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 Au dessus des nuages (petite histoire terminée)

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sink
Fidele
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 2 Oct - 9:18

16 - Séraphine en danger
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— Oh, je n’ai pas pu arrêter mon geste ! Qu’y a-t-il, Séraphine ? demanda Cici d’une voix anxieuse.

L’eau du ruisseau atteignit l’emplacement encore brûlant du feu. Un nuage de vapeur se dégagea en sifflant. Les dionées avaient, contre toute attente, recommencé à pousser ! Déjà des pousses d’un vert malsain, hautes comme la main, s’étaient formées, mais prises dans le nuage de vapeur elles se ramollirent, se flétrirent et curieusement tombèrent en poussière, une poussière blonde comme du sable...

— Ça va être l’enfer dans une minute ! cria Séraphine. Vite, il faut que tu viennes dans mon nuage avec Mimi ! J’aurais dû te le dire avant, quelle étourdie je suis !

Trop tard ! L’eau du ruisseau était au bord de la poussière noire et coula dessus. Un sifflement aigu, presque insoutenable, se produisit et dans un bouillonnement infernal un énorme nuage de vapeur se forma, envahissant tout l’espace et montant à l’assaut des falaises. Cici, perdue dans cette vapeur tourbillonnante, ne voyait plus rien et ne savait plus où elle était.
Elle buta sur quelque chose et faillit tomber : c’était son sac à dos. Elle le saisit et voulut l’ouvrir pour prendre la gourde d’eau qu’elle avait puisée dans la cascade, mais ses doigts s’escrimaient en vain tellement elle était fébrile. Tout en essayant de trouver la tirette de la fermeture, elle sentit qu’elle avait mis son pied dans l’eau ! Prise d’une subite inspiration, elle attrapa Mimi posée sur son épaule et se plongea dans l’eau avec la petite mésange, sans lâcher son sac à dos.

Instantanément, elle se retrouva sur le nuage, sans même ressentir le lent tourbillon coloré qui habituellement l’y conduit. Elle était seule avec Mimi ; celle-ci était toute étourdie par son plongeon involontaire et secouait ses plumes pour se sécher. Pas de trace de Séraphine ! Le nuage était très agité par l’énorme masse de vapeur dégagée par la poussière noire au contact de l’eau du ruisseau. Si agité que Cici perdit l’équilibre et se retrouva assise. La surface du nuage remuait comme une couverture que l’on secoue. Les formes arrondies changeaient sans cesse, dans un étrange balai de couleurs irisées.

Cici porta le sifflet de Séraphine à ses lèvres et siffla aussi fort qu’elle put. Rien ! Séraphine ne venait toujours pas.

— Mon Dieu, que vais-je devenir ? se demanda Sylvette. Que faire ? Et Séraphine qui ne vient pas ! Est-ce qu’elle est restée en bas ?

Impossible de se tenir debout ! Cici enfila son sac à dos et à quatre pattes, Mimi perchée sur son épaule, elle se dirigea tant bien que mal vers le bord du nuage. Elle escaladait des monticules qui se transformaient en toboggan l’instant d’après, la faisant avancer ou reculer d’un coup. Enfin, épuisée, elle parvint au bord. Elle s’allongea et tendit le cou pour tenter de voir ce qui se passait en dessous.
Des volutes de vapeur sifflante montaient vers elle, venant grossir le nuage. Et soudain elle aperçut Séraphine et le sang se retira de son visage...

— Oh non ! gémit Sylvette. Il faut vite que je l’aide ! Mais comment faire ?

Séraphine était aux mains de Vortex et se débattait pour échapper à son étreinte.

— Comment est-il réapparu, ce monstre ? se demanda Cici.

Déjà Mimi, comme un aigle miniature, plongeait pour attaquer l’horrible tourbillon, sans tenir compte de Sylvette qui lui criait de ne pas s’en approcher.

— Tiens bon Séraphine ! encouragea Cici, j’arrive !

Sans même prendre le temps d’avoir peur, Cici commença à descendre, prenant appui comme elle pouvait sur le nuage mouvant. Dominant les sifflements de la vapeur, elle entendit le ricanement sordide de Vortex. Elle vit que la courageuse petite mésange était passée au travers du monstre et semblait toute étourdie. Hélas, Vortex n’avait pas pour autant lâché prise, et Séraphine était toujours prisonnière et cria à Cici :

— Sauve-toi ! Ne t’approche pas, il est plus fort que jamais, gavé de poussière noire !

Puis, s’adressant à Vortex :

— Jamais tu n’auras mon nuage ! Mes grêlons ne céderont à aucun chantage !

Cici continua à descendre sans tenir compte des avertissements de Séraphine et, entourée de volutes ascendantes de vapeur, fini par arriver au point le plus bas du nuage. Elle ne pouvait pas avancer plus sans tomber, et le nuage était haut ! En zigzaguant un peu, Mimi vint la rejoindre et se posa sur son épaule.

— Je dois l’asperger d’eau de la cascade, c’est le seul moyen, dit-elle. Mais il est trop loin, et je n’ai que ma petite gourde ! Mon Dieu, comment faire ? se lamenta-t-elle.

Elle ouvrit son sac et, en fouillant pour trouver la gourde, elle sentit sous ses doigts la corde qu’elle avait amenée et qui ne lui avait pas servi.

— Ah là, là ! Dire que je ne peux accrocher cette corde nulle part ! Mimi, as-tu une idée ?

Bien sûr, la mésange ne répondit pas, mais Cici eut une idée. Elle se déplaça pour s’approcher le plus possible de la verticale de l’endroit ou Vortex ricanait encore. Elle sortit la corde et la gourde qu’elle ouvrit et introduisit l’extrémité de la corde dans le goulot afin de la mouiller. Elle reboucha sa gourde, la rangea dans son sac et déroula la corde en maintenant fermement l’extrémité sèche.

La corde était assez longue pour atteindre le monstre, et Cici la fit balancer pour le frapper avec. Dès que la corde mouillée le toucha, Vortex poussa un cri de rage et de douleur et voulu se déplacer. Mais s’était sans compter sur Séraphine qui, bien que prisonnière, l’empêcha de bouger.

Mimi quitta l’épaule de Sylvette et disparu en piqué dans la vapeur qui montait du sol.

— Reviens Mimi ! C’est trop dangereux pour toi ! cria Sylvette qui avait perdu la mésange de vue.

C’est alors que Sylvette aperçu Mimi qui piquait sur Vortex. Au dernier moment, juste avant de le toucher, Mimi l’évita en remontant. Le monstre poussa un cri de douleur !

— J’ai compris, se dit Sylvette, Mimi joue au Canadair et bombarde Vortex avec de l’eau du ruisseau !

Profitant de la diversion, Cici le frappa de nouveau avec la corde imbibée d’eau de la cascade. Malgré les efforts de Sylvette et de Mimi, l’horrible tourbillon tenait toujours Séraphine prisonnière et essayait de l’entraîner vers quelque cachette connue de lui seul...

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sink
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 3 Oct - 9:14

17 - Au secours de Séraphine
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Germain se frotta les mains sur ses vêtements de travail et releva la tête de son carré de carottes qu’il venait de désherber.

— Drôle de temps ! marmonna-t-il en contemplant le gros nuage agité mais immobile au dessus de la montagne.

En plissant les yeux, il put voir de la brume descendre lentement du sommet de la montagne, comme de la crème Chantilly débordant d’une jatte.

— Oh oh ! Une belle purée de pois s’annonce ! Je ferais mieux de ne pas trop traîner si je ne veux pas rentrer à tâtons !

Pendant ce temps là, Cici gémissait :

— Il faut absolument que je descende du nuage ! D’ici, je n’arrive à rien ! Mais comment faire ? Je n’ai pas le temps d’attendre que les effets de l’eau du ruisseau cessent, il sera trop tard pour Séraphine !

En bas, dans les sifflements et le bouillonnement de la vapeur qui s’élevait, Séraphine se débattait toujours pour essayer d’échapper à Vortex. Celui-ci, bien qu’affaibli par les éclaboussures d’eau de la cascade infligées par Sylvette et Mimi, parvenait à entraîner doucement sa prisonnière vers la falaise.

— Séraphine, comment descendre ? cria Cici d’une voix désespérée.

— ... dans...nuage... répondit Séraphine d’une voix lointaine.

Ce fut les seuls mots que Cici comprit, les autres étaient couverts par le bruit de la poussière noire en train de se dissoudre. Vite, elle remonta sa corde et la fourra dans son sac à dos. Puis elle se tourna vers le nuage, toujours aussi malmené par les volutes de vapeur, et essaya d’avancer pour entrer dedans.
C’était comme si un épais brouillard s’était levé : elle ne voyait pas à plus d’un mètre ! Tout ce qui l’entourait était impalpable, comme si elle avait les yeux bandés et était debout au milieu d’une grande place, sans le moindre repère sur lequel ses mains auraient pu se guider. Elle n’arrivait pas à comprendre comment elle pouvait marcher sans s’enfoncer alors qu’elle pouvait avancer sans rencontrer aucune résistance.
Assourdi par l’épaisseur ouatée et laiteuse du nuage, le vacarme de l’extérieur lui parvenait à peine. Elle avait peur de tourner en rond quand elle se retrouva, après avoir fait un pas, dans un couloir. En fait, le couloir n’était que visuel : une sorte de veine où Cici pouvait voir clairement, mais dont les parois étaient toujours aussi immatérielles.
Précédée par Mimi partie en éclaireur, Sylvette suivi le couloir en courant tellement elle avait peur de ne pas parvenir à temps pour sortir Séraphine des griffes de l’horrible monstre. Elle déboula dans une vaste pièce lumineuse, dont les murs d’un blanc bleuté et changeant ondulaient doucement, certainement sous l’effet de la tempête de vapeur venue du sol.
Au milieu de la pièce, elle vit avec soulagement un lent tourbillon mêlant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dans des tons pastel.

— Viens vite Mimi ! cria-t-elle, vite !

La mésange n’avait pas eu le temps de se poser sur son épaule que déjà Cici l’attrapa et la mit dans sa poche, et, sans hésiter, elle sauta à pieds joints en plein centre du tourbillon lumineux. Elle eut juste le temps de se dire qu’elle s’habituait de plus en plus à monter et à descendre du nuage que déjà elle touchait le sol.

Là, comme l’avait dit Séraphine, c’était l’enfer ! Des brusques rafales de vent créées par le courant ascendant de vapeur soufflaient dans toutes les directions, rabattant des nappes de vapeur sur elle. Étourdie par le bruit et aveuglée par le déchaînement de la vapeur qui sortait en sifflant et à gros bouillon de la cuvette de poussière noire, Cici eut du mal à se repérer et trébucha, mais elle parvint in extremis à retrouver l’équilibre, un pied dans l’eau !

