodes que j'ai d'avance, Cici a les cheveux mi-longs châtain clair. Les yeux sont bleus !

Tu fais à ton rythme, comme tu les sens ! Bisous !!
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NAD
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Dim 30 Sep - 22:50

non non je suis pas une artiste!! et pis c est TON histoire, la j y travaille un peu, je promets rien je vais essayer Wink gros bisous

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Lun 1 Oct - 9:02

Aller, Nad, tu sais bien que tes dessins sont vraiment supers ! Bisous !!

—————————
15 - Préparatifs
————————

Vite, Cici repris ses esprits. Mimi voletait autour d’elle, gagnée par l’excitation des préparatifs. Cici se précipita dans la remise et trouva les outils qu’elle cherchait. Puis elle prit une grosse corde qu’elle mit dans son sac à dos, et comme Mimi pépiait devant l’armoire de la cuisine, Sylvette ajouta un paquet de biscuits dans son paquetage, avec un soupir amusé.

Vite, elle sortit de la maison, mit la mésange dans sa poche et souffla dans le sifflet de cristal. Elle allait prendre une petite gorgée d’eau de la cascade quand, surprise, elle se rendit compte qu’elle montait déjà dans le nuage, emmenée par le lent tourbillon de couleurs irisées.

— Ça alors ! fit-elle étonnée.

— Oui Cici, fit Séraphine toute proche d’elle, bientôt tu pourras venir quand tu voudras, sans eau ni aide de ma part. Je te l’ai déjà dit, tu n’es pas comme les autres... Mais nous en reparlerons plus tard, le temps presse ! Alors, ton idée ?

— Vite, je dois redescendre près de la poussière noire ! Un long travail m’attends !

En un instant, Séraphine l’avait déposée avec ses outils et Mimi à quelque pas des dionées. Celles-ci avaient eu le temps de pousser encore plus, atteignant presque un mètre de haut ! Elles n’étaient pas encore redevenues dangereuses, mais peu s’en fallait ! Cette fois-ci, Cici était équipée. Elle arrosa les plantes diaboliques avec de l’alcool à brûler et lança précautionneusement, de loin, une brindille enflammée.
Le brandon n’avait pas atteint le sol que l’alcool et les plantes s’embrasèrent avec un grand “Wouff”, pendant que Cici était encore en train de reculer.

— Nous voilà tranquilles pour un moment ! dit-elle à Mimi qui n’osait plus s’approcher de ces maudits végétaux qui avaient failli la croquer.

Cici prit une petite bêche qu’elle avait apportée et se mit à creuser un trou peu profond, tout en longueur, en s’éloignant de plus en plus de la cuvette de poussière. Elle avait chaud et transpirait à grosses gouttes, mais courageusement elle continuait son travail harassant. En relevant la tête, elle vit que le feu autour des dionées était sur le point de s’éteindre...

Vite, elle posa la bêche, fouilla dans son sac à dos et se précipita vers le feu pour jeter dedans un petit bloc blanc, qui ne tarda pas à s’enflammer. C’était un bloc d’alcool solidifié, utilisé habituellement pour allumer les barbecues : elle savait que cela aurait été trop dangereux d’essayer de jeter de l’alcool à brûler sur le feu ! Le feu reprit de plus belle, et Sylvette se remit au travail, sans même prendre le temps de faire une pause, pendant que Mimi, pour une fois prudente, explorait les environs sans oser trop s’éloigner de la jeune fille.

Le soleil commençait à décliner, et l’ombre remplissait peu à peu le fond de la cuvette pendant que le sommet de la muraille périphérique restait éclairée. Le trou que creusait Sylvette était tout proche de la faille.

— J’ai compris ! Fit la voix de Séraphine derrière Cici.

Cici se retourna et vit un petit nuage blanc de rien du tout, grand comme elle, qui entourait Séraphine dont elle ne voyait que les yeux.

— Ah, tu es là ? Tu peux donc quitter ton nuage ?

— Non, mais je t’expliquerai plus tard. Alors c’est ça, ton idée ? Creuser une rigole pour détourner et canaliser le ruisseau de la cascade vers la poussière noire pour la transformer en sable ordinaire ?

— Oui, c’est ça ! admit Sylvette. Je n’arriverai pas à détourner tout le ruisseau, et de toute façon il faut qu’il continue à alimenter la cascade, non ?

— Tu as bien raison ! Toute une faune et une flore dépendent de l’eau du ruisseau !

La rigole creusée par Cici n’était plus qu’à un mètre du trou de la paroi d’où sortait le ruisseau. Mais arrivé là, Cici poussa un cri de désespoir : le sol était rocheux, impossible de continuer à creuser ! Elle s’assit, se prenant la tête dans les mains.

— Quel malheur ! Impossible de continuer ! Tout ce travail pour rien ! se lamenta-t-elle, les larmes aux yeux de désespoir et de fatigue.

Séraphine essaya de la réconforter, en vain. Elle même savait qu’elle ne pouvait être d’aucune utilité pour les travaux. Près de la poussière noire, le feu s’était éteint...

C’est alors que la petite mésange bleue se posa près de Sylvette. Elle avait quelque chose dans le bec, mais Cici n’y prêta pas attention, toute entière prise par son découragement. Mimi posa ce qu’elle portait sur le genou de Sylvette et manifesta bruyamment sa désapprobation sous le nez de la jeune fille qui redressa la tête. La mésange picota du bec le genou de Sylvette, tout près de la boulette qu’elle y avait déposé.

— Qu’est-ce qu’il y a Mimi ? demanda-t-elle ? Qu’est-ce que c’est que ça ?

Cici prit la boulette entre ses doigts.

— Mimi, tu es géniale ! Où as-tu trouvé cette argile ? Vite, montre moi ! Je vais faire un barrage avec des pierres et je pourrais le rendre étanche avec l’argile ! Vite, au travail !

Sylvette se leva d’un bond et suivit la mésange. Au pied de la muraille, un peu plus loin, une poche d’argile s’était formée sous une fissure. Elle commença à en transporter jusqu’au ruisseau et commença à dresser son barrage. Le travail fut vite fait, l’endroit étant jonché de pierres. Même Mimi aidait en apportant des petites boulettes d’argile.
Il ne restait plus qu’un coup de bêche à donner sur le bord du ruisseau pour détourner une bonne partie de son cours vers la poussière noire. Sylvette leva la bêche bien haut. Au moment où elle allait l’abattre sur le sol, Séraphine cria de sa voix cristalline :

— Non Cici, attends !

Trop tard ! Cici ne put arrêter son geste et l’eau s’engouffra dans la rigole, dévalant vers la poussière noire.

————————
à suivre...
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