Elle se trouvait à mi-chemin entre la poussière noire et le début du ruisseau ; elle s’était prise le pied dans la rigole qu’elle avait creusée. Soudain, entre deux volutes de vapeur qui s’entrecroisaient violemment, elle aperçut Séraphine et Vortex, presque au pied de la falaise. Le monstre entraînait sa victime vers une fissure dans la roche, et Sylvette compris qu’eux pourraient y entrer, mais pas elle : la fissure était bien trop étroite ! Cici était, elle, une jeune fille normale, pas comme eux qui étaient de la même nature que les nuages !

— Mon Dieu ! Que faire ? se dit Cici. S’ils entrent dans la fissure, je ne pourrais plus rien faire, ils seront hors de portée ! Ah là, là ! C’est le pulvérisateur de Monsieur Germain que j’aurais dû prendre pour venir à bout du tourbillon noir ! Et je n’ai que ma petite gourde, rien d’autre pour transporter l’eau du ruisseau et dissoudre ce maudit Vortex !

Tout en se creusant la tête pour trouver une solution, elle sortit son pied de la rigole et le posa sur le sol. De l’eau gicla de son soulier imbibé.

— Mais oui, c’est ça ! cria-t-elle. Mimi, sort de ma poche !

Alors que Mimi passait prudemment sa tête ébouriffée hors de la poche, Sylvette la saisi et la posa sur sa tête. Prestement, elle se débarrassa de son sac à dos en le posant par terre et ôta sa veste de toile, qu’elle jeta dans l’eau en la pressant frénétiquement comme une serpillière. Puis elle s’enfonça dans la tourmente et courut vers Séraphine de toute la force de ses jambes...

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sink
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Jeu 4 Oct - 9:27

18 - Face à Vortex
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Sylvette courrait le long de la rigole qui canalisait l’eau vers la poussière noire quand tout à coup elle trébucha sur une inégalité du sol et tomba dans l’eau. Elle se remit vivement debout et, complètement trempée, elle repartit de plus belle, s’écartant de la tranchée qu’elle avait creusée pour piquer droit vers Séraphine et son agresseur.
À un mètre de la fissure, Séraphine luttait pour ne pas se laisser entraîner quand Cici arriva. Elle s’arrêta net, levant sa veste gorgée d’eau d’un geste menaçant. Le monstre, qui avait vu Cici tremper sa veste dans l’eau lui cria :

— N’approche pas, microbe ! Un pas de plus et je l’étrangle ! Et le nuage sera à moi, tous les grêlons finiront bien par m’obéir, et je pourrai conquérir d’autres nuages !

Sylvette n’avait qu’un pas à faire pour le toucher, mais elle n’osa pas avancer.

— Sauve-toi Cici ! lui ordonna Séraphine.

Personne ne bougeait plus, tous étaient figés dans l’attente de la réaction de l’autre. Vortex tenait fermement Séraphine par le cou avec son bras de filaments noirâtres, affermissant sa prise. S’il n’y avait eu le vacarme produit par la vapeur, on aurait pu entendre voler un moucheron ! Même Mimi était immobile, ne bougeant pas d’une plume !

Soudain, tout se déclencha. Cici fit jaillir de sa bouche un long jet d’eau qui atteignit le bras et le visage de Vortex qui, par réflexe sous l’action de la douleur, lâcha Séraphine. Celle-ci s’écarta rapidement, arracha la veste trempée des mains de Cici et se mit à frapper à grand coup sur le tourbillon noir, lui arrachant des volutes de fumée.
Mimi recommença à harceler Vortex en larguant dessus de l’eau qu’elle allait puiser dans le ruisseau sans même cesser de voler !
Cici, se sentant protégée par ses vêtements mouillés, passa derrière Vortex qui se recroquevillait de plus en plus sous l’effet des coup portés par Séraphine et lui barra le passage vers la crevasse dans la falaise par où il aurait pu s’enfuir. Elle le ceintura pour essayer de l’immobiliser. Mais au contact de l’eau dont était imprégnés ses vêtements et ses cheveux, il fondit dans un sifflement aigu de vapeur jusqu’à devenir de la taille d’un petit paquet de coton filandreux et grisâtre qui s’étira et réussit à se faufiler dans la crevasse, contournant Sylvette qui ne pouvant plus s’en saisir. Séraphine parvint à lui assener un dernier coup avec la veste de Cici avant qu’il ne disparaisse dans la faille comme une bouffée de poussière aspirée par le vent.

— Cici, tu as été formidable ! Comment te remercier ? Et comment as-tu fait ? Vite, ne restons pas ici : il reste encore beaucoup de poussière noire à neutraliser et ça va encore être dangereux ici pendant un bon moment !

Séraphine prit Sylvette par la main ; toujours ce contact frais et impalpable, comme la force venant d’un aimant, sans aucun frottement. Elles remontèrent le plus vite possible vers la source, fouettées par les volutes de vapeurs qui fusaient dans tous les sens. Au passage, Cici rafla son sac à dos. Mimi, épuisée de lutter contre le vent, se posa comme à l’accoutumée sur son épaule.
Arrivés à la source, Séraphine entraîna Sylvette dans son nuage, au dessus de la montagne. Le lent tourbillon de couleurs pastel les enveloppa dans un doux silence et elles se retrouvèrent sur le dessus du nuage encore bien secoué. Là, le bruit produit par la vapeur redevenait audible.

— Il faut que je déplace le nuage, dit Séraphine, il y a trop de vapeur qui monte. Assieds-toi et ne bouge plus !

Cici aurait été bien incapable de rester debout ! Sans qu’elle ne sente le moindre déplacement, la surface du nuage s’apaisait : les furieuses ondulations qui secouaient le nuage comme des coups de poing donnés sous une couette s’aplatissaient comme par magie et enfin, après un ultime mouvement sur le bord du nuage, la douceur nacrée de la surface redevint immobile : le nuage n’était plus à la verticale de la cuvette de poussière noire.

— Maintenant, demanda Séraphine, comment as-tu fait pour l’attaquer ?

— Comme il me regardait, j’ai fait semblant de tomber dans la rigole pour mouiller mes vêtements et remplir ma bouche d’eau ! C’était mon arme secrète ! Heureusement que le soleil chauffe au dessus des nuages et sèche mes vêtements parce que je commence à avoir froid !

Puis Cici raconta comment elle avait fait pour descendre du nuage.

— Cici, tu n’est pas comme les autres, un peu de l’esprit des nuages vit en toi, c’est pour ça que tu as réussi à marcher dans le nuage sans tomber et trouver un “ascenseur”, lui expliqua Séraphine. Tu n’as plus besoin d’eau de la cascade pour monter ou descendre, ni même “d’ascenseur”, il y a beaucoup plus simple ! Il suffit de vouloir intensément monter ou descendre d’un nuage et se représenter dans sa tête l’endroit où tu désire aller : soit le sol, soit le dessus d’un nuage !

Germain leva les yeux. Il vit un gros nuage qui s’arrachait de la montagne, pendant qu’une nappe de brouillard descendait lentement le long de la pente, estompant le paysage dans des volutes ouatées. Il se dépêcha de ranger ses outils dans sa cabane pour rentrer chez lui, mais il n’avait pas parcouru la moitié du chemin que la brume l’enveloppa.

— Quelle purée de pois ! Le brouillard est tombé plus vite que je ne le pensais ! se dit Germain qui voyait à peine le sentier qui le ramenait chez lui. Heureusement que je connais bien le chemin !

En effet, le brouillard coulait le long du versant de la montage et avait fini par rejoindre Germain plus vite qu’il ne le pensait. Il ne vit pas le nuage s’arrêter au dessus des premières maisons...

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sink
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 5 Oct - 9:23

19 - À la recherche de Séraphine
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Germain eu un mouvement de recul : il avait failli se cogner à Cici.

— Et bien, Sylvette, avec ce brouillard je ne t’avais ni vue ni entendue !

— C’est vrai qu’on y voit goutte ! répondit Cici en rosissant, c’est tout juste si j’arrive à reconnaître mon chemin ! Au revoir, Monsieur Germain, faites attention, on n’y voit pas à un mètre !

Sylvette avait eu peur : elle était en train de redescendre du nuage presque sous les yeux de Monsieur Germain ! Qu’aurait-elle expliquer s’il l’avait vue ? Rien que d’y penser, elle eut un frisson. Elle se dépêcha de rentrer chez elle, après avoir dit au revoir à Mimi qui préférait rester à la lisière de la forêt.

La nuit, blottie sous ses couverture, elle repensa à la beauté du nuage quand on est dessus et à l’incroyable couloir qu’elle avait parcouru dans le nuage.

— Comment se fait-il que j’ai un peu de l’esprit des nuages en moi ? se demanda-t-elle.

Séraphine ne lui en avait pas dit plus. Elle sentait qu’il fallait qu’elle sache pourquoi elle n’était pas une jeune fille comme les autres. Elle s’endormit sans s’en rendre compte, rêvant à des doux nuages nacrés menacés par une vapeur noire comme le monstre qui s’était évanoui dans la crevasse de la falaise.

Le lendemain, dès qu’elle se réveilla elle ouvrit la fenêtre : pas un nuage dans le soleil à peine sorti de l’horizon ! Cici était contrariée : comment rejoindre Séraphine si aucun nuage ne flotte dans le ciel d’azur ? Elle aurait préféré la pluie, avec les gouttes qui sautent joyeusement des nuages pour abreuver la nature !
Elle se prépara, mit des vêtements propres et vérifia son sac à dos. À peine ouvrait-elle la porte sur la fraîcheur du matin étincelante de gouttes de rosée que déjà Mimi se percha sur son épaule, lui bécotant la joue.

— Bonjour ma grande ! lui dit Cici en posant délicatement ses lèvres sur la tête de la petite mésange bleue. Nous devons rejoindre Séraphine ! Je ne sais pas comment, mais allons-y ! Ce n’est pas en restant sur place que nous progresserons !

Elle se dirigea vers la cascade, à travers la forêt qui embaumait l’air des suaves parfums des plantes et des fleurs qui s’étiraient les feuilles et les pétales en se réveillant sous la caresse oblique des rayons du soleil levant. De temps en temps, une goutte de rosée glissait de la feuille d’arbre où elle était posée et venait se perdre dans les cheveux de Cici.

Arrivée à la cascade, Sylvette fit une pose et Mimi se percha sur son épaule, dans l’espoir de recevoir des miettes de biscuit. La gourmande ne fut pas déçue : Cici s’assit sur un rocher pour grignoter un biscuit et la mésange, toute contente, en eut sa part.
La cascade coulait beaucoup plus faiblement qu’avant, depuis que Sylvette avait détourné en partie le cours du ruisseau qui l’alimentait vers la cuvette de poussière noire. Le bassin naturel qui s’était formé sous la cascade au fil des décennies était à moitié vide, et les plantes d’eau, sur le bord, avaient l’air un peu assoiffées.

— Vivement que la poussière noire soit entièrement neutralisée, que le ruisseau puisse couler comme avant ! pensa Cici. Il faut que j’aille tout de suite voir ce qu’il en est, et j’irai seule avec Mimi puisque Séraphine n’est pas là ! Mais quel long chemin par la montagne ! Ah, si seulement je pouvais y aller avec un nuage...

Elle fit comme lui avait dit Séraphine, ferma les yeux pour se concentrer et pensa très fort au dessus moutonnant du nuage avec une forte envie d’y aller. Quand elle ouvrit les yeux, elle était toujours au bord de la cascade, rien ne s’était produit.

— Ah là, là, Mimi, qu’allons nous faire ? dit-elle d’un air désespéré à la petite mésange qui, s’en s’occuper d’elle, était en train de boire l’eau du bassin sous la cascade. Mais oui Mimi, s’écria-t-elle, il faut boire de l’eau !

Sylvette s’approcha de la cascade, remplit sa gourde, but longuement et ferma les yeux de nouveaux, pensant si fort au dessus du nuage qu’elle s’y voyait déjà.

De nouveau, rien...

— Ça c’est trop fort ! cria-t-elle en tapant du pied. Avant je montait directement en buvant l’eau de la cascade, et là rien de rien ! Je n’ai vraiment pas de chance !

Elle se résignait à aller à pied jusqu’à la cuvette entourée de falaise quand soudain elle eu un sursaut.

— Que je suis sotte ! Je suis en train de vouloir aller sur un nuage normal alors que le ciel est tout bleu ! Ça veut dire que les nuages sont transparents ! Il faut penser à un nuage transparent !

À peine avait-elle fermé les yeux qu’elle se sentit entourée d’un léger tourbillon de fraîcheur et ouvrit les yeux. Elle était déjà au milieu d’une masse translucide et continuait à monter, jusqu’à ce qu’elle fut arrivée sur le dessus du nuage tout en transparence, en volutes translucides parcourues par des nuances d’arc-en-ciel fugitive. Comme la dernière fois, elle-même et Mimi étaient presque transparentes, ce qui la fit frissonner : elle n’arrivait pas encore à s’y habituer.

Elle chaussa ses lunettes de soleil et se dirigea vers le milieu du dessus de nuage, dans l’espoir de trouver Séraphine. Elle sorti le sifflet que lui avait donné Séraphine et souffla pour l’appeler, plusieurs fois, mais en vain.

— Flûte ! Elle doit être retenue ! J’espère que ce n’est pas grave ! s’inquiéta Cici. Tant pis, j’irai avec Mimi près de la poussière noire pour voir où ça en est !

Elle s’approcha du bord opposé du nuage et essaya de regarder en dessous, mais une colonne de vapeur montait en sifflant doucement.

— Nous devons être au dessus ! Aller, viens Mimi, nous descendons !

Elle pensa au ruisseau qui sortait de la falaise et se mit à descendre doucement...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Lun 8 Oct - 9:04

20 - Dans la crevasse
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Une colonne de vapeur continuait à monter de la cuvette cernée de falaises, mais plus doucement. Ce n’était plus le tumulte du début ; d’ailleurs, toute la poussière noire de la périphérie, moins profonde, de la cuvette était déjà transformée en sable blond, maintenant sans danger. Par contre, une très large zone au milieu continuait à siffler et à dégager des volutes de vapeur qui s’élevaient entre les murailles de pierre.
Cici se demanda combien de temps encore il fallait laisser le ruisseau détourné pour qu’il se déverse au centre de la cuvette avant que toute la poussière soit neutralisée. Elle entreprit de faire la tour du “chaudron” de vapeur en longeant la falaise.

— Viens Mimi, allons voir si Séraphine est dans les parages ! dit Cici à la mésange.

Et les voilà partis, longeant la falaise en se dirigeant vers la crevasse où Vortex avait disparu. En passant devant, Cici aperçut une traînée de poussière noire qui se perdait dans la faille. Elle approcha la tête pour tenter de regarder à l’intérieur et eut un sursaut de surprise ! Ses épaules ne butaient pas sur la roche, alors que la crevasse était trop étroite pour qu’elle puisse entrer ! Son corps avait acquis un peu la même fluidité que celui de Séraphine au point qu’elle pouvait entrer !
Elle recula vivement, effrayée par cette découverte déconcertante.

— Mimi, je suis en train de devenir un esprit de nuage ! Oh non, qu’est-ce qui ce passe ? dit-elle avec désespoir.

Mimi, bien sûr, ne répondit pas, et pour cause, mais vint se poser sur son épaule et lui caressa la joue de son aile pour la rassurer.

— Tu as raison Mimi, ça ne sert à rien de se lamenter !

Sylvette était tiraillée par la curiosité de voir ce qu’il y avait dans la crevasse et la peur d’y resté coincée. Elle ajouta :

— Si l’eau du ruisseau est responsable de ce qui m’arrive, alors il faut que j’en fasse une provision pour être suffisamment esprit de nuage et ne pas rester coincée définitivement dans la crevasse !

Vivement, elle fit demi-tour et alla jusqu’à la rigole qui déversait l’eau du ruisseau vers le centre de la cuvette. Elle emplit sa gourde, en bu la moitié et la remplit de nouveau.

— Toi aussi Mimi ! ordonna-t-elle.

Elle prit délicatement la mésange bleue et la fit boire dans le creux de sa main puis la reposa sur son épaule. Mimi, vexée d’avoir dû boire de force, se percha par contradiction sur le sommet de la tête de Sylvette, ce qui la fit sourire.

— Nous sommes prêtes, allons-y !

Cette fois ci, Sylvette s’engagea résolument dans la crevasse armée de sa lampe de poche. Elle se coulait miraculeusement dans cette étroite fente sans ressentir la moindre gène ! Jamais Cici n’aurait imaginé pouvoir entrer dans un passage si étroit !
Elle suivant la traînée de poussière noire sur le sol, laissant de côté les crevasses secondaires qui faisaient des embranchements de plus en plus nombreux. Mimi restait perchée sur sa tête, n’osant pas voler dans un espace si confiné. Finalement la crevasse fini par s’élargir jusqu’à atteindre les dimensions permettant à deux personnes de marcher de front sans toucher les parois. Par prudence, elle avait à chaque embranchement marqué le chemin d’où elle était venue avec une craie sortie de sa poche.

Sylvette éteignit sa lampe pour voir s’il y avait une sortie vers l’extérieur. Un fois ses yeux habitués à l’obscurité, elle distingua un très vague lueur loin devant elle.

— Mimi, chuchota-t-elle, crois-tu qu’il y ait une issue vers l’extérieur ?

Cici aurait bien aimé que la petite mésange aille en reconnaissance, mais Mimi ne se sentait pas une âme de chauve souris ! Ce qu’elle aimait, c’était l’air libre, les grands espaces, avec des arbres, des buissons et des fleurs ! Pourtant, à force d’avancer précautionneusement, la lumière se fit peu à peu plus forte et Mimi s’envola vers cette lueur.

Sylvette trouvait le temps long pendant l’absence de la mésange ! Elle continuait bravement à avancer, évitant de faire le moindre bruit et essayant de ne pas penser à la masse de rocher qui l’emprisonnait.
Enfin ! Un léger bruissement d’aile et Mimi se posa sur son épaule, se serrant contre son cou comme si elle était effrayée, puis pointa son bec vers la lueur au fond du tunnel. Cici compris qu’il fallait avancer, mais sans faire de bruit car quelque chose d’inquiétant se trouvait plus loin. Il ne fallait pas se faire surprendre !

Plus elles avançaient, moins la lumière était faible. C’était une lumière bleutée, pas jaunâtre comme celle d’une lampe de poche ordinaire ou d’une bougie. Après une légère courbe, la lumière se fit plus vive et Cici s’arrêta soudain sans un bruit : elle venait d’entendre un bruit grinçant qui la fit frissonner...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 9 Oct - 8:46

21 - Le retour de Vortex
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Cici s’accroupit et avança prudemment la tête. Elle ne s’était pas trompée : c’était Vortex... Dans une sorte de grotte, le sinistre personnage, tout en filaments nuageux noirâtres et tourbillonnants, plus grand que jamais, ricanait. Il lui tournait le dos et lui cachait son interlocuteur.

— Si tu crois vraiment être plus forte que moi avec ta gamine et son piaf, tu te trompes !

Horrifiée, Sylvette recula vivement la tête. Elle était presque certaine que Vortex s’adressait à Séraphine, sinon pourquoi aurait-il parlé d’elle, “la gamine et son piaf” ? Comment, de toute petite bouffée de vapeur qu’il était devenu a-t-il pu de nouveau redevenir fort et puissant ? Cici ne pouvait pas l’attaquer de front, et elle se doutait bien que le peu d’eau du ruisseau que contenait sa gourde ne suffirait pas à terrasser le monstre...

— Tu es ma prisonnière, mais tu peux devenir mon alliée, ensemble, nous pouvons faire de grandes choses, tu n’as qu’un mot à dire !

— Jamais ! Tu n’es qu’un malfaisant !

C’était la voix de Séraphine. En réponse, le rire rocailleux de Vortex retentit.

— Je te laisse réfléchir, ma belle ! Tu finiras par changer d’avis ! N’oublie pas que si tu restes trop longtemps absente de ton nuage, tu vas te dissoudre lentement, et je n’aurai plus qu’à prendre le commandement ! À plus tard, amuse-toi bien en attendant !

— Il va sortir par ici, chuchota Cici affolée à la petite mésange. Vite, vite, il faut trouver un endroit pour nous cacher !

Sylvette était déjà en train de battre en retraite quand l’ombre incertaine du monstre masqua la lueur bleuâtre de la grotte. Affolée, elle se plaqua dans une anfractuosité et se fit toute petite, osant à peine ouvrir les yeux, frissonnant de peur... Mimi avait déjà trouvé refuge à sa place habituelle, au fond de la poche, et Cici sentait les tremblements de la mésange contre sa poitrine...

Mais la lueur bleutée réapparut sans que Vortex ne passe devant elle.

— Il doit y avoir une autre issue, dit Cici d’une voix à peine audible, viens Mimi, allons voir !

Sylvette s’avança sur la pointe des pieds et, de nouveau, regarda prudemment dans la grotte, la tête au ras du sol. Le monstre n’y était plus, mais ce qu’elle vit la fit frémir : Séraphine, étendue sur une flaque de poussière noire qui semblait la brûler, faisait des efforts désespérés pour se libérer des filaments de nuage noir qui l’immobilisaient comme des cordes.
Elle aperçut Sylvette et lui dit d’une voix suppliante :

— Vite, Cici, je t’en prie, libère-moi avant que toute la méchanceté de la poussière noire entre en moi et que je disparaisse ! Je ne veux pas devenir comme ce monstre !

Sylvette se précipita, et instinctivement sorti sa gourde d’eau de la cascade, mouilla son mouchoir et commença à frotter les liens de Séraphine pour la libérer. L’effet fut immédiat : avec un chuintement, les filaments noirâtres se dispersèrent sous forme de vapeur blanche.
Séraphine se releva et se déplaça hors de la flaque de poussière noire.

— Oh Cici, merci ! Sans toi je serai peut-être complètement dissoute ou transformée en madame Vortex ! Cici, tu es vraiment merveilleuse !

Sylvette rougit et répondit :

— Comment en es-tu arrivée là ? Comment Vortex a-t-il pu retrouver sa force ?

— Il a profité de le poussière noire qui reste au fond de cette grotte ! Il est tellement atteint qu’il n’a même plus besoin d’avoir un nuage noir pour se régénérer, la poussière seule suffit ! Il a dû s’en gaver ici. Moi, j’étais venue pour voir comment avançait la neutralisation de la poussière noire et il m’est tombé dessus par surprise et m’a entraînée ici. Et toi, comment as-tu fait pour entrer dans la crevasse ? Elle est bien trop étroite pour ça !

Sylvette lui résuma en deux mots et ajouta, inquiète :

— Il vaut mieux ne pas traîner ici : qu’est-ce qu’on fait s’il revient ? Par où est-il sorti ?

— Par la petite anfractuosité, tu vois, là, en haut ! Elle même directement au dessus de la falaise par une sorte de cheminée,.

En effet, en levant la tête, Cici vit une petite ouverture par laquelle entrait la lumière bleuâtre qui baignait la grotte.

— Mimi ? demanda Sylvette en regardant la mésange qui passait la tête hors de sa poche, dans l’espoir qu’elle irait explorer le conduit qui partait du plafond.

Mimi compris ce que demandait Sylvette et plongea tout au fond de la poche, l’air de dire “non, non et non !”. Cici soupira en souriant à Séraphine. Sans se concerter, elles se dépêchèrent de sortir par où Sylvette était arrivée.

Elles partirent en courant et il ne leur fallu que peu de temps, grâce aux marques de craies que Cici avait pris le soin de faire à l’allée, pour atteindre la l’endroit où la galerie se rétrécissait juste qu’à ne plus être qu’une simple crevasse. Sylvette s’arrêta, horrifiée : elle n’arrivait plus à avancer, la faille, trop étroite, ne la laissait plus passer et elle était bloquée entre les parois rocheuses.

— Séraphine, au secours, je suis coincée ! Oh mon Dieu ! gémit-elle, désespérée, je vais mourir là !

— Calme-toi, Cici, je suis là, je vais t’aider. Mais comment as-tu fait à l’allé ?

— J’avais bu plein d’eau du ruisseau et j’ai pu me glisser entre les parois sans problème ! Mais là, je ne peux plus bouger ! S’il te plaît, vite ! Fait quelque chose !

— Ne bouge pas ! Je sais comment te sortir de là ! Patience, ce ne sera pas long !

Séraphine se glissa entre les parois en passant au dessus de Sylvette par le petit espace laissé libre entre sa tête et la roche. Arrivée derrière Cici, elle ouvrit le sac à dos et demanda :

— Dans quelle gourde mets-tu l’eau du ruisseau ?

— La plus grande, répondit Sylvette, la voix mal assurée.

Sylvette vit la gourde passer au dessus de sa tête.

— Lève la tête et ouvre la bouche ! Lui intima Séraphine, je n’ai pas le bras assez long ! Je vais verser l’eau et toi tu vas tâcher d’en boire le plus possible !

Dès la première gorgée, Sylvette senti que l’étau de pierre se desserrait un peu. Puis, à force de boire, elle fut enfin libérée, la tête mouillée, mais libre ! Elle rangea la gourde à moitié vide dans son sac à dos.

— Ne perdons pas de temps, sortons ! dit Séraphine.

Précautionneusement, elles sortirent de la faille mais restèrent plaquée contre la falaise. Dans le cirque formé par la paroi rocheuse, le spectacle avait bien changé...

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à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 10 Oct - 9:24

22 - Préparatifs
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Après la tourmente du début, c’était presque le silence. L’eau du ruisseau, grâce à ses mystérieuses propriétés, était presque venue à bout du mal contenu dans la poussière noire. Celle-ci avait entièrement disparu pour faire place à du sable blond. Des filets de vapeur issues du fond s’en dégageaient ça et là, comme d’une tarte juste sortie du four. Il ne restait aucune trace des dionées...

— Restons dans l’ombre, sous le surplomb, chuchota Séraphine. Vortex est sur la falaise et il ne doit surtout pas nous voir ! Allons vers la source et nous prendrons le sentier qui va vers la forêt...

Doucement, sans faire de bruit, elles longèrent la falaise, prenant bien soin de se baisser pour rester dans l’ombre. Enfin, elles se faufilèrent dans la faille qui menait à la cascade de la forêt. À l’abri entre les parois rocheuses Séraphine chuchota :

— Nous devons regagner mon nuage le plus vite possible. Il faudrait aussi rendre au ruisseau son cours normal et trouver le moyen de neutraliser la poussière noire au fond de la grotte. Cette fois, c’est la guerre ! Nous devons demander de l’aide à d’autres nuages car jamais Vortex n’a été aussi fort !

— Je me charge du ruisseau, mais tu dois partir tout de suite parce que quand Vortex verra que l’eau ne coule plus, il se doutera bien que c’est nous ! répondit Cici à voix basse. Je te rejoindrait plus tard !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Séraphine se dirigea vers la forêt afin d’être hors de vue pour monter dans son nuage. Pendant ce temps là, Sylvette examina le ruisseau et décida d’attendre un peu que Séraphine ait le temps de s’éloigner suffisamment avant de démonter son barrage de pierres et d’argile.
Le soleil se cacha derrière un nuage qui se dirigeait vers la forêt. C’était le nuage de Séraphine, Cici en était certaine ! Elle sorti Mimi de sa poche et ôta sa veste pour se mettre au travail. Ce fut plus facile qu’elle ne le pensait : après avoir enlevé quelques pierres, le courant l’aidait en délayant l’argile qui n’était plus maintenue.

Quand le ruisseau eut repris son cours normal, Sylvette le suivi vers la cascade de la forêt, précédée de Mimi qui s’en donnait à cœur joie. À mi-chemin, Cici s’arrêta.

— Viens Mimi, nous allons monter dans le nuage de Séraphine !

La mésange repris sa place habituelle dans la poche de Sylvette qui ferma les yeux et ce concentra sut l’image du nuage. Elle sentit une fraîcheur l’entourer, mais elle n’osa pas ouvrir les yeux.

— Te voilà enfin !

C’était la voix flûtée de Séraphine, qui ajouta :

— J’ai pris contact avec les esprits des autres nuages. Personne n’a vu Vortex, il a complètement disparu ! Il est certainement en train de préparer une offensive, mais nous n’avons pas plus d’informations. En attendant, restons sur nos gardes.

— Ce n’est pas nécessaire que je reste avec toi, Séraphine. Je ferais mieux de m’occuper de ce qui reste de la poussière noire dans la grotte.

— Fais bien attention, Cici, c’est dangereux et peut être que le monstre reviendra dans les parages !

— Ne t’inquiète pas, j’ai mon idée, dit Cici avec un sourire entendu...

Germain désherbait amoureusement son parterre de salades. Comme il les trouvait jolie, d’un beau vert tendre ! Ça sera un régal de les manger, avec du persil et de la ciboulette ! Entendant un bruit de pas, il se redressa en se tenant le dos : il n’était plus tout jeune...

— Tiens, mais c’est la petite Sylvette ! Que me vaut le plaisir de ta visite ?

— Bonjour Monsieur Germain ! Je voulais vous demander si vous pouviez me prêter votre pulvérisateur ! Ça serait pour nettoyer un peu le toit chez moi : il y a plein de feuilles, et je pensais les balayer avec le jet d’eau pour les faire tomber, avec le tuyau d’arrosage, ça ne va pas !

Cici n’aimait pas mentir, mais c’était pour la bonne cause... Germain, qui aimait bien Sylvette, ne fit pas d’objection et alla chercher son vieux pulvérisateur métallique et lui expliqua comment le remplir et pomper pour le mettre en pression.

— Oh, merci Monsieur Germain ! Puis-je le garder quelques jours ?

— Bien sûr Sylvette, en ce moment je n’en ai pas besoin, prends ton temps !

Comme le soleil commençait à plonger derrière la cime des arbres, Cici se dirigea vers sa maison. Il était trop tard pour mettre en œuvre son idée ; elle attendra donc le lendemain.

Tac, tac, tac !

Sylvette réveillée par ce bruit insolite, se leva en sursaut. De nouveau, le bruit se fit entendre, venant de la fenêtre. Elle se leva et tira les rideaux. De l’autre côté de la vitre, Mimi était là qui frappait avec son bec, l’air de dire : “Debout, paresseuse !”, alors que le soleil se levait à peine.

En un tournemain, Cici fut prête à partir, son sac sur le dos et la sangle du pulvérisateur sur l’épaule. Une fois dehors, Mimi lui fit fête et elles se dirigèrent vers la forêt. Le soleil à peine levé faisait s’exhaler les capiteux parfum du sous bois humide et les deux compagnes arrivèrent vite à la cascade. Celle-ci avant repris son débit habituel, et le bassin creusé au fil des ans par l’eau était plein, baignant les plantes aquatiques qui le bordait. Un rayon de soleil irisait la fine bruine que l’eau vaporisait en tombant, et les bulles couleur arc-en-ciel s’élevaient vers le ciel.
Cici s’approcha et remplit sa gourde et le vaporisateur, puis, la sangle lui sciant un peu l’épaule, elle se dirigea vers le sentier qui montait au sommet de la montagne...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Jeu 11 Oct - 9:56

23 - Cici en danger
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La montée était rude, et Cici peinait avec le vaporisateur qui lui semblait de plus en plus lourd. Enfin, après la maintenant traditionnelle pause biscuit qui fit le bonheur de la petite mésange, Sylvette dépassa la frontière où la montagne était au dessus des nuages, en plein soleil. Elle s’orienta et se dirigea vers l’endroit où devait se trouve le cirque, là où la poussière noire s’était transformée en sable blond.

Cheminant parmi les maigres buissons qui seuls résistaient aux vents du sommet, elle dû redescendre vers un autre versant et fini par être environnée par la fraîcheur apaisante des nuages qui tamisait agréablement les rayons brûlant du soleil. Elle s’arrêta brusquement avec un petit cri : elle était arrivée à son but et avait failli tomber du haut de la falaise !

Sylvette longea le bord de la falaise, un peu en retrait, cherchant le haut de la cheminée par laquelle le monstre s’était échappé. Son idée était de vaporiser l’eau de la cascade par cet orifice pour achever de neutraliser la poussière noire qui restait au fond de la caverne. Elle avançait doucement, penchée en avant pour écarter les herbes et les buissons qui auraient pu camoufler le trou.

Enfin elle le trouva ! Il était grossièrement circulaire et Sylvette aurait tout juste pu s’y glisser. Elle posa le pulvérisateur par terre, saisit la poignée de bois polie par l’usage et entreprit de pomper pour mettre l’appareil en pression. Quand enfin elle eu beaucoup de mal à enfoncer le piston, elle sut que le pulvérisateur était prêt. Elle se redressa, saisit la lance munie d’une détente et approcha la buse du trou dans le sol.

Elle poussa un cri quand elle se sentit immobilisée et entendit :

— Je te tiens, sale gamine ! Tu ne m’échapperas pas !

Par réflexe, elle appuya sur la détente, envoyant un jet en brouillard dans la cheminée et mouillant le sol tout autour.

Vortex, car c’était bien lui, poussa un cri de rage et gronda :

— Tu ne m’auras pas comme ça, petite teigne !

Cici se laissa tomber, espérant faire perdre l’équilibre au monstre. Ils tombèrent tous deux assis sur la roche mouillée, et Vortex poussa un cri de douleur sans lâcher le jeune fille. Sylvette se débattait comme un beau diable, faisant des pieds et des mains pour que Vortex se frotte le plus possible sur les roches mouillées.

— Petite ordure ! cria-t-il, tu vas me le payer !

Malgré la résistance acharnée de Cici et la douleur du contact avec l’eau de la cascade, le monstre parvint à introduire les jambes de Sylvette dans la cheminée.

— C’est Séraphine qui va être contente d’avoir de la compagnie, sauf que tu ne risques pas d’être très bavarde une fois que tu seras tombée au fond, à moins que tu ne restes coincée au milieu ! Tu pourras t’égosiller tant que tu le voudras, personne ne viendra !

Cici mourait de peur, criait et se débattait de toutes ses forces pendant que la pauvre Mimi faisait sont possible pour essayer de la secourir. Avec un dernier effort, Vortex enfonça Sylvette dans le trou. Par réflexe, la jeune fille avait saisi la hampe du pulvérisateur avant de tomber en poussant un grand cri.

— Au revoir, petite peste, amuse-toi bien ! ricana le monstre.

Puis, dans un tourbillon noirâtre, il disparu.

Sylvette n’était pas tombée au fond : le pulvérisateur s’était coincé dans la cheminée et elle s’y accrochait avec l’énergie du désespoir. Elle sentait qu’elle ne tiendrait pas longtemps, puis se sera la chute et elle sera broyée par les aspérités de la cheminée. Mimi, affolée, voletait autour de sa tête en piaillant.

— Cette fois-ci, c’est la fin, Mimi ! Je ne sais pas voler comme toi ! gémit Sylvette, qui reprit avec espoir : Mais oui, voler, c’est la seule solution ! Aller sur le nuage de Séraphine !

Cici se concentra et pensa très fort à l’image du nuage qu’elle se représentait dans sa tête. Rien ne se produisit ! Sylvette sentait ses doigts s’engourdir et elle avait du mal à faire le vide dans sa tête pour penser au nuage.

— C’est fichu, Mimi, je vais m’écraser au fond ! cria-t-elle d’une voix blanche.

Ses mains glissaient le long de la hampe qui s’était bloquée en biais dans le conduit. Sylvette poussa un cri de terreur, usant ses dernières forces pour ne pas lâcher sa prise précaire. Mais elles continuaient à glisser jusqu’à buter contre la détente.

En désespoir de cause, Sylvette parvint à actionner la détente et fut douchée par le jet qui rebondissait sur les parois et ouvrit la bouche pour en boire la plus possible, pendant que la petite mésange bleue se glissa dans sa poche pour ne pas être emportée par le déluge.

Peu à peu, un lent tourbillon arc-en-ciel entoura Cici et la souleva doucement. Elle ferma les yeux sans lâcher le pulvérisateur...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 12 Oct - 9:02

24 - Plan d’action
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Avec un raclement métallique, la lance du pulvérisateur se débloqua des anfractuosités du rocher pendant que le réservoir cognait doucement sur la parois, produisant un tintement de cloche. Sylvette pensa au doux moutonnement chatoyant encadrant les sentiers du nuage, et se sentit monter plus vite. Elle fut soudain environnée de vapeur : l’eau du pulvérisateur avait atteint la poussière noir du fond de la grotte !
Cici, apeurée, ferma les yeux et s’accrocha au pulvérisateur comme à une bouée de sauvetage. Quand elle osa enfin rouvrir les yeux, Cici était assise sur le nuage. Elle poussa un soupir de soulagement : elle était sauvée !

Elle regarda autour d’elle : elle était seule sur l’immense édredon mouvant au reflets bleutés que formait le nuage. Sylvette sortit de dessous sa chemise le petit sifflet de cristal accroché au lacet de cuir qui entourait son cou et souffla dedans, produisant un sifflement cristallin à peine audible.
Cici sursauta quand elle entendit la voix de Séraphine toute proche.

— Cici ! Comme je suis contente de te revoir !

— Moi aussi, mais tu m’as fait peur, je ne t’avais pas vu venir !

Excitée, Sylvette poursuivit :

— Je me suis battue avec Vortex ! Il m’a jetée dans la cheminée, tu sais, celle par où il s’était enfui dans la grotte où tu était prisonnière ! En plus, il se figure que tu y es encore !

Sylvette raconta ses démêlées avec le monstre, puis Séraphine lui résuma la situation.

— Nous allons essayer de profiter de ce qu’il nous croit toutes les deux...

Elle s’interrompit avec un sourire en voyant Mimi pointer le bout de son bec hors de la poche et lancer un “Tsi Tsi” sonore, puis rectifia :

— toutes les trois neutralisées pour contre-attaquer. Vortex a réussi à se recréer un nuage noir encore plus gros que celui que tu as vu et détruit. Le problème, c’est que je ne sais pas où il s’est réfugié avec, et c’est là que j’aurai besoin de l’aide des autres nuages blancs. Il faut le localiser et en finir une bonne fois pour toute avec ce malfaisant !

— Mais comment savoir où il se trouve ? demanda Cici.

— Comme il fait le mal partout où il se trouve, et avec un nuage noir aussi gros, il ne va pas passé inaperçu longtemps ! Il suffit d’aller voir partout où il y a une tempête avec beaucoup de dégâts, pas les tempêtes ordinaires !

— Oui, s’écria Sylvette toute excitée, ça je peux le faire ! En écoutant les informations ! Ils mentionnent toujours les ouragans et autres cyclones avant même qu’ils ne détruisent tout sur leur passage ! Vite, je vais rentrer pour guetter les informations ! Dès que j’apprends quelque chose, j’arrive !

— Pendant ce temps là, je vais chercher du renfort ! s’exclama Séraphine. À bientôt alors !

Cici s’imagina au bord de la cascade, et doucement elle s’enfonça dans le nuage. La mésange n’avait pas quitté l’abri de la poche de Sylvette.

Assise près de la cascade, Sylvette réfléchissait pendant que Mimi faisait avec délectation des acrobaties aériennes, passant comme une flèche jaune et bleue entre les feuilles vertes des vieux arbres au tronc couvert de mousse.

— Il faudrait convaincre monsieur Germain de me prêter son pulvérisateur pendant un long moment... Heureusement, il est solide et n’a pas été abîmé par la chute dans la cheminée ! Finalement non, le mieux serait que je m’en achète un en plastique, c’est beaucoup plus léger que le vieux modèle de monsieur Germain...
Oh ! réalisa-t-elle. Il ne faut pas que je le croise avec son appareil : il se demanderait ce que je fait avec dans la forêt, alors que je lui avait dit que c’était pour le toit à la maison ! Mon Dieu, que faire ? Si je le cache dans la forêt, quelqu’un pourrait le prendre, et je serais bien ennuyée ! Tant pis, j’y vais, et si je le vois je le cache dans un buisson ! Aller, tu viens Mimi ? On y va !

Toutes deux s’enfoncèrent dans le sentier ombragé et parsemé de taches de soleil. Sylvette marchait d’un bon pas et Mimi, fatiguée, avait fini par se poser sur son épaule.

— Mimi, ce n’est pas le moment de te reposer ! Va voir devant si quelqu’un arrive !

Cici fit mine de chasser la mésange de son épaule. Avec un “Tsi Tsi” outragé, la petite mésange consentit à s’envoler de nouveau et partit en éclaireur. Soudain elle revint et fit du sur-place devant Cici.

— Oh, dit Cici, quelqu’un vient ! Et si c’était Monsieur Germain ? Vite, je dois trouver un endroit pour cacher son appareil !

Heureusement, d’épais fourrés bordaient le sentier à cet endroit et Sylvette s’empressa de cacher le pulvérisateur dedans et paracheva le camouflage en le recouvrant de feuilles mortes. Il était temps : un bruit de pas se faisait entendre !

— Bonjour Sylvette, tu te promène ? demanda Germain, car c’était bien lui.

— Bonjour monsieur Germain ! Je viendrais tout à l’heure pour vous rendre votre pulvérisateur, il m’a été bien utile !

— Oh, il n’y a pas d’urgence, Sylvette !

Monsieur Germain parti, Cici récupéra l’appareil et fila chez elle le plus vite possible. Elle vida sa tirelire et se rendit chez le quincaillier, où elle fit l’acquisition d’un pulvérisateur plus moderne que celui de monsieur Germain, et, s’avoua-t-elle, beaucoup plus maniable. Elle vida le restant d’eau du vieil appareil dans le neuf, puis alla rendre son bien à monsieur Germain.

Rentrée chez elle, elle alluma la radio. Le programme musical fut interrompu par un flash d’information :

— Nous apprenons à l’instant qu’un ouragan va atteindre les côtes des Caraïbes dans une vingtaine d’heures. L’évacuation de la population est en cours...

Sylvette fit un bond, pris son sac à dos avec le pulvérisateur et sorti comme une flèche...

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 16 Oct - 2:57

(y en a plus? Gros bisous)

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Quand on doit se battre contre les difficultés incessantes, on essait de resister a n importe quels maux, et meme si on tribuche, on essait de lutter meme a genoux, mais un jour... on finit par sombrer... c est la fin du combat...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 17 Oct - 8:44

Plus d'avance, Nad. Bisous !!
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25 - Concertation dans les nuages
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— Où files-tu comme ça ?

Cici s’arrêta net. C’était sa maman, une belle femme mince prénommée Claire, aux longs cheveux châtains clairs, plus longs et plus foncés que ceux de Sylvette. Elle plongea ses yeux verts dans ceux de sa fille et ajouta avec un demi-sourire :

— Tu m’as l’air bien pressée !

— Je vais faire un tour, marmonna Cici, rougissante...

— Ne rentre pas trop tard !

Sylvette fila sans demander son reste, sans voir le grand sourire que fit sa maman en la regardant partir...

Cici couru pendant presque tout le trajet jusqu’à la cascade. Mimi l’attendait en voletant autour du jet qui s’écrasait en projetant des gouttelettes étincelantes. Sylvette se dépêcha de remplir son pulvérisateur et sa gourde, bu à longs traits pour étancher la soif que sa course avait causée, puis pensa très fort au nuage et se sentit monter doucement, bercée par le doux tourbillon multicolore. Mimi s’était perchée sur son épaule, avec l’air désabusé d’un vieil habitué.

Arrivée sur le nuage moutonnant, elle n’eut pas à se servir du sifflet de cristal : Séraphine l’attentait, assise sur une bulle de nuage d’un bleu tendre.

— Bonjour Cici, alors tu as des nouvelles ? Tous les esprits des nuages blancs sont prévenus et sont d’accord pour s’unir contre Vortex.

— Il y a un cyclone en formation sur la mer des Caraïbes, c’est ce que j’ai entendu à la radio, répondit Cici, et je suis sûr qu’il y a du louche la-dessous parce qu’ils ont dit qu’il allait être d’une rare violence !

— Ça tombe bien, dit Séraphine, nous avons justement une assemblée de nuages ! Viens, nous allons les voir !

Elles longèrent le sentier qui serpentait entre les volutes de nuage qui montaient et descendaient comme un lent clapotis nacré de couleurs pastel et parsemé de gouttes en train de brouter. Arrivées au bord du nuage, elles sautèrent sur un autre nuage touchant celui de Séraphine. Entre les deux nuages, les gouttes, gourmandes et intéressées, s’étiraient pour essayer de brouter le nuage voisin.

Séraphine et Sylvette se faufilèrent entre les colonnes, les cavernes et les arbres en nuage laiteux aux bords irisés qui formaient comme une forêt mouvante, pour finalement atteindre un sentier, mouvant lui aussi, qui serpentait comme un ruban de satin posé à plat. Au bout, il y avait une clairière.

Depuis que Sylvette avait découvert que ses yeux avait des reflets changeants, comme des morceaux de ciel bleus-verts frangés par ses longs cils, elle n’avait plus besoin de chausser ses lunettes de soleil pour distinguer nettement ce qui l’entourait dans les nuages. Dans la clairière, en fait un élargissement du sentier bordé de colonnes ondoyantes en nuage vert irisé, elle vit une dizaine d’esprits de nuage semblables à Séraphine, quoique tous un peu différents les uns des autres.

— Je vous présente Cici, la terrienne qui a été si courageuse dans notre combat contre Vortex ! dit Séraphine. Et la petite mésange, tout aussi courageuse, c’est Mimi ! ajouta-t-elle en souriant, pendant que Mimi fit un looping avant de se poser sur l’épaule de Sylvette qui rougissait sous le compliment.

Après les présentations, Cici demanda :

— Comment comptez-vous neutraliser Vortex et le cyclone ?

— Vortex ajoute de la force malfaisante au cyclone, expliqua Jean, un esprit aux yeux d’azur. Si nous parvenons à neutraliser Vortex, le cyclone sera moins fort et fera beaucoup moins de dégâts. Donc, la priorité c’est de mettre la main sur ce monstre et le faire disparaître !

— Oui mais ne peut-on pas aussi apaiser le cyclone ? demanda Cici. Pensez à tous ces pauvres gens qui vont se retrouver sans abri !

— C’est difficile, Sylvette, répondit Jean, le seul moyen serait un nuage de sable au dessus du cyclone, comme ça il ne reçoit moins de chaleur du soleil et perd de sa force.

Cici eu une drôle d’impression qu’elle ne pu identifier, mais l’oublia très vite, car Jean reprit :

— C’est les tempêtes de sable sur le Sahara qui soulèvent des nuages de sable qui vont ensuite se déposer à des milliers de kilomètres de là, souvent portés par nos nuages !

— Alors c’est ce qu’il faut faire, s’écria Cici ! Il faut aller chercher plein de sable pour étouffer le cyclone et Vortex par la même occasion ! On ne peut pas le laisser tout détruire !

— Cici a raison, dit Séraphine. Il faut au moins quatre nuages pour aller se remplir de sable. Les autres devront aller sur place pour tenter de gêner le cyclone, le dévier de la trajectoire que veut lui donner Vortex et le freiner. Séparons nous et allons-y !

Tout le monde se sépara et retourna sur son nuage. Cici suivit Séraphine, qui, comme Jean, faisait partie de ceux qui allaient directement affronter le cyclone en attendant le retour des nuages pleins de sable.

— J’espère que tu es bien couverte, Cici, parce que nous allons devoir utiliser ce que vous terriens appelez les “jet-streams”, ces vents très rapides qui soufflent très haut dans le ciel, là où il fait aussi très froid !

Sylvette senti le nuage monter, de plus en plus vite ! Le vent de l’ascension sifflait à ses oreilles et le nuage sous ses pieds remuait violemment. Mimi, affolée, se réfugia comme à son habitude dans la poche douillette de la veste de Sylvette. Puis tout à coup, Cici faillit perdre l’équilibre : le nuage avait atteint un jet-stream, et l’accélération fut foudroyante...

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à suivre... mais pas tout de suite, désolé...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 17 Oct - 15:00

( Smile Wink bisous et sois pas désolé on attendra meme si j ai hate ben oui j adore ton histoire Wink gros bisous)

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Ven 26 Oct - 16:53

J'ai pensé à toi, Nad, mais je me suis fait attendre...
————————
26 - Au cœur de la tempête
————————

— Plus un nuage, un grand ciel bleu ! Ça faisait longtemps ! On ne croirait pas que nous sommes déjà en automne...

Avec un sourire, Germain alla cueillir les poires des petits poiriers cultivés en espaliers le long d’une allée de son jardin. Elles étaient mûres à point. “Nature, tarte, compote ou une autre recette ? Adrienne décidera !” se dit-il dans sa moustache avec satisfaction tout en remplissant son panier.

Pendant ce temps là, plusieurs grands nuages, très haut dans le ciel, avançaient à une vitesse vertigineuse vers les Caraïbes, là où le cyclone commençait à s’approcher des côtes. Le nuage de Séraphine commençait à s’approcher de la tempête, et Cici vit une gigantesque colonne brillante, grise, noire et tordue qui joignait la mer au ciel rempli d’énormes nuages noirs globuleux. Le sifflement du vent devenait rapidement de plus en plus fort, assourdissant, pendant que la colonne avançait en ondoyant vers les îles qui ressemblaient à des petites plaques de mousse verte posées sur la mer striée par les franges d’écume blanche des vagues.

Arrivés tout près du cyclone, les nuages blancs descendirent comme pour l’enserrer et l’empêcher de tourner, mais ils étaient entraînés par la folle ronde du cyclone et leurs bords se déchiquetaient au contact de la colonne mouvante.

Assise au milieu du nuage de Séraphine, Sylvette n’en menait pas large. Mimi, elle, s’était courageusement réfugiée tout au fond de la poche de Sylvette et avait mis sa tête sous une aile pour se protéger. Le spectacle des éléments déchaînés était impressionnant ! Le bord du nuage, à l’approche de la colonne tourbillonnante du cyclone, commençait à s’étirer, comme attiré par une aimant, puis brusquement fut entraîné en tirant le reste du nuage qui commençait à suivre le mouvement lui aussi, de plus en plus vite, dans un bruit d’enfer.
Cici, secouée comme un prunier, ne savait pas quoi faire. quand Séraphine s’approcha péniblement d’elle et lui cria, pour couvrir le mugissement de la tempête :

— Nous ne tiendrons pas longtemps comme ça ! Si les nuages n’arrivent pas vite avec le sable pour refroidir l’atmosphère et calmer le vent, il faudra battre en retraite pour ne pas finir dans cette essoreuse du diable !

— Où est Vortex ? demanda Cici en criant. Il faut le trouver et le neutraliser, alors la tempête perdra de sa violence ! Vite, cherchons le !

Sylvette, moitié à quatre pattes, moitié en rampant, se dirigea vers le bord du nuage, droit vers le centre du cyclone.

— Arrête Cici, c'est beaucoup trop dangereux ! Revient ! cria Séraphine de toutes ses forces.

Mais Cici n’écoutait pas, de toutes façons le mugissement de la tempête couvrait la voix de Séraphine. Sylvette, malgré les secousses, parvint non loin du bord du nuage, tout près de la zone où le nuage s’étirait et était happé par la violence de la rotation du cyclone. Elle s’arrêta et scruta la colonne translucide devant elle, cherchant à apercevoir Vortex. Pas de Vortex, mais elle voyait des ombres passer très vite vers le haut. La force ascendante à l’intérieur de la trombe devait être très puissante ! Une sorte d’aspirateur géant !

Tout à coup le bout de nuage auquel elle se cramponnait tant bien que mal fut happé par la colonne. Cici poussa un grand cri et fut entraînée dans le carrousel infernal sous les yeux horrifiés de Séraphine qui ne put rien faire pour la secourir !
Il n’y avait plus rien à faire, Sylvette n’était pas de taille à lutter contre les éléments déchaînés ! Balayée comme un fétu de paille par les violents vents tourbillonnants, Cici se débattait en vain, morte de peur, tournant de plus en plus vite, comme si une gigantesque main l’avait attrapée et s’amusait à la secouer le plus possible.

Soudain elle se retrouva dans l’œil du cyclone et fut aspirée vers le haut, fouettée par les paquets d’embruns arrachés de la mer. Il lui sembla qu’un temps infini s’écoulait alors qu’en un instant elle fut projetée tout en haut de la trombe et se retrouva dans un nuage noir où régnait une lumière glauque et grisâtre.

Péniblement, Cici reprit ses esprits. Heureusement, elle n’avait pas perdu son sac à dos ! Délicatement, elle mit la main dans sa poche. Mimi était là, saine et sauve, toute tremblante de peur.

— Ça va Mimi ? Qu’est-ce que j’ai eu peur ! Il va falloir faire attention, j’ai idée que Vortex doit être dans les parages, chuchota Sylvette.

Elles se trouvaient toutes deux dans une sorte de salle d’où partaient des couloirs étroits comme creusés dans le nuage et faiblement éclairés par un jour sombre qui avait du mal à percer la masse nuageuse. Les parois étaient un peu comme du caoutchouc, mais froides et rugueuses. Sylvette concentra sa pensée sur la surface du nuage noir, tout en haut.
Rien ne se passa, et contrairement au nuage blanc où, avec la volonté de le faire, Cici pouvait traverser la matière blanche, là où elle se trouvait elle ne le pouvait pas. Elle était obligée de suivre les couloirs au sol grisâtre et inégal...

Quelle direction prendre ? Cici hésita, puis décida d’emprunter le couloir qui lui semblait le plus large et le plus clair. Mimi sortit de la poche et se posa sur son épaule.

— Là ou ailleurs, ça me mènera bien quelque part ! pensa-t-elle.

Elle sortit son pulvérisateur et le porta en bandoulière, tenant la hampe de sortie, le doigt sur la détente, au cas où... Mimi, partit en reconnaissance, mais sans s’éloigner trop, par crainte de faire une mauvaise rencontre. Elles cheminèrent un moment dans la sinistre galerie. Elle était étroite, sans embranchement, mais haute de plafond, ce qui arrangeait bien la petite mésange. Par contre, le chemin était sinueux et irrégulier.

Soudain, Mimi apparu de derrière un tournant et plongea directement dans la poche de Sylvette : elle avait dû faire une mauvaise rencontre ! Où se cacher ? Pas un creux, pas un début de galerie ! Cici reconnu avec effroi le bruit caractéristique des grêlons qui s’approchaient...

————————
à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Jeu 8 Nov - 13:34

Pour quand tu reviendras, Nad, en espérant que ce soit le plus vite possible !
Bisous

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27 - Dans le repère de Vortex
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De frayeur, la main de Cici se crispa instinctivement sur la détente du pulvérisateur, déclenchant un bref jet de gouttelettes qui atteignit la paroi grisâtre. L’effet de l’eau de la cascade fut immédiat : une tache blanche s’était formée. Le courant d’air de la galerie dissipa la tache formée de nuage blanc, laissant une petite cavité de la taille d’une orange dans la masse compacte de nuage noir.

— Oh, c’est ça la solution ! se dit-elle toute excitée.

Aussitôt, elle orienta la buse du pulvérisateur au dessus du petit creux qui venait de se faire et envoya un tout petit jet sur la paroi, et un nouveau trou se creusa. Elle recommença une nouvelle fois au dessus, en trépignant d’impatience car le bruit des grêlons se rapprochait de plus en plus...
En peu de temps, elle avait créé une série d’encoches superposées et s’en servit comme d’une échelle pour grimper le long du mur jusqu’à atteindre le plafond. Il était temps ! Dans un grincement agaçant, un groupe serré de grêlons noirs passa rapidement dans le couloir, heureusement sans regarder vers le haut !

Le bruit diminua et Cici commençait à redescendre, fatiguée de se maintenir en équilibre instable, quand le grincement s’amplifia de nouveau : ils revenaient ! Affolée, elle remonta aussi vite que lui permettaient ses muscles endoloris et se plaqua contre la paroi, se faisant la plus petite possible. Mimi n’avait pas bougé de sa cachette !

Ce n’était pas les grêlons noirs, mais un autre groupe de grêlons blancs qui poursuivait les noirs ! Cici décida d’attendre que le bruit ait complètement cessé dans le couloir avant de recommencer à descendre. Bien lui en prit ! Une nouvelle escouade de grêlons, mais jaunes, cette fois, courait à la suite des autres !

— D’où sortent-ils donc, ceux là ? se demanda-t-elle. Pourquoi cette couleur ?

Dès qu’ils furent passés, Sylvette descendit. Elle n’aurait pas pu rester une minute de plus, les muscles endoloris par l’effort. Elle décida de poursuivre son chemin, dans le sens inverse des grêlons, espérant trouver d’où ils venaient et pourquoi ils fuyaient. Elle avança prudemment dans le couloir qui semblait n’avoir pas de fin : elle ne voyait jamais très loin car un tournant était toujours là pour lui masquer la vue.

Le couloir commençait à monter et une faible rumeur parvenait à Sylvette. Ce n’était pas comme le grincement caractéristique des grêlons, mais plutôt un bruit continu entrecoupé d’éclats de voix. Un mauvais pressentiment l’envahit et elle se hâta de poursuivre son chemin, courant autant que lui permettait la déclivité du couloir. Le bruit s’amplifiait : c’était le tumulte de la tempête, assourdi par l’épaisseur du nuage noir.

Soudain, à un détour du couloir, elle reconnu la voix cristalline de Séraphine en partie couverte par les cris de Vortex. Brandissant la lance du pulvérisateur, elle se dépêcha de toutes ses forces pour aller secourir Séraphine qui certainement était en danger ! Encore un tournant ! Là, elle entendit clairement ce que disait Vortex à Séraphine :

— Je ne sais comment du as bien pu faire pour t’en sortir la dernière fois, mais cette fois ci tu n’y échapperas pas ! Je vais me débarrasser de toi comme de cette affreuse gamine !

— Ôte tes sales pattes de Séraphine !

Cici reconnut la voix de Jean. Elle se précipita mais, après un dernier tournant la lumière devenait plus forte et elle s’arrêta net : elle était arrivée. Prudemment, elle passa la tête pour regarder.
Le couloir débouchait dans une très grande et haute salle où la bataille faisait rage entre grêlons jaunes et grêlons noirs. Elle aperçut une ouverture dans le plafond par laquelle des grêlons jaunes se laissaient tomber dans la salle. Près d’un mur un couloir descendait en pente très raide : plus un puits qu’un couloir. Le sol était jaune et Cici comprit : c’était du sable ! Et les grêlons jaunes venaient d’un nuage chargé de sable !

Au milieu de la salle, harcelé par des grêlons blancs et des grêlons jaunes, se trouvait Vortex, tenant fermement Séraphine dans ses bras grisâtres. Jamais il n’avait été aussi grand, et l’attaque des grêlons lui faisait autant d’effet que des moustiques à un éléphant. Derrière lui, Jean tentait de lui faire lâcher prise en l’étranglant, mais peine perdue ! Vortex entraînait Séraphine vers le puits, près du mur.

Tout en se disant que Vortex cherchait toujours à précipiter ses ennemis dans un trou, Sylvette affolée se demandait comment intervenir par surprise, tout en évitant les grêlons en train de se battre, mais le temps pressait : Vortex s’approchait du trou, Séraphine se débattant dans ses bras et Jean accroché à son cou ! Profitant d’un vide dans la mêlée de grêlons, Cici se précipita vers Vortex qui lui tournait le dos. Au moment où elle allait l’atteindre et pulvériser de l’eau de la cascade sur lui, il fit volte face en poussant un cri de rage et de surprise.

— Comment ! Toi ! Sale peste ! Cette fois-ci c’est la fin pour toi !

Avant que Sylvette n’ait pu faire un geste, Vortex se mit à tourbillonner sur lui-même, projetant Jean contraint de lâcher prise sur une paroi. Cici fut happée par le tourbillon et projetée dans le trou.
Sylvette poussa un grand cri : la pente était très raide et elle tombait en roulant sur elle-même, sans lâcher son pulvérisateur. Elle réussit à ne plus rouler, mais elle glissait sans parvenir à se retenir, toujours en criant de peur, le vent de la vitesse sifflant dans ses oreilles.

Devant elle, loin au fond du boyau, elle vit un mur strié de rayures horizontales mouvantes s’approcher à toute vitesse. Elle allait s’écraser dessus si elle ne parvenait pas à s’arrêter ! Hurlant de peur, se débattant avec l’énergie du désespoir, elle tentait de toutes ses forces de s’arrêter, avec les pieds, les mains, le pulvérisateur, mais elle tombait trop vite !

Très vite, malgré ses efforts, le mur fut tout proche...

————————
à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Dim 11 Nov - 0:55

(coucou un ptit passage rapide je me connecte de chez ma soeur, cool pour l histoire merci j adore gros bisous)

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Lun 12 Nov - 0:34

ben mince alors je viens de tout lire d'une traite et je suis franchement pas dessus.
J'adore!!!
Maintenant j'ai hâte de lire la suite mais je saurais être patiente parce que je me doutes que tu as à faire de ton côté.
Bisous
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Sam 17 Nov - 2:02

(pas de nouveau chapitre? Gros bisous)

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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Lun 19 Nov - 18:41

28 - Vortex vaincu
————————

Avec un cri de terreur, Cici ferma les yeux en heurtant le mur et les rouvrit toute étonnée de ne pas s’être écrasée. Elle tombait plus doucement, ballottée par les courants d’air : elle était de nouveau dans l’œil du cyclone, et ce n’était pas un mur qu’elle avait traversé mais le bord du tourbillon !
La force ascendante du courant d’air avait baissé et n’était plus assez forte pour la faire monter. Elle essaya de monter en se pensant au nuage blanc, puis au nuage noir, mais elle avait beau se concentrer, elle continuait à descendre inexorablement vers la mer, de plus en plus vite et en se rapprochant du bord de la colonne.

Cici était si proche du bord tourbillonnant que la lance du pulvérisateur fut frappée de plein fouet par les vents en rotation et se brisa net. Un nuage d’eau de la cascade s’échappa du tronçon restant et fut aspiré vers le haut. Sylvette eu juste le temps de voir que la lumière se faisait plus vive avant d’être happée par les vents du bord du tourbillon. Elle n’arrivait plus à respirer quand brutalement elle fut tirée hors de la colonne et tomba sur une surface souple.

— Et bien Sylvette, il était moins une !

Cici se mit sur son séant. Jean était debout près d’elle, au bout d’une chaîne de grêlons blancs qui se tenaient par la main. De nouveau, Cici eut une impression fugace qui se dissipa très vite sans qu’elle puisse en saisir la raison. Mimi, toute étourdie, passa la tête hors de la poche de Sylvette.

— Merci ! dit chaleureusement Cici. Mais que s’est-il passé ?

— Quand je t’ai vu tomber, je me suis précipité dans une autre galerie qui débouche plus bas que celle où tu étais. Avec l’aide des grêlons qui me tenaient, je suis entré dans la colonne et j’ai réussi à t’attraper et à te ramener dans le nuage.

— Mon Dieu ! s’écria Cici, et Séraphine ? Elle était aux mains de Vortex quand je suis tombée !

Cici se mit péniblement debout aidée par Jean qui lui prit la main et l’entraîna dans un couloir qui montait. En effet, Cici vit que le nuage n’était plus noir. La lumière était plus claire et bleutée, et elle n’était plus glauque et grisâtre comme avant sa chute. Mimi en profita pour sortir, à moitié étourdie, et se posa un instant sur l’épaule de Sylvette avant de s’envoler en avant dans la galerie.

Jean et Cici se dépêchaient autant qu’il pouvaient, mais la pente de la galerie était assez raide, ralentissant leur progression. Ils débouchèrent dans une petite salle circulaire d’où partaient trois autres galeries.

— Vient, dit Jean, c’est par ici ! Il faut suivre les traces de sable laissées par les grêlons.

Ils n’avaient pas parcourus cinq mètres qu’ils faillirent se heurter à Séraphine, qui descendait en courant et qui, entraînée par la pente, arrivait comme un bolide. Ils se plaquèrent sur la paroi pour la laisser passer. Séraphine eut beaucoup de mal à s’arrêter, fit demi-tour et vint vite à leur rencontre.

— Dieu soit loué, dit-elle, tu n’es pas blessée, Cici ?

Jean et Cici racontèrent ce qui c’était passé, puis interrogèrent Séraphine qui expliqua :

— Quand tu es tombée, Cici, Vortex voulait me faire suivre le même chemin. J’ai résisté tant que j’ai pu, mais il était plus fort... Il était sur le point de me pousser dans le puits quand soudain une colonne de vapeur en est sortie ! Je me suis douté que c’était de l’eau de la cascade : vous auriez vu Vortex ! Il s’est tortillé comme un ver coupé, puis il a rétréci, rétréci, pour finalement se dissoudre complètement ! Il n’en est rien resté, parce qu’il n’y avait plus rien de bon en lui !

De retour au dessus de la forêt, ils étaient tous les trois assis sur le nuage de Jean. Les paroles étaient inutiles après ce qui s’était passé entre eux. Le soleil couchant les éclairait encore, nimbant les moutonnements du nuage d’une couleur orangée, alors que sur terre l’ombre commençait à s’étendre.

— Il faut que je rentre chez moi, dit Sylvette. Aller, vient Mimi !

— Moi aussi, je doit rejoindre mon nuage, dit Séraphine, on m’attend.

Ils se séparèrent en promettant de se revoir bientôt. Cici mit la mésange dans sa poche et commença à descendre dans le lent tourbillon aux couleurs pastel. Dans le crépuscule, elle aperçut la silhouette de Germain qui rentrait chez lui.
Arrivée dans la forêt, elle se hâta de rentrer chez elle avant que la nuit ne soit complètement tombée. Mimi sorti de la poche, lui bécota la joue et s’en alla à tire d’elle vers la maison : elle avait hâte de rejoindre le buisson où elle passait la nuit.

— Bonsoir Sylvette ! lui dit sa mère en l’embrassant quand elle entra. As-tu passé une bonne journée ? demanda-t-elle en souriant.

Un peu troublée, Cici répondit :

— Oui, oui... Très bonne mais fatigante.

— Vortex t’a donné du fil à retordre, dirait-on...

————————
à suivre...
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 20 Nov - 15:54

29 - Révélations
————————

Cici sursauta et regarda sa maman, bouche bée.

— Co.. comment... bafouilla-t-elle, complètement perdue.

Sa mère sourit, puis ouvrit la porte du couloir. Cici fit un bond : Jean se trouvait derrière la porte. Mais pas tout à fait le Jean tel qu’elle l’avait vu dans les nuages : il était beaucoup moins transparent, presque opaque, comme un homme, un bel homme d’ailleurs.

— Vous vous connaissez, non ? Assieds toi Cici, je dois te dire des choses dont je ne pouvais pas te parler avant. Des choses importantes...

Sylvette, intriguée, s’assit machinalement sur une chaise. Maintenant elle comprenait ce qui l’avait interloquée chez Jean : elle avait été présentée par Séraphine comme étant Cici, pas Sylvette, et Jean avait utilisé son vrai prénom alors qu’il n’était pas censé le connaître...
Visiblement, sa mère ne savait pas trop par où commencer, alors Cici prit la parole.

— J’ai compris que Jean me connaissait avant que je le rencontre : personne sur les nuages ne lui a dit que je m’appelle Sylvette. Alors ça veut dire que toi, maman, tu connaissais Jean avant que j’aille sur les nuages, non ?

— Oui ma chérie, je connais Jean depuis longtemps... Ça date d’avant ta naissance... En fait, Jean...

La maman de Cici hésita, puis se lança :

— Jean est ton père !

La pièce tourna autour de Cici. Heureusement qu’elle était assise ! Sa mère lui avait toujours dit que son père était décédé peu après sa naissance, alors elle lui avait menti ! Presque 13 ans sans jamais voir son père, ni même savoir qu’il était encore vivant !

— Pardonne-moi et ne te fâche pas, ma chérie, je vais t’expliquer pourquoi nous t’avons laissée dans l’ignorance si longtemps. repris sa mère. Tout a commencé il y a quatorze ans. C’était l’été et il faisait très chaud, alors nous sommes allés chercher un peu de fraîcheur dans la forêt. Il faisait si chaud que nous nous sommes installés dans le petit bassin, juste à côté de la cascade que tu connais.
Jean s’est endormi, alors que je cherchais des mûres. Quand je suis revenu, Jean s’était transformé, il était devenu presque transparent. Il m’a dit de ne pas m’affoler, mais qu’est-ce que j’ai eu peur ! Puis il fini par monter et est devenu complètement transparent, sauf les yeux. Moi-même j’étais un peu translucide, mais je ne me suis pas élevé comme lui.

— Je ne savais pas trop ce qui m’arrivait, continua Jean. Je suis arrivé sur le nuage, et là j’ai rencontrer Séraphine, qui m’a expliqué que je suis resté trop longtemps dans l’eau de la cascade et que je suis devenu comme elle, un esprit. Je n’ai été capable de redescendre que deux jours plus tard, et j’ai retrouvé ta mère en larmes, elle croyait que j’était mort !
Je lui ai expliqué, mais je ne pouvais pas rester longtemps au niveau du sol, et j’ai dû rejoindre le nuage. Séraphine m’a donné un bout de son nuage pour que je sois autonome. Dès que je le pouvais, je descendais voir ta mère, et à force je pouvais rester de plus en plus longtemps, mais jamais plus d’une petite journée. Toutefois, je ne suis pas complètement un esprit parce que j’ai encore la possibilité de reprendre l’apparence humaine !
Quand tu es née, nous avons pensé, Claire et moi, que tu aurais été fort perturbée par rapport aux autres enfants d’avoir un père qui vit dans un nuage ! Personne ne t’aurait crue, et tu n’aurais pas pu venir me voir. Alors nous avons pris, la mort dans l’âme, la grave décision de te cacher mon existence.
Tu imagines ma surprise quand je t’ai vue avec Séraphine ! Maintenant, ce n’est plus la peine de me cacher parce que tu sais tout des nuages !

Cici avait les joues mouillées par des larmes de joie. Elle était à la fois contente de retrouver son papa et en colère d’en avoir été écartée pendant treize ans.

— J’espère que tu comprends et que tu nous pardonnes, Cici, dit sa maman doucement.

Sylvette se jeta dans leurs bras et dit d’une voix enrouée par l’émotion :

— Promettez-moi tous les deux que nous resterons toujours ensemble...

— Oui ma chérie, répondit sa mère, c’est promis !

Tôt le lendemain matin, Cici et sa maman se vêtirent chaudement et allèrent dans la forêt. Jean était retourné sur son nuage, la veille. Elles étaient bien engagées dans le sentier quand elles entendirent pépier. C’était Mimi qui n’osait pas s’approcher, un peu effrayé par la mère de Sylvette, .

— Aller, Mimi, vient ! Ne fais pas ta timide ! l’exhorta Sylvette.

Finalement et grâce à un bout de biscuit, Mimi vint se poser sur l’épaule de Sylvette. Claire put caresser la mésange du bout du doigt. Le long du sentier, les arbres étaient maintenant dénudés, et elles cheminaient sur un tapis craquant de feuilles de toutes les nuances, du jaune au marron en passant par le rouge foncé. De temps en temps, le vent balayait des feuilles qui, après avoir crissé sur les pierres du chemin, finissaient coincées par les branches nues des buissons.

La cascade était toujours là, environnée de mousse, coulant comme à son habitude en projetant une myriade de gouttelettes étincelantes.

— Es-tu déjà montée dans les nuages ? demanda Cici à sa maman.

— Pas depuis ta naissance : j’avais trop peur de ne plus pouvoir redescendre et il fallait que je sois là pour toi. Mais je n’y suis pas allé souvent...

Cici emplit sa gourde dans le bassin creusé par la cascade et toutes deux burent. Sylvette donna la main à sa maman et elles furent prises dans le lent tourbillon ascensionnel où se mélangeait toutes les nuances pastel de l’arc-en-ciel.

Jean les attendait sur le nuage. Il faisait froid, mais la vue était féerique, le soleil allumait mille étincelles sur le nuage. En se baissant, Cici regarda les gouttes à côté du sentier. Elles étaient bizarres, on aurait dit qu’elles étaient couvertes de fourrure blanche.

— Quand il fait froid comme ça, les gouttes ont de la fourrure brillante qui pousse et elles se transforment en flocons de neige, expliqua Jean. C’est pour cela que la surface du nuage est étincelante sous le soleil.

Jean les emmena dans une sorte de grotte creusée dans un monticule de nuage, non loin du bord. Là, il faisait bon, et ils s’assirent tout les trois à l’entrée, Cici blottie entre son papa et sa maman. Une légère brise souffla, faisant voltiger les flocons qui sautèrent du nuages et tombèrent doucement. Mimi zigzaguait entre les flocons, toute heureuse de faire de la voltige aérienne, ce qui les fit sourire tout les trois.

Le soleil, au dessus du nuage, transformait chaque flocon en étincelles de lumière toutes de couleur différente, on aurait crû une pluie d’étoiles filantes qui se perdait dans le gris clair de l’ombre du nuage.

— Comme c’est beau... murmura Cici pendant que ses parents lui entouraient les épaules de leur bras en se serrant contre elle.

Germain, dans son jardin, leva les yeux. Le ciel était nuageux et bas, et la lumière un peu jaune.

— J’ai l’impression qu’il va bientôt neiger, l’hiver est précoce cette année, marmonna-t-il. Heureusement que mes plantes les plus fragiles sont protégées !

Il avait à peine formulé cette pensée que déjà les premiers flocons tombaient doucement, saupoudrant la terre brune de petits points d’un blanc éclatant. Il releva la tête et vit avec surprise une mésange bleue jaillir du nuage et y retourner après un demi-tour acrobatique comme elles seules savent les faire.

————————
Fin
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mar 20 Nov - 21:04

Hé bien voilà une bien jolie histoire, j'ai vraiment beaucoup apprécier.
Jai hate d'avoir des enfants pour leurs lire.
Félicitations à l'auteur.

Gros bisous
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MessageSujet: Re: Au dessus des nuages (petite histoire terminée)   Mer 21 Nov - 0:47

oh c est fini!!!!! mais j ai adoréééééééééééééééééé, j attends une autre histoire Wink merci de nous avoir fait partager cette jolie histoire Sink gros bisous

